Ibid., p
DU STYLE DE ROUSSEAU
Le dernier paragraphe se terminait de cette manière : « C’est à elle (à la vérité) à s’approcher En attendant, je suis heureux, parce que je compte pour peu tous les maux de la vie, et que le prix qui les rachète est en mon pouvoir. » Tel, en effet, devait être le couronnement du discours du bon vicaire. Il avait été provoqué par celte interrogation de son jeune ami : « Qui est-ce qui sait être heureux? — C’est moi, répondit le prêtre. — Vous... El qu'avez-vous fait pour l’être? — Mon enfant, je vous le dirai volontiers. » En terminant par le bonheur que donne la sagesse, fondée sur la vertu et la foi en Dieu, Rousseau avait le double avantage de rattacher la lin du discours à son commencement, et d’exprimer la vraie conclusion de toute saine philosophie.
Ibid. « Le bon prêtre avait parlé avec véhémence ; il était ému, je l’étais aussi a. » Rousseau s’était arrêté là. 11 me semble qu’on se passerait fort bien de celle espèce d’ornement mythologique ajouté après coup : « Je croyais entendre le divin Orphée chanter les premiers hymnes et apprendre aux hommes le culte des dieux. » On ne voit guère qu’une utilité à cette addition, c’est d’expliquer la gravure d’Eisen et de Longueil dont Rousseau ou son libraire a cru devoir embellir cet endroit du III* volume de l’Émile. Mais il fallait mettre cette interprétation au bas de la planche. Transportée dans le texte, elle en ùtele sérieux, et semble nous renvoyer