L’Académie des inscriptions et belles-lettres
M. LARAUZA.
promesses, tu tombes à la fleur de l’âge comme affaissé sur toi-mème !
El toi qu’il m’est impossible de séparer de ton ami, loi qui remplissais son âme comme il remplissait la tienne, mon cher Viguier, à Dieu ne plaise que je cherche à te consoler! Après une si longue absence, tu le revois un jour, et il t’échappe sans retour ! La perte que tu fais est amère, inattendue, irréparable. Elle doit être et profondément et éternellement ressentie. Mais que la volonté et l’exemple de Larauza te soutiennent. Sa première loi fut de bien faire, vis pour bien faire aussi. Il faut supporter l’existence alors même qu’elle est flétrie, s’attacher à celte vie que l’on méprise parce qu’on peut y être utile encore, et on peut toujours l’être; on le peut puisqu’on le doit. Supporte donc avec force et douceur le malheur que Dieu t’envoie pour t’éprouver, non pour t’accabler.
Et vous, Messieurs, nous surtout élèves de l’École normale, en quittant notre digne et excellent camarade, promettons-lui de l’imiter dans ses mœurs, dans ses fortes croyances, dans son zèle pour la science, et dans cette fraternité d’âme qui l’unissait à chacun de nous. Débris de jour en jour plus rare d’une École qui eût pu être grande et qui voulut être utile, puisque son nom seul nous reste, soutenons-le par notre union, "par notre constance, par notre dévouement à tout ce qui est bien. Si nous ne pouvons changer la destinée, élevons-nous audessus d’elle par notre courage. Disputons à la mort et à l’injustice des hommes le souvenir de notre École bien-