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d’école philosophique qui n’ait abordé l'histoire de la science arec son point de vue, et qui de ce point de vue, comme du haut d’une chaire infaillible, n’ait jugé en dernier ressort toutes les opinions. Ces écoles sont exclusives , nous dit-on ; mais tout système est exclusif, car tout système prétend à la vérité, et la vérité est exclusive de l’erreur. L’éclectisme peutil produire un système qui ait plus de droit à la certitude et à l'universalité que tous les autres? Qu’il le démontre , et toutes les disputes seront finies. Mais nous n’en sommes, je crois, malheureusement pas encore lé. Il est à craindre que le système qui prétend contenir toute la vérité et rien que la vérité ne soit, comme tous les autres, qu'un mélange de vrai et de faux, et qu’à ce titre, il n’ait à passer, lui aussi, dans le crible d’un éclectisme nouveau , et ainsi de suite jusqu’à la fin des siècles. Si ces considérations sont justes, on s’étonnera peut-être avec nous de l’importance philosophique accordée par la nouvelle école à un principe qui , réduit à sa véritable expression , n’est qu’une espèce de paralogisme.
Dans l’analyse que nous venons de faire de cette discussion philosophique, il a été loin de notre pensée d’exprimer un ugement complet sur la philosophie de M. Cousin. Nous mmes trop persuadé de notre insuffisance pour aborder de front la haute et profonde métaphysique de cet écrivain, et à plus forte raison pour nous permettre de la juger sans la discuter. C’a été assez pour nous d’en toucher quelques points, et ceux-là seulement qui sont traités dans la préface. Si nous entreprenions jamais un véritable examen des doctrines de M. Cousin, nous prendrions volontiers pour nous guider dans cette critique la distinction qu’il fait lui-même de deux sortes de philosophies. ( Fragments , page 117. )
«L’une, dit-il , étudie les faits, les examine, les décrit, marque leurs différences et leurs analogies , les soumet à des classifications et en déduit des lois générales; l’autre commence où s’arrête la première; elle sonde la nature des faits, et préteud pénétrer leur raison , leur origine et leur fin ; elle embrasse le possible comme le réel. » « La première peut être
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c appelée philosophie préliminaire ou élémentaire , l’autre t philosophie première ou transcendante. » Cette distinction nous serait très utile duns l’appréciation des travaux de M Cousin. Nous serions le plus souvent d'accord avec lui quand il philosophe dans la première de ces méthodes, et en désaccord quand il philosophe dans la seconde; et autant nous admirerions la pénétration et la force de son intelligence, la fécondité et la beauté de son esprit, dans la sphère bornée, mais solide, de la philosophie qu’il appelle préliminaire ; autant nous aurions à nous étonner de l’impuissance de ces facultés supérieures dans la sphère illimitée, mais imaginaire, de la philosophie qu’il appelle transcendante. Mais il est un point sur lequel nous n’aurions qu’à admirer sans restriction ni distinction aucune, c’est l’immense talent de l’écrivain. Sa place parmi les penseurs sera marquée plus lard, et sans doute à un rang très-élevé; mais on peut sans exagération le classer déjà parmi les trois ou quatre écrivains supérieurs qui, dans ce siècle, soutiennent l’éclat de la littérature et de la langue françaises. Si quelquesunes de nos critiques sont taxées de témérité, nous sommes certain du moins que cet éloge n’encourra pas le même reproche.