Sur saint Anselme, i;e série, t. u, leçon ix
dire, des ténèbres visibles de la foi a la pure lumière de la philosophie : fides quœrens intelleclum *. Dans le Monologium el le Proslogium il a dérobé a Descartes la preuve fameuse de l'existence réelle de Dieu, par la seule conception d'un idéal de grandeur et de perfection absolue, sur lequel nous mesurons toutes les perfections et les grandeurs relatives. Dans le Dialogue sur la Vérité, avec une simplicité qui n'ôte rien à la rigueur, il a démontré que la vérité est le fond et l'essence môme des choses; que par conséquent ce qui est faux n'est pas, et que par conséquent encore tout ce qui est est bien, le vrai et le bien étant la même chose ; d'où il suit que le mal lui-même a sa raison légitime, qu'il doit être à la fois et qu'il ne doit pas être ; il ne doit pas être, car c'est une infraction de la volonté humaine a l'éternelle loi du bien, et il doit être, car celte infraction, qui témoigne de la liberté de la volonté, témoigne par là de la bonté du système général dont cette liberté fait partie 2. Enfin, comme toutes les grandeurs supposent une grandeur absolue, de même toutes les vérités supposent une vérité unique. Saint Anselme compare la vérité au temps. Quand on parle de la durée de telle ou telle chose, il ne faut pas entendre que c'est telle ou telle chose qui dure par elle-même el qui contient intégralement la durée; loin de là, c'est la durée qui, dans son sein , comprend toutes choses et la succession mobile des événements qui la mesurent et ne