‹ Fragments des œuvres d'Alexandre DumasChapitre 17 sur 100 · DUE PÊCHE DE NUIT · texte numérisé non relu

DUE PÊCHE DE NUIT

— Voilà ce que c'est, me dit-il , que d'aller à la pèche à neuf heures Ct demie du soir.

El il se remit flegmatiquement eu chemin.

Il y avait du vrai au fond de cette réponse égoïste; aussi je Déjugeai pas à propos de rétorquer l'argument , quoiqu'il me parût attaquable de trois côtés. Nous continuâmes donc, pendant dix minutes à peu près , de marcher, sans proférer une seule parole, dans le cercle de lumière tremblante que projetait autour de nous la lanterne maudite. Au bout de ce temps, Maurice s'arrêta.

— Nous sommes arrivés , dit-il.

En effet, j'entendais se briser dans une espèce de ravine les eaux d'une petite rivière, qui descendait du versant occidental du mont Cheville, et qui, traversant la grande route, sous un pont que je commençais à distinguer, allait se jeter dans le Rhône, qui n'était lui-même qu'à deux cents pas de nous.

Pendant que je faisais ces remarques, Maurice faisait ses préparatifs. Ils consistaient à quitter ses souliers ct ses guêtres, ct à relever sa blouse en la roulant ct en l'attachant avec des épingles. Cet accoutrement mi-parti lui donnait l'air d'un portrait en pied d'après Ilolhcin ou Albert Durer. Tandis que je le considérais , il se retourna de mon côté.

— Si vous voulez en faire autant? me dit-il.

— Vous allez donc descendre dans l'eau?

— Et comment voulez-vous avoir des truites pour votre déjeuner, si je ne vais pas vous les chercher?

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