MODESTE DEMERS PREMIER EVEQUE DE VANCOUVER
(Né le 11 Octobre 1509.— Décédé le 21 Juillet 1871.)
‘* Le suprême degré de l’aumône chrétienne, c’est de procurer le salut des âmes.” St. Frs. de Sales.
Lerrre AU Duc DE SAVOIE, 1596.
Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui évangélisent la paix !
Aux Rom. X. 51
Tu vas partir, mon fils ... Jusqu'à l’heure dernière Conse rve sur ton front cette céleste ardeur.
e sois plus contristé des larmes de ta rnère : Si je pleure en ce jour, oh! va, c’est de bonheur.
En les voyant, ces pleurs, ils disaient : Pauvre femme! Son amour n’a pas su le retenir, hélas !
Moi, sans lever les yeux, je disais en mon àme : Taisez-vous ! Laissez-moi! Vous ne comprenez pas !
Oui, mon âme s'élève en ce moment suprême ;
Oui, je me sens heureuse et forte.... A mon Sauveur Je peux donc aujourd'hui donner plus que moi-même! Si je pleure, mon fils, oh! va, c’est de bonheur !
Et cependant, la grâce enflamme la nature :
Quand, tout petit enfant, tu bégayais ici, Quand tr n'étais qu’à moi, jamais, je te le jure, Ta mère, Ô mon enfant, n'a su t'aimer ainsi,
Va, sans que rien t’arrête, où le Maître t'envoie, Seigneur, c’est tout mon bien, c’est mon unique enfant: Il fut pendant trente ans mon orgueil et ma joie ; Mais vous le demandez.... sa mère vous le rend.
Nul souffle n’a terni sa robe d’innocence ;
Le voilà devant vous, disciple obéissant,
Et plus cher à vos yeux qu'aux jours de son enfance ; Il vous donnait son cœur, il vous offre son sang !
Il s’en va....., Sa présence aujourd'hui m'est ravie ; Mais il était à vous.... Je sais qu’il est heureux. Pour vons le conserver, j'aurais donné ma vie,
Et son zèle d’apôtre a dépassé mes vœux.
Mon fils, il est au loin des cœurs où l’enfer sème Le mensonge et la mort ; ils sont bien malheureux... Ils vivent sans amour, et la souffrance même
Vers un Dieu tout-puissant ne sait lever les yeux.
Porte-leur en ton sein la grâce et la prière ; Sois la voix qui console et la voix qui guérit. Sois, dans la nuit profonde, un vase de lumière, Et que Satan rerule au nom de Jésus-Christ.
La fatigue et le froid t’accableront peut-être ;
Tu souffriras, mon fils,...... et je n’y serai pas ! Mais Celui que tu sers est un généreux Maître, Et Lui-même à nous suivre a fatigué ses pas.
En leurs sombres cachots si la haine t'envoie, S'ils dressent leurs bûchers, oh ! que mon souvenir
Ne mêle pas une ombre à ta céleste joie !
Si tu meurs pour la foi, si mon fils est martyr,
J'irai, fermart l'oreille aux paroles humaines, Cacher dans le lieu saint mon trésor glorieux ; Sans entendre plus rien de tant de choses vaines, J'irai, les pieds sur terre et le cœur dans les cieux.
En ces pays lointains que ne puis-je te suivre,
Pour l’honneur de mon Dieu m’exiler comme toi ! Que m'importe à présent de mourir ou de vivre !
Mais vois... l’heure s’avance... O Dieu, soutenez-moi !
Qu'une minute encore en mes bras je te tienne ; Sens battre sur ton sein le cœur quite chérit..... ‘ Puis maintenant laissez une femme rhrétienne
Baiser vos pieds sacrés, prêtre de Jésus-Christ.