Anselin. opp , p
2. Anselm. opp., Dial. de Ver., c. vu, p. IM.«Est ijritur veritas in omnium quae sunt essenfla... quod falso est non est. . omne quod est , recto est. . Débet enim esse et non esse (malum) , quia bene et sapienter ab eo quo non permttiente fleri non posset, permittitur; et non débet esse quantum ad illuni eujus iniqua voluntate concipitur. »
la constituent pas. De même, quand on parle de la vérité de telle ou telle chose, ce n'est pas que la vérité appartienne à ces choses, ce sont bien plutôt ces choses qui appartiennent à la vérité, car la vérité n'appartient qu'a elle-même \ Saint Anselme se soutient à cette hauteur tant qu'il reste dans les régions de la métaphysique chrétienne; mais il retombe dans la barbarie de son temps dès qu'il abandonne le christianisme et aborde la philosophie d'alors, la dialectique scholastique. Ainsi le dialogue 2 de Grammatica, qui est malheureusement de lui, roule sur une misérable difficulté du livre d'Aristote de V Interprétation ; et il est tout aussi vain et tout aussi insignifiant que le morceau de Gerbert, adressé à l'empereur Otbon, sur une difficulté de l'Introduction de Porphyre. Ce n'est pas là qu'il faut chercher saint Anselme ; c'est dans les trois ouvrages que nous avons cités, ainsi que dans ses grands traités de théologie, et particulièrement dans le traité : Defide Trinitatis, composé contre Roscelin.
Ce traité est exclusivement théologique. Saint Anselme n'était plus alors écolàtre et prieur du Bec, mais archevêque de Cantorbéry ; et dans la haute et périlleuse situation où il se trouvait, il avait mis la plume à la main, non dans l'intérêt de telle ou telle théorie philosophique, mais pour défendre le dogme sur lequel repose le christianisme, et que Roscelin avait attaqué; c'est donc seule-
1. Anselm. opp., Dial. de Ver., c. xm. « Quod una sit veritas in oninilius veris. Sicut tenipus per se consideratum non dicitur tenipus alicujus, sed cum res qiiac in illo sunt consideramus, dicimus tenipus hujus vel illius rei , ita suinina veritas per se subsistons nullius rei est; sed eu ni aliquid secundum illani est, tune ejus dicitur veritas seu rectitude »