DUE PECHE DE NUIT
mêmes qu'elle veut faire libres que la liberté trouve ses plus grands obstacles.
Pendant ce temps, Maurice, qui ne se doutait guère à quelles réflexions m'avait conduit sa réponse, était descendu dans l'eau , et commençai I une pèebc dont je n'avais aucune idée, et que j'aurais peine à croire possible, si je ne l'avais pas vue. Je compris alors à quoi lui servaient les instruments dont je l'avais vu s'armer au lieu de ligne ou de ûlet.
En effet, celle lanterne avec son long tuyau était destinée à explorer le fond du torrent . tandis que le liant du conduit , sortant de l'eau . laissait pénétrer dans l'intérieur du globe la quantité d'air suffisante à l'alimentation de la lumière. De celle manière, le lit de la rivière se trouvait éclairé circulairement d'une grande lueur trouble et blafarde, qui allait s'affaiblissant au fur et à mesure qu'elle s'éloignait de son centre lumineux. Les truiles qui se trouvaient dans le cercle qu'embrassait celte lueur ne lardaient pas à s'approcher du globe, comme font les papillons el les chauvessouris attirés par la lumière, se heurtant à la lanternent tournant tout autour. Alors Maurice levait doucement la main gauche qui tenait le falot : les étranges phalènes, fascinées par la lumière, la suivaient dans son mouvement d'ascension 5 puis, dès que la truite paraissait à fleur d'eau, sa main droite, armée de la serpe, frappait le poisson à la tète, et toujours si adroitement, qu'étourdi par