SÉANCE UES CINQ ACADÉMIES, DISCOURS DU PRESIDENT
sce üe donner aux lettres leur magistrature, et en quelque sorte un gouvernement qui pût influer heureusement sur les destinées de la langue et du goût. Fidèle héritier de tous les desseins de Richelieu, Louis XIV ajouta à l’Académie Française les Académies des beauxarts, des inscriptions et belles-lettres, des sciences physiques et mathématiques. La révolution de 1789, qui acheva l’œuvre de ces deux grands hommes, en mellant la dernière main à la centralisation dans l’ordre civil, devait la porter dans l’ordre scientifique et littéraire; et d’académies sans aucun lien entre elles, elle a fait l’Institut de France, c’est-à-dire la représentation de toutes les parties des connaissances humaines dans un conseil où toutes les sciences, tous les arts ont leurs interprètes, et dont l’unité exprime celle de la patrie commune et celle aussi de l’esprit humain. Une habile organisation, successivement perfectionnée, a déterminé les attributions de chaque académie en maintenant et en fortifiant les liens qui les unissent. Non, elle n’est pas vaine, cette fraternité dont nous nous honorons, qui fait asseoir Gérard à côté de Cuvier, et donne une place égale dans le môme sanctuaire à l’imagination, au savoir, à la raison, à toutes les gloires de l’intelligence. On dit encore bien du mal des académies, mais on désire toujours en être; on s’agite même un peu pour cela : chaque place est vivement disputée. Quelle renommée avons -nous écartée? quels progrès avons-nous arrêtés? quelle doctrine un peu compatible avec la raison humaine avons-