‹ Fragments de philosophie du moyen âgeChapitre 42 sur 115 · II. to · texte numérisé non relu

II. to

qui allait faisaut partout des prédications ardentes, des conversions et des miracles? Abélard appelle cette lettre insolente: « Contumacemausus estepistolamconfingere '.d Roscelin reparait dans l'histoire vers H 21, pour dénoncera l'évêque de Paris, Guillaume, Geoffroy ou un autre2, le livre d' Abélard sur la Trinité. On ne voit pas bien quel avait pu être son motif, mais il trouva dans Abélard un adversaire impitoyable. Celui-ci écrivit a l'évêque de Paris une lettre où, en repoussant la dénonciation de Roscelin, il l'accable sous l'histoire de sa vie, el lui prodigue les plus durs sarcasmes. Depuis, Roscelin disparaît entièrement, et on ne sait comment il a fini; mais il n'y a pas un seul texte véritablement applicable à Roscelin d'où on puisse conclure qu'il se soit rendu et qu'il ait fait ses soumissions5.

Telle fut la destinée du père du nominalisme. Il souffrit toute sa vie pour la même cause pour laquelle souffrit aussi, 300 ans plus tard, l'Anglais Occam, qui, sous tous les rapports, a tant de ressemblance avec Roscelin. Tous deux sont comme les héros du nominalisme, et ils en ont presque été les martyrs. Mais Occam, au quatorzième siècle, devançait a peine son temps : même dans ses attaques contre l'autorité papale, il avait de son côté la moitié de son siècle, et il s'appuyait sur un roi et sur un empereur. A la fin du onzième siècle, Roscelin combattit et souffrit sans espérance. Il a laissé à la philosophie moderne ces deux grands principes H ° il ne faut

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