LE COLOSSE DE SAINT CHARLES BORROMÉE
quelles elle se détache, qu'elle .semble, au premier aspect et à une certaine distance, être de taille naturelle; ce n'est qu'en approchant qu'elle grandit démesurément, et que toutes ses parties prennent des proportions réelles et arrêtées. Pendant que j'étais occupé d'examiner le colosse, sur l'un des doigts duquel venait de se poser un corbeau , qui semblait à peine gros comme un moineau franc, le sacristain dressa une immense échelle contre le piédestal , et montant les trois ou quatre premiers échelons, il m'invita à le suivre.
J'avoue que j'ai peu de prédilection pour les ascensions aériennes; on ne s'étonnera donc point qu'avant de me hasarder à sa suite, je lui aie demandé où il allait : il allait dans la tète de saint Charles.
Quelque curieuse que me parût cette visite intérieure, j'éprouvais fort peu d'entrain à l'accomplir : celte échelle longue et pliante, qui devait me conduire d'abord sur un piédestal sans parapet, me paraissait un chemin assez hasardeux pour un voyageur aussi .sujet aux vertiges que je le suis ; d'ailleurs , arrivé sur le piédestal , je n'étais qu'au quart de mon ascension, et je ne voyais nullement à l'aide de quelle machine je parviendrais au terme indiqué; j'en fis l'observation à mon sacristain , qui me montra, sous un pli de la robe de la statue, une espèce de couloir qui conduisait à l'intérieur. Là , me dit-il , je trouverais un escalier parfaitement commode; tout l'embarras était donc de gravir jus-