‹ Fragments de philosophie du moyen âgeChapitre 27 sur 115 · Tome vm, ire part., p · texte numérisé non relu

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■*. Ouvr. inéd., p. ni.

48 PHILOSOPHIE SCIIOLASTIQUE.

lui-même que de très-bonne heure il eut la passion des lettres et de la dialectique. Il n'est donc pas impossible que, vers l'âge de treize ans, ou môme un peu plus tard, car on place aussi le premier concile de Soissons vers -1093, Abélard ait eu pour premier maître en Bretagne dans sa première jeunesse son compatriote Roscelin. Mais il est plus vraisemblable qu'à son retour en France, Roscelin, sans enseigner en public, aura fait quelques leçons dans l'ombre , et qu'Abélard avant de se fixer à Paris , l'aura entendu ou en Bretagne ou a Compiègne , dans les dernières années du onzième siècle ou dans les premières du douzième, c'est-à-dire vers l'âge de vingt ans. Ce premier enseignement lui aurait inculqué de bonne heure le nominalismc, dont il ne rejeta que les extravagances, et expliquerait comment, en arrivant dans l'école de Guillaume de Champeaux , il s'y trouva tout formé, en quelque sorte , pour résister au réalisme. Si Abélard ne parle pas de Roscelin dans YHistoria calamitatum , c'est qu'alors sous le poids d'une condamnation, et ayant eu gravement à se plaindre de Roscelin , il ne pouvait lui convenir sous aucun rapport de rappeler ce qu'il lui devait; et il était encore bien moins tenté de le faire dans sa lettre a l'évêque de Paris, où, attaqué par Roscelin, il se défend avec l'amertume et l'emportement de sa situation et de son caractère. D'ailleurs, tout cède à l'autorité du témoignage d'Abélard lui-même : et ce témoignage décisif, qui met fin à toute discussion , nous le devons à notre manuscrit.

Qu'Abélard <Hait tri's-ignoraut en mathématiques.

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