‹ Fragments des œuvres d'Alexandre DumasChapitre 22 sur 100 · DM PECHE DE NUIT · texte numérisé non relu

DM PECHE DE NUIT

la violence du coup, il tombait au fond de l'eau , pour reparaître bientôt mort et sanglant, et passer incontinent dans le sac suspendu au cou de Maurice comme une carnassière.

J'étais stupéfait : cette intelligence supérieure, dont j'étais si lier il n'y avait que cinq minutes, était confondue: car il est évident (pie si, la veille encore, je m'étais trouvé dans une île déserte avec des truites au fond d'une rivière pour toute nourriture, et n'ayant pour les pécher qu'une lanterne et une serpe, celte intelligence supérieure ne m'aurait probablement pas empêché de mourir de faim.

Maurice ne soupçonnait guère l'admiration qu'il venait de m'inspirer. et continuait d'augmenter mon enthousiasme par les preuves renouvelées de son babilcté; eboisissant, comme un propriétaire dans son vivier, les truites qui lui paraissaient les plus belles, et laissant tourner impunément autour de la lanterne le menu fretin qui ne lui semblait pas digne de la sauce au b'eu. Enfin je n'y tins plus, je mis bas bottes et chaussettes, je complétai mon accoutrement de pécheur sur le modèle de celui de Maurice, et, sans penser que l'eau avait à peine deux degrés au-dessus de zéro, sans faire attention aux cailloux qui me coupaient les pieds, j'allai prendre de la main de mou acolyte la serpe et la lanterne au moment où une superbe truite venait se mirer; je l'amenai à la surface avec les précautions que j'avais vu employer à mon prédécesseur,

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