LE COLOSSE DE SAINT CHARLES BORROML!E
qu'à la plateforme du piédestal ; je fis encore quelques observations sur les accidents du chemin ; mais mon guide, sentant que je faiblissais, insista avec une nouvelle force; alors la boule me prit de reculer là où un sacristain marchait si ferme, je lui fis signe de continuer sa route , et je me mis à le suivre de si près, que j'arrivai presque aussitôt que lui sur le piédestal. 11 était temps : les montagnes, la ville et le lac commençaient à tourner d'une manière désordonnée; si bien «pic je n'eus que le temps de fermer les yeux , de nie cramponner à un pan de la robe du saint, et de m'asseoir sur le petit doigt de son pied gauche, (inné à cette assiette plus tranquille, je sentis bientôt se calmer le bourdonnement de mes oreilles, j'acquis la conviction de l'immobilité de la base sur laquelle je reposais, et sentant que j'avais repris mon centre de gravité , je me hasardai à rouvrir les yeux : je retrouvai les montagnes, le lac et la ville à leur place ; il n'y avait que mon sacristain d'absent ; je tournai mes regards de tous côtés . il était complètement disparu ; je l'appelai, il ne me répondit pas : décidément cet homme avait été créé et mis au monde pour me faire damner.
Je me mis à sa recherche, présumant qu'il jouait à cache-cache et que je le retrouverais dans quelque pli de ce bronze colossal ; je commençai en conséquence à faire le tour de la statue : c'était chose assez facile sur les côtés; mais en tournant je trouvai sur mon chemin la queue de la robe du saint arche-