‹ Fragments des œuvres d'Alexandre DumasChapitre 99 sur 100 · CATACOMBES I) UN COUVENT HE CAPUCINS · texte numérisé non relu

CATACOMBES I) UN COUVENT HE CAPUCINS

espèce (le tablette surmontée d'un dais en calicot; la tète porte une couronne de papier, et la main gauche tient en guise de sceptre un bâton de chaise doré ; au-dessous de cette singulière châsse on lit cette inscription, qui renferme toute l'histoire du roi de Tunis :

NACQUI IN TONISI B.E. VENUTO A SORTE

IN PÀLERHO, ABBItACCIAI LA SANTA FEDE.

LA FEDE E IL V1VEB BENE SAl.tA >ll IN HOBTE.

DON FII.IFPO d'aDSTBIA, B.E Dl TDNIZZI,

MOIÙ A PAI.EBMO — 20 SEPTEMBRE 10^2 '.

Outre ces niches destinées au commun des martyrs, outre les caisses réservées à l'aristocratie, il y a encore un des bras de cette immense croix funéraire qui forme une espèce de caveau particulier : c'est celui des dames «le la haute aristocratie palcrmitaine.

C'est là peut-être que la mort est le plus hideuse; car c'est là qu'elle est le plus parée; les cadavres,

I « Je naquis roi ;'i Tunis. Poussé par le sorl à Palerme, j'embrassai In sninlc foi. La sainte foi el la lionne vie me sauvèrent à l'heure de la mort.

« Don Philippe d'Autriche, roi de Tunis, mourut à Païenne le 20 septembre 1<>±>. »

II y a peut-être bien une petite faute de langue ;i la troisième ligne; mais, en sa qualité de roi de Tunis, don Philippe d'Autriche est excusable de ne point parler le pur italien.

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couchés bous des cloches de verre, y sont habillés de leurs plus riches habits : les femmes, en parures

de bal ou de cour ; les jeunes lilles. avec leurs robes Manches et avec leurs couronnes de vierges. Oo peut ;i peine supporter la vue de ces visages coiffés de bonnets enrubanés, <le ces bras desséchés sortant

(Tune manche de salin bleu ou rose, pour allonger leurs doigts osseux dans des gants quatre fois trop larges, de ces pieds chaussés de souliers de taffetas et dont on aperçoit les nerfs et les os à travers des bas de soie à jour. L'un de ees cadavres, horrible à voir, tenait à la main une palme.

Tout cela n'est-il pas une bien étrange profanation des choses les plus saintes? Et notre tombe, à nous, ne rend-elle pas bien plus religieusement à la poussière ce corps fait de poussière, et qui doit redevenir poussière?

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