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cultiver cette vigne si abondante. “ Chez tous les sauvages que j'ai rencontrés, disait-il, j'ai trouvé un empressement et un zèle admirables pour les choses du Ciel. Plus d’une fois j'ai gémi sur la pénurie d'ouvriers évangéliques dans laquelle se trouve cette mission. Que de bien s’y ferait; si les prêtres s’y trouvaient en assez bon nombre pour profiter des bonnes dispositions des pauvres sauvages qui l’habitent !”
Tels étaient les sentiments de son âme généreuse, les vœux ardents de son cœur d'apôtre.
Ce désir devait bientôt se réaliser : mais, en attendant, il partit seul, accompagné d'un canadien vieux et infirme, pour de nouvelles missions sur la rivière Fraser, jusqu’au fort Langley, situé sur le 50e degré de latitude.—De sinistres rumeurs accompagnèrent son départ. En effet, après un court séjour à sa première mission, chez les Sokwamishs dont le chef Zlalalkrum, distingué par son esprit, sa générosité et sa franchise devait lui rendre les plus grand services, le bruit se répandit que les Kawitskins, nation fort nombreuse, féroce et anthropophage qui habitait le bas de la rivière Fraser, devaient assassiner le
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prêtre, aussitôt qu’ils le verraient.—Il y avait de plus, non loin de l'océan et près de l’embouchure de la rivière Fraser, une autre nation féroce, les Yougletas. Ces barbares faisaient des incursions continuelles sur les terres des autres tribus qu'ils pillaient, massacraient ou réduisaient en esclavage. Cette annee-là, ils devaient renouveler ces scènes horribles, et l’on disait en langue sauvage qu'ils avaient limé leurs canots pour fondre dans la baie. En conséquence et pour montrer tout son dévouement, Tlalakum voulut traverser lui-même le missionnaire chez les Snehomishs, habitants de l'Ile à la
Croix (Cross Island), qui le reçurent avec les plus grandes réjouissances.
Il repartit le soir du 21 août, accompagné de trois nouveaux chefs qui avaient manifesté le désir de lui faire escorte dans la crainte qu’il ne fût attaqué par les ennemis. Au départ, la foule des sauvages bordaiït le rivage: “Allez, nos frères, criaient-ils à leurs chefs, ne craignez pas. Notre papa, le prêtre, est avec vous. Il va parler au grand chef d'en haut (Dieu). C’est pour lui que vous exposez votre vie. Si vous perdez la vie,
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vous serez heureux de la perdre pour lui, et avec notre papa. ” Cette prière dut, sans doute, monter juqu'au trône du Tout-Puissant ; car, pendant la nuit, trois cris menaÇants se firent entendre de différentes direct'ons, mais nos voyageurs, voguant avec rapidité, et dans un morne silence, purent arriver sans encombre vers le jour chez des amis, les Skadjats, en ayant été quittes pour la peur.
Comme tous les autres postes des environs, ce fort était entouré de longs pieux pour le préserver des incursions des Yougletas.
“Je les instruisis, dit M. Demers, comme les autres, par interprète, et à l’aide d'une vaste échelle historique que je déployai à leurs égards étonnés, ” (1)
La mission ayant été des plus fructueuses, Mer Demers se rendit le lendemain, chez les Wholerneils. Deux chefs Skadjats l'avaient joint, ce qui portait son escorte à sept grands chefs. Le papa le plétre, comme ils l’appelaient,