‹ Fragments et souvenirsChapitre 72 sur 117 · M. FARCY · texte numérisé non relu

M. FARCY

aimée. Sa gloire ne peut plus être dans le nombre dé ses enfants, mais dans les travaux et les vertus de ceux qui lui restent. Sous tous les rapports, nous ne pouvons prendre un meilleur modèle que l’homme vertueux et aimable auquel nous allons dire le dernier adieu. Pour moi, qui m’étonne d’être encore debout sur tant de tombes qui m’appellent, puissé-je à la tin de ma carrière ne pas paraître indigne d’avoir été un de ses amis!

Adieu, mon cher Larauza, nous le remettons avec confiance entre les mains de Dieu ' !

DISCOURS

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AUX FUNÉRAILLES DE J. -G. FARCY élève de l'école kohmale Le 29 juillet 1831, jour anniversaire de sa mort.

Honneur à la mémoire de Farcy!

Celui qui repose sous cette tombe était le 28 juillet 1830 un jeune homme aimable, modéré dans ses opinions politiques, attaché à la vie par les plus douces affections et les plus nobles projets; et, le 29, il a tout sacrifié à la

1. Voyez sur M. Larauza une excellente notice de U. Viguier entête du mémoire posthume intitulé : Histoire critique du passage des Alpes pnrAnnibal, in-8°, 1826.

M. FA RC Y.

patrie. Il s’est indigné qu’on eût osé jeter le gant à la France, et il l’a ramassé avec cette colère généreuse qui fait faire les grandes choses, mais qui presque toujours aussi conduit à la mort.

Adieu les frais ombrages d’Aulnay, les douces conversations, les beaux vers, les rêveries philosophiques. Il u’a pas môme vu le triomphe de la sainte cause pour laquelle il a versé son sang. Mais n’ayons pas la faiblesse de croire que, mort ou vivant, et quelles que soient les apparences, celui qui a bien fait soit jamais à plaindre. Non, Farcv, nous te pleurons, nous ne te plaignons pas. Là haut, tu as dû rencontrer cette Providence bienfaisante qui préside à la mort comme à la vie, cl qui, sans aucun doute, ne manque pas plus à l’âme des héros qu’à ce brin de paille que tout transforme et rien ne détruit. Ici-bas la patrie a recueilli ton nom ; il est inscrit sur les murs du Panthéon, attaché à l'un des plus grands événements de l’histoire; longtemps il fera battre les cœurs généreux ; longtemps les braves le répéteront cl l’apprendront à leurs enfants. Qui sait si trente années de travaux pénibles l’eussent conduit à un pareil sort? L’âge mûr. ne tient pas toujours les promesses de la jeunesse; la vie a scs distractions qui souvent ont enlevé à la gloire les plus heureux génies. Aujourd’hui, rien ne peut te ravir l’immortalité que t’a donnée une heure d’une énergie divine. Que cette heure soit donc bénie î Encore une fois, Farcy, nous te pleurons, nous ne te plaignons pas.

Espérons que la France de 1830, après une crise né-

M. POISSON

ccssaireet féconde, poursuivra paisiblement ses nobles destinées, et retrouvera en Europe le rang qui lui appartient par l'énergie et la modération de l’esprit publie, par l’cxpcrience et la sagesse du prince que nous avons mis b notre tète, par la sympathie des peuples et la prudence des rois. Mais s'il en était autrement, si de mauvais jours revenaient pour la France, si les factions, ou si l’clrangcr, appuyé sur elles, venaient ternir ou arrêter notre belle révolution, c’est alors, Farcy, que tes amis se somiendront de toi, et que ton sang versé pour la patrie parlera à tous ceux qui sont dignes de l’entendre. Alors comme aujourd’hui en souffrant ou en tombant pour la France, nous répétons avec amour : Honneur à Farcy! Vive la France 1 !

DISCOURS

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