‹ Fragments de l'histoire religieuse et civile de la Paroisse de Saint-Nicolas [microforme]Chapitre 62 sur 85 · LFS TROIS DERNIERS VOYAGES · texte numérisé non relu

LFS TROIS DERNIERS VOYAGES

Victoria avait alors une population de quatre mille âmes ; elle avait doublé, dans le court espace de quinze mois, le chiffre de ses habitants, grâce à la fièvre de l'or qui y attirait un grand

concours d'étrangers. La cathédrale était jolie, le couvent des sœurs de Ste-Anne florissant. le collège marchait de progrès en progrès, et l’établissement des Oblats, situé à un mille de là, était la pépinière féconde des pionniers de la foi et de la civilisation. Si l’on en excepte les possessions russes, le premier évêque de Vancouver pouvait se dire que l’organisation de son diocèse s’inaugurait sur tous les points d'une manière stratégique et efficace. Mais il restait encore de grandes œuv' * à exécuter, et ses ressources était complète : :nt épuisées. C’est pour-

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quoi, il entreprit, en 1864, un second voyage en Europe pour recueillir des fonds et obtenir des. prêtres. Ce voyage ne fut pas moins fructueux que le premier qu’il avait fait dans le même but. |

Malgré ses occupations qui ne lui laissaient aucun instant de repos, à peine était-il revenu qu'il fut obligé de partir, en 1866, pour le Concile National de Baltimore. Le trajet s’effectua, en venant et en retournant, par San Francisco et listhme de Panama. Le Concile terminé, il fit une courte visite à son cher pays natal, et retourna immédiatement sur le théâtre de ses travaux apostoliques.

Pendant deux années, il s’appliqua à consolider son œuvre, visitant ses missions, en établissant des nouvelles, s’occupant personnellement de chaque détail, portant le plus grand intérêt à toutes choses, et encourageant ses prêtres par ses exemples de vertu, de’ dévouement et de sainteté. Il était ainsi absorbé par ses multiples travaux, lorsqu'il reçut la Bulle qui invitait tous les évêques du monde catholique à la Ville Éternelle pour y assister au Concile du Vatican,

Cette invitation, il la reçut comme un ordre du Ciel, et, sans souci de ses souffrances physiques, laissant à ses collaborateurs le soin de son cher troupeau, il se mit en route. Le chemin de fer du Pacifique Américain avait été inauguré et mis en opération depuis son dernier voyage; il prit cette nouvelle voie avec d'autant plus de plaisir que la Compagnie poussa l’obligeance jusqu’à lui donner un billet de faveur sur ses convois.

La Providence, dans sa bonté, lui permettait ainsi de ménager ses ressources déjà si restreintes.

Malheureusement, pendant ce trajet, il fit une chute sérieuse qui faillit lui coûter la vie, et lui causa dans le côté droit une forte douleur qui l’accompagna dorénavant jusqu'au tombeau.

Dans la Ville des Papes, il eut le glorieux privilège, pendant toute la durée du Concile, de recevoir l’hospitalité, comme tous les évêques-missionnaires, du Père commun de tous les fidèles lui-même.

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| Suprême, de contempler de nouveau Rome, ses basiliques et ses monuments immortels !

Mais le plus grand bonheur de sa vie, la cir- ‘constance mémorable qui le dédommagea au centuple de tous les sacrifices de son existence de missionnaire fut le moment sublime où il lui fut donné de voter Placet sur la grande question de l’infaillibité du Pape, en matière de foi et de morale.

Avant de quitter Rome, il alla, le vingt-un juillet 1870, se jeter aux pieds du Pape, et le supplier, sachant que c'était son dernier adieu sur cette terre, de lui donner sa bénédiction, non-seulement pour le temps qui lui restait à vivre, mais aussi pour le passage du temps à l’éternité qu’il devait bientôt franchir. Le Souverain Pontife, en lui accordant cette bénédiction pour lui, sa famille et ses diocésains, le pria de lui tendre une main secourable, s’il arrivait au ciel avant lui.

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