Voir cette échelle déjà mentionnée
mm mm : j A = .
fut reçu avec des transports inusités et un véritable enthousiasme.
Nous lisons dans une de ses lettres :
“ Le poisson frais, fumé, seché, et inême tout cuit tombait à nos pieds comme une averse.... Je n'ai pas le mérite des tribulations de la terre, continue-t-il dans son humilité et l’'embrasement de son âme. Saints missionnaires de la Chine, que ne puis-je baiser vos pieds, et cette &erre arrosée de vos sueurs et de votre sang ! C’est bien vous qui êtes des agneaux envoyés au milieu des loups ; et vous avez tous les caractères des apôtres de Jésus-Christ. Ici l’on m’honore, on me fête, et je n'aurais pas à offrir à mon Père Eternel une seule goutte du calice amer dont a été abreuvé son Fils, mon divin Rédempteur.”
A leur tour, les Kawitshins qui, disait-on, devaient l’assassiner Jui envoyèrent une députation, à laquelle il répondit par une visite assez prolongée au milieu d'eux.
Toujours guidé par son illustre équipage, le missionnaire partit pour le fort Langley. Il arriva, sur la route, un incident qui démontre bien la susceptibilité des chefs sauvages et l'extrême
un épt fur
mes ges,
de :
die
des
one fait du 1
une
n véri-
1e tout "8e....
a terre, sement , Chine, crre àrest rien lieu des les apôon me ‘ee Eterit à été r.” t-on, dedéputate assez
page, le À Il ar'itre bien 'extréme
délicatesse dont il fallait user pour s'attirer leur considération et pour gagner à Dieu les tribus qu'ils gouvernaient. Un grand chef des Tlalams vint accoster l’escorte, et comme l'on ne fit pas remarquer à M. Demers le rang de ce personnave, celui-ci s’en formalisa à tel point qu’il s’éloigna en murmurunt contre ce défaut de politesse qu'il attribuait à un manque de bonté de cœur. Soupeonnant quelque chose, M. Demers interroea ses guides qui le mirent au fait de ce qui se passait. On manda aussitôt lesauvage qui finit par accepter des exceu:: «t fit même des présents.
Les voyageurs, débarqués à Binet-bay, firent un pénible portage de dix heures de marche, et, épuisés de fatigues, ils arrivèrent au fort où ils furent reçus par M. Yale, entouré de 600 sauvages, avec pavillon hissé, et au bruit d’une salve de sept coups de canon. Il y avait là des Canadiens, des Kanaks des îles Sandwich et même des Iroquois. Les sauvages savaient faire le signe de la croix et chanter quelques cantiques : fait assez extraordinaire qui frappa l'attention du missionnaire, partout où il se présenta pour une première fois.—Ces nations éparses se com-
muniquaient graduellement l’une à l'autre quelques bribes des instructions qu’elles avaient reçues l’année précédente.
Parmi les différentes nations alors réunies se trouvait un chef Yougletas, de cette terrible et sanguinaire tribu qui était la terreur de toutes les autres. Il suivit assidûment les instructions et fit baptiser un de ses enfants.
C'était de bon augure pour l'avenir et l’avancement du christianisme dans ces contrées.
Cette mission fut des plus fructueuses. * Les assemblées se tenaient, dit M. Demers, dans une prairie basse et unie. J'étais entouré continuellement de quinze à seize cents sauvages. Dieu nous bénissait tous ensembie; car, le ‘4 sèptembre, je baptisai 99 enfants, le 4, j'en baptisai 56, et le 5, j'en baptisai 136. Le 6, j'étais entouré d'une multitude que je puis estimer, sans éxagération, à 3000 personnes, et je baptisai 71 enfants.” Jamais, le parden des injures ne se manifesta d'une manière aussi admirable que dans cette réunion. L'intervention divine éclatait aux yeux de tous. En effet, la présence seule du pré-
tre C sions
les € la pl et no assou
Le
de tre
après annon
MOous( | une iv ayant ce Jou rent b:
mes p ble.
“Il tacle d les aus là plus leurs 8 me coœ père co
quelntre-
1ies se ible et toutes ictions
l’'avan- +.
‘“ Les ns une itinuel- . Dieu eptemisai 56, ntouré | Éxagé- 71 ense maàe dans ait aux du prè-
tre calmaït toutes les rancunes, effaçait les aversions, et unissait dans une touchante harmoiie les cœurs de ces peuplades diverses qui, pour la plupart, s'étaient voué une haine implacable et nourrissaient des projets de vengeance qu'elles assouvissaient dans le sang.
Le soir du sept septembre, les Teïts, au nombre de trois cent six et portés sur quarante canots, après avoir évité une embuscade des Miskiwins, annonçaient leur arrivée par des décharges de mousqueterie, des chants, un enthousiasme et une ivresse extraordinaires. Les présents d'usage ayant été offerts, il y eut une grande fumerie, et, ce jour et le suivant, cent dix-sept sauvages furent baptisés : ce qui porta le nombre des bapté-
mes pour cette mission à un total très considérable.
“Il était beau, s’écrie le missionnaire, le spectacle de tant de nations différentes réunies sous ls auspices de la religion, vivant dans l'intimité h plus parfaite, et déposant au pied de la croix leurs sujets de rancçune, pour n'avoir qu’un méme cœur, et offrir pour la première fois à leur père commun l’encens de leurs prières. Ce spec-
Æ ere
tacle les étonnait eux-mêmes. et ils ne savaient comment exprimer leur admiration. Les soirées se passaient à chanter des cantiques ou à écouter la voix élevée d’un chef qui prononçait des harangues édifiantes à ses gens. Enfin, c'était un zèle, une ardeur et un entraînement universels.”
Au milieu de ces douces consolations qu'il recevait de tout côté, M. Demers eut la douleur d'être témoin d’un acte de cruauté qui affligea sensiblement son cœur.
“ Pour un acte d’insubordination, dit-il, un malheureux esclave avait reçu de son maitre trois coups de dague qui le blessèrent presqu'à mort. Aux cris que poussait cet infortuné, j'accours et Je le trouve baignant dans son sang, pendant que son cruel maître, étendu sur une natts, le regardait avec un visage courroucé où semblèrent pourtant se peindre, à ma vue, la honte et le regret. Je lui témoignai toute l'indignation que j'éprouvais de sa brutalité et lui dis que je ne m'attendais pas à être témoin de semblables horreurs; que j'avais hâte de laisser des
varent lieux souillés par de tels forfaits, puis je l’abansOIrees donnaï à lui-même.
écou- . « .
ait des “ Quelques instants après, je ne fus pas peu c'était surpris de le voir, couvert de honte, écouter en imiver- arrière des autres, sans oser se montrer. Je continuai mon instruction sans lui témoigner d'attention, et je me retirai au fort, lorsque ce malu'il re- heureux, ne pouvant plus porter le poids de ses louleur remords, perce la foule qui m'accompugnait, tomaffligea be à genoux devant moi, avoue son crime, déplore avec larmes le malheur qu'il a eu d’abanï donner ses résolutions, et me demande pardon il, un di k avec de grandes promesses pour l'avenir. Je lui maitre ! , 14 a tis,en présence de l’assemblée toute en pleurs, de "'esAU à QE : 4 Hf sérieuses remontrances sur les tristes effets de aC- < : : 1-mû ne, J la colère, et je le quittai, tout consolé moi-même, nn san à + Pons admirant ce trait de grandeur d'âme, dans un sur une HER à PARU fau sauvage qui n'avait encore que des notions imà ou (] Q . . 8 pure parfaites de la loi divine.” vue, la e l’indi- M. Demers, avant de se séparer d'eux, leur fit t lui dis une distribution de tout ce qui lui restait de sem bla- croix, de médailles et de chapelets, leur promit ser des de venir séjourner plus longtemps dans leur
pays, lorsque la Providence lui perinettrait d'y
mm
retourner, et, après une absence de quarante-quatre jours, reprit le chemin de son fort. L'heureux missionnaire avait fait un grand nombre de néophytes, tandis que les ministres méthodistes étaient tombés dans le discrédit.
Pendant son absence, on l’avait cru mort, et l'on avuit prié pour le repos de son âme.