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LA CATHÉDRALE ET LES AUTRES ÉDIFICES

Dans l’espace réservé pour la ville, Mgr Demers avait acheté six lots de terre. Sur l'un d'eux s'élevait déjà, comme nous l’avons vu, la

maison qui servait en même temps de presbytère et d'église.

Ce logis devenant trop étroit, il fallut son-

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Pour lui venir en aide, l’évêque de Vancouver appela auprès de lui M. Jos. Michaud, jeune prétre du Collège de Joliette, bien connu par ses connaissances en architecture. Il fut aidé par deux frères de l’ordre de St-Viateur et par deux outrois Canadiens-français. Malgréle prixexorbitantdelamain d’œuvreet les ressources restreintes de l’évêque, si l’on considère tout ce qu'il y avait à créer, les travaux marchèrent avec rapidité, et, au bout de quelques années, Vancouver se glorifait d’avoir un monument religieux digne de son premier pasteur et de l'architecte qui en avait donné le plan et qui avait surveillé son exécution.

Le terrain était encore assez vaste pour recevoir an logement destiné à des religieuses qu'il avait l’intention de faire venir du Canada : car jusque là, en 1858, l'éducation était entre les mains du ministre et de sa femme qui tenaient un pensionnat pour les enfants des bourgeois, comme nous l'avons déjà dit.

Les Sœurs de Ste-Anne, de Lachine, au nom-

bre de quatre, quittèrent leur maison-mère le 14 avril 1858, et arrivèrent à Victoria le 5 juin. Une maison en bois, de vingt par vingt-cinq pieds, habitée auparavant par des sauvages, leur servit de première demeure. Elles ouvrirent de suite une école qui fut fréquentée par un bon nombre d'élèves.

Monseigneur, dans le cours de l’été, fit bâtir à ses frais une addition de même dimension, et, le onze novembre de la même année, les Sœurs purent prendre possession de la nouvelle bâtisse et ouvrirent alors un pensionnat dont les commencementspromettaient beaucoup pour l'avenir. En 1860, elles durent faire bâtir un couvent en briques qu’elle habitèrent jusqu’en 1871. A cette date, elles construisirent un couvent beaucoup plus spacieux que les maisons précédentes. Etla population allant toujours croissant, en 1886 elles crurent devoir agrandir de nouveau leur établissement en élevant une allonge dont la façade mesure aujourd'hui 258 sur 54 pieds.

Au printemps de l’année 1859, Sa Grandeur fit construire une première école, en bois, pour les garçons et en confia la direction aux Révérends Pères Clercs de Saint-Viateur.

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En 1861, il fit bâtir une deuxième maison d'école en briques, qui fut placée sous les soins des Pères Oblats et prit le nom de Collége St- Louis. Il construisit également une église en bois pour la Congrégation française desservie par les mêmes Pères.

En 1882, sous le Père Jonckan administrateur, une nouvelle cathédrale provisoire remplaa celle de 1859. Cette église fut ensuite, en 1886, transportée près de la présente résidence des Sœurs de Ste-Anne et leur sert maintenant de chapelle.

Les religieuses eurent aussi la direction dun hôpital fondé pour les orphelins.

La maison de l’Evêque, contigüe à l'hôpital et bâtie en 1856, existe encore et sert de refuge aux pauvres et aux malades.(1)

A la date du sept novembre 1863, Mgr Demers écrivait : “ Le coilège est un progrès important : “d'abord, l'édifice est très convenable et fera hon-

(1) —Aujourd’hui on compte seize missions, quatorze prêtres, quatorze églises, douze écoles, deux hôpitaux, un à Juneau (Alaska) et un autre à Victoria, ‘‘ l'hôpital St-Joseph, ” très fréquenté par les protestants aussi bien que par les catholiques. Soixante-huit sœurs professes et quatre novices donnent l'instruction à huit cents élèves. Des 68 sœurs professes, il y en a quatorze qui sont dans l’Alaska. Les missions du Youkon sont desservies par les Révérends Pères Jésuites ; leur nombre est inconnu.

“ neur à notre ville. (C'est mon espérance pour “l'avenir. Ensuite, les Rév. Pères Oblats, qui “ étaient déjà chargés de mon école, prennent la “ direction du nouvel établissement avec deux “ frères arrivés dernièrement et dont l’un a re- “ çu la prétrise dimanche dernier. Les efforts “ des ministres protestants pour s'emparer de l'instruction publique ont autant fait que les nécessités du diocèse pour me pousser à ces mesures. Il faut bien marcher avec les évé- “ nements, la Providence se charge alors de “ pourvoir aux ressources. Du reste, l’établis- “ sement est bien vu des protestants eux-mêmes “ et, après avoir vu le prospectus, plusieurs se “ proposent d'y envoyer leurs enfants. ...

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