‹ Fragments de philosophie cartésienneChapitre 26 sur 35 · AVANT-PROPOS SUR LES MATHÉMATIQUES · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS SUR LES MATHÉMATIQUES

« On entreprend de faire un traité général des mathématiques. Et pour ce que Tobjet de cette science est tiré de plusieurs genres , sçavoir de la quantité , par l'étendue , par les nombres, etc. ; de la qualité, par les puissances on forces mouvantes et mobiles, par la lumière, les couleurs, etc. ; et de la relation, par l'égalité et rinégalitc , par les raisons et proportions , etc. ; sans préjudice d'autres genres : pour cette raison , le traité sera réparti en plusieurs livres et chacun livre en plusieurs parcelles , où l'on fera voir les genres différents d'où seront tirées les matières différentes de l'objet, suivant l'ordre qu'elles seront traitées. Quant au sujet de cette science , on n'en reconnoît point d'autre que l'esprit humain assisté de ses trois principales puissances, l'entendement , l'imagination et la mémoire , qui forment ce sens intérieur qu'on appelle le sens commun. Car, pour les sens extérieurs, ils ne décideront rien ; seulement, ils donneront l'occasion au sens intérieur de se représenter des objets différents , sur lesquels il fera ses fonctions, et lui seul décidera partout où il y aura lieu de décider. Mais on ne considérera aucune autre science, si elle ne sert aux mathématiques, ou si les mathématiques ne peuvent servir à elle-même.

ROBERYAL PHILOSOPHE. 237

« Pour entrer , en quelque sorte , en matière dès cet avant-propos,* on dira ici quelque chose de la définition mathématique en général , et des règles pour la méthode de cette science , dont quelques-unes sont particularisées.

« Par une définition mathématique, on entend Texplication de quelque nom , pour distinguer entre plusieurs rhoses celle à laquelle il est attribué , à la volonté de rehii qui Ta imposé; ce nom pouvant être changé, ot n'ayant aucune connexion nécessaire avec la chose même*

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