EIV ANGLETERRE ET EN FRANCE
SoMMAiRB. — Restes de populations dites ibériennes, en Ârmorique et dans les iles Britanniques. — Traces de populations semblables dans la Gaule antique. — Les auteurs ne s*accordeDt pas sur la couleur des cheveux, blonde ou brune, de ces vestiges de populations. — Les mêmes auteurs diffèrent sur la couleur qu^ils attribuent à la chevelure des Gaulois. Ces débris peuvent appartenir au Sang gaélique, — L*opinion qui rattache ces populations brunes ^ quelque souche ancienne non gaélique, serait plus admissible que celle du brunissement de la descendance des Ga$ls. *-- fmpor* tance de la question que soulève ce débat.
L On a contesté que les vestiges de populations anciennes que Ton retrouve sur quelques points de la Grande-Bretagne et de notre Armorique , et qui sont regardés, en général, comme provenant des Celtes, et mieux , des Gael ou Gaëls et des Kymri ou Cymris,
(1) Ces fragments sont extraits d'an traTail ioédit sur les clinwts et les races hwnatpes.
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lussent réeUemept issus de ces races aatiqcies (1). Nous ferons sur ce sujet quelques réflexions.
Un docteur de nos amis, connu par divers travaux, et Breton lui-même, se fondant sur des raisons de Tordre physiologique, soutient que ces débris anciens, tant en Irlande qu'en Ecosse, dans le comté de Cornouailles, dans la province de Galles et dans la basse Bretagne, sont de souche ibérienne. Il pense que toute la population primitive de ces contrées se rattachait à la même origine; et q^et m^'iutan^nt eucore^ notamment en Irlande, dans le pays de Galles et dans la Bretagne, cette population est reconnaissable à ses caractères physiques, « malgré l'influence du temps, des institutions et des croisements » avec divers éléments appartenant i des races blondes (2) .
En Angleterre, le docteur Ware s'était déjà prononcé dans le même sens, quant au fond de k question. Car ses recherches tendent d'abord à confirmer l'opinion, que les Gaëls avaient précédé les Cymris, comme habitants de la Grande-Bretagne ; ensuite, à établir qu'une race ibérienne ou aquitaine avait existé dans ce pays, anciennement avant eux. Il constate en outre, par ses
(1) De même que dous Aisom Celtes, pour Kelt ou KeHes(yé inf.j fr. II, m) ; de même que nous dirons Cimbres, et non {Timbres, expressions adoucies et consacrées ; ainsi, nous adoptons le nom de Cymris, préléraWament à celui de Kynri, comne plus euphoaifue, et coût ((Nçae, d'ailknrs, ausM bie^ que ït mot Gaéls, w système gr<^i«m^ tical. de nQtre kinguç. — Quant; aux autres noms de peuples, sur lesquels on diffère, à moins que l'usage établi ne nous paraisse faire loi, nous conserverons autant que possible les appellations anciennes, et comme la couleur locale, à ces termes ethniques*
(2) Bodictoi, Ééudeaswr l'Alger, et VAfr., p. il» et suiv., 158 et suiv.y 162, 178 ; Alger» 1847.
PIŒMXER FRAGMENT. $
propres observations, que les descendants des Cy caris se retrouvent encore et prédominent en Irlande, en Ecosse et dans les montagnes auprès du pays de Galles ; tandis que le type gaélique aurait presque disparu de la France et de ces mêmes contrées (1). M. MuUié dit aussi que K la nation armoricaine était d'origine ibérienne, » et que les Gallois sont « les Silures de T antiquité (2). » Déjà Mannert, ainsi que le remarque Guill. de Humboldt, qui ne partage pas cette opinion, pensait que les Calédoniens du nord de TÉcosse étaient vraisemblablement de même souche que les Ibériens, Dans tous les cas, il . ne les croyait pas Celtes ; et il les considère comme une nation existant dans Touest de l'Europe, avant Tarrivée des Celtes (3) .
D'autre part, bon nombre d'historiens rapportent plus ou moins vaguement que des populations ibériennes se sont établies très anciennement, soit dans l'Hibernie, soit dans la Bretagne et la Calédonie. Nous ne citerons que Henry de Huntingdon, écrivain du xir siècle, lequel soutient que l'une de ces colonies vint d'Espagne en Irlande, d'où elle sortit en partie pour aller former dans la Bretagne une troisième nation, avec les Bretons et les Pietés : — ^ Scotti in quarta [nmndi œtate)
Demrunt Hybemiam hoc tamen certum est^ quod ab
Hispania Hyberniam venerunt, et indepars eorum egressa
(1) Des titres des races Kymr, et GaéL à être consid, corn» rctces àborig. des Ues Britann,^ trad. fr., {Extr.), dans lesiVouv. Ànn, des vou^t ana. 1846, t. Ul, p. i21 et suiv.
(2) Fastes de la France^ p. 2, 3; io-fol., Paris, 1845.
(3) Priifung dfir Untersuçhungen iiber die Urbewohner Hispaniens vermittelst der Vaskischen Sprache, p. 163-164, 178, n* 6; in-4% Berliu, 1821.
à PREMIER FRAGMENT.
tertiam in Brittannia^ Brittonibus et Pictis gentem aildide^ runtj nam etparsquœ ibi remansity adhiic eadem utitiir Ungua^ et Naitarri i>oc/mtur [l) . D'Audiffret dit même que rirlande,entre aatresnoms qu'elle reçut jadis,fut appelée idbérie^ des Ibériens qui y envoyèrent des colonies (2) . » Et M. d'Eckstein nous apprend que ce a nom d'Ibérîe » (Eibhear) est resté attaché à la partie méridionale de » l'île (3) . » Mais il faut remarquer que ni César , ni Strabon ne parlent de semblables immigrations, et que ces sortes de données se confondent trop souvent avec les fables dont les auteursdu moyen âge ont obscurci cette histoire. Il est moins incertain que les Celtibériens aient, dans les temps reculés, habité ces contrées. Buchanan est de ceux qui font venir en Irlande, et de là en Bretagne, des colonies espagnoles , mais celles-ci d' origine gallique. Ex Hispania perb^ dit-il, causas in Hiberniam commigrandi (gallicis coloniis] \>ideo complures fuisse.,. Et, plus loin : Verisimile autent non est Hispanos relicta d tergo Hibernia, terra propiore, et cœli, et soli mitions, in Âlbium primhm descendisse, sedprimwn in Hiberniam appulisse, atque inde in Britanniam colonos missos, . . . (â) .
D'autres font intervenir dans les îles Britanniques des populations sémitiques, phéniciennes , carthaginoises, des pirates d'Afrique, des Maures d'Espagne. Mais
(1) Hisioriarwn y ap. /?er. anglic. Script, post Bedam prœcip,, lib. I, in-fol., Francof., 1601, p. 301. — Cf. Camden, Britanniay éd. ÎD-fol., London, 1607, p. 728-729.
(2) La Géogr. anc., mod, et hist,, t. I, p. 221, cf. p. 222, 224; m-4% Paris, 1689-91.
(3) V Irlande, dans le Catholique, ouv. périod., t. XIV, p. 236-237, cf. p. 254; t. XV, p. 126-128; ann. 1829.
(4) Hf^\ sfotfc. Ai<s^,ln-8^ éd. Francof., 1624, lîb. Il, p. 54-55.
ces derniers récits sont plus curieux qu'ils n'intéressent notre sujet.
Voici, du reste, comment s'exprime M. d'Eckstein : « Notre opinion personnelle est que les Tyrrhènes, Pé- » lasgues d'origine, et établis en Étrurie, découvrirent » l'Irlande,... et que des colonies celtibériennes, d'ori- » gine gaélique, émigrèrent dans cette île. » Plus loin, l'auteur dit que tous ces habitants n'étaient pas de vrais Ibériens,mais des Celtes ou Gaëls de l'ancienne roche; Gaëls qu'il ne faut point confondre avec les Cymris et Belges, lesquels,selon lui, « conquirent l'Angleterre et ne pénétrèrent pas en Irlande (1). » Enfin, M. de Gobineau dit que Ton peut admettre « comme vraisemblable » qu'à une époque fort ancienne, l'Irlande avait reçu « quelques » colonisations phéniciennes et carthaginoises. » a Mais, » observe-t~il avec raison , d'après ce qu'on a vu en » Espagne d'établissements semblables , il est douteux » que l'influence en ait dépassé les limites du comp- )) toir. » Il ajoute : « Peut-être encore y a-t-il eu )) des immigrations ibériques , ou plutôt celtibé- » riennes (2) . » Voilà, toutefois, pour quelques lueurs et quelques assertions, bien des ténèbres et des doutes.
IL Quoi qu'il en soit, ces populations, dites ibériennes, auraient-elles possédé quelques parties de la Gaule en des temps que l'on peut considérer comme antérieurs aux Celtes ? On lit dans Fréret : « Les Ibé-
(1) Ouv. cit., u5. sup.y t. XIV, p. 126, 237, 214; U XV, XVJ, pass.
(2) Essai sur Vinégal, des races hwn,, t. 111, p. 113; Pari», 1853-55.
^ PtlEMlER FRAGMENT.
» riens n'étaient point originairement renfermés dans » les limites de l'Espagne : ils s'étendaient sur toute la » côte de la mer Méditerranée, depuis les Pyrénées )) jusqu'aux Alpes; et c'est par le passage méridional » des Alpes qu'ils pénétrèrent en Italie, près de 1500 ans » avant l'ère chrétienne (1). )> De même, il résulte des recherches de Guill. de Humboldt, que les Celtes Ibériens, semblables par le langage aux Celtes, et qui n'étaient probablement pas de souche gallique simplement transplantée , ce que prouverait la différence dans le caractère et les institutions, furent peut-être des peuplades établies dans les Gaules avant toute tradition humaine, ou immigrées de bonne heure — Fniker (2) . « Au nord des Pyrénées, dit G. Niebuhr, les Ibères habî- » taient l'Aquitaine... Au temps de Philippe, on les voit » aussi dans le Languedoc, où ils apparaissent mélangés » de Liguriens... » « ... et il paraîtrait, ajoute-t*il,... » que dans le même temps, ils étaient établis en deçà » des Pyrénées et s'étendaient jusqu'au Rhône (8). » C'est encore ainsi que d'après M. Michelet : « Une » autre race, celle des Ibères, paraît de bonne heure » dans le midi de la Gaule, à côté des Galls, et même » avant eux. » Le type et la langue de ces Ibères se sont conservés dans les montagnes des Basques (â) . L'opinion de M. de Pétigny est peu différente. « Avant
(1) l^ech, mr Vorig, et Vcmc, hist, des différ. peupl, de l'Italie, Œuvr, compl.f t. ÏV, p. 193, cf. );). 199-200; ia-i2, Paris, an vn.
(2) Op. cf7.,p. 178, n°5. — Cf. dans Michelet, Hist, de France, édit. 1833 etc., t. I, (Jfdmmsscm.), p. 438.
(3) Hist. rom.^ trad. par de Golbéry, t. IV, p. 283-284; Paris, 1830-40.
(4) Oav. cit., 1. 1, p. 5, cf. p. 7.
PREMIER PRAGMEI^T. 7
» les Celtes, dit-il, la race ibérienne... semble avoir » donné, la première, des habitants à F Espagne, au » midi d« la Gaule et à l'Italie. » Il continue : « On ne » trouve à Test et au nord de l'Europe aucune popu- » lâtion d'origine ibérienne, et il ne paraît pas que cette » race d'hommes ait jamais dépassé de ce côté la ligne » des Alpes (1). )> D'après le résumé de M. Mullié, la Gaule était habitée, 1 600 ans avant notre ère, par les Ibères et les Celtes ; et « la race des ibères s'éteildait » du détroit d'Hercule (de Gibraltar) à la Loire (2). » M. Bodichon dit également : « En arrivant dans la » Gaule, les Gâëls trouvèrent les rives du Rhône, de la » Garontoe et de la Loire entre les mains de gens qui » avaient ilne autte langue et d'autres usages. Dépuis » des temps immémoriaux, ils avaient franchi lesPyré- » nées, et tenaient le sol en qualité de premiers occu- » pants. C'étaient les Ibériens (3). » Et M. d'Omalius d'Halloy suppose aussi que les Celtes « ont trouvé la » France déjà habitée par des peuples aux cheveux et » aux yeux noirs, avec lesquels ils se sont mêlés pouf » former une race intermédiaire... (4) »
Un autre savant belge, M. Moke, de Gand, dans uh récent ouvrage, reconnaît à son tour que des nations de race brime ont occupé , dès les premiers âges, nonseulement les côtes maritimes de la Gaule et, eii Angleterre, les pays de Cornouailles et de Galles, où leurs débris à cheveux bruns, « évidemment issus d'une
(1) Étud. sur l'hist.f les lois et les insHt. de Vépoq» mé^oving.^X. I, p. 6; Paris, 1851.
(2) Ouv. dt., p. 2.
(3) Otiv, cit., p. 15Î.
(4) Des races Hiimi., p. 25-26, not., cf. p. 37-38; PAfis,1849.
8 PREMIER PRAGMEMT.
soucjie méridionale, » se voient encore aujourd'hui, mais les bords de la Loire et ceux de la Seine , mais la Belgique ; et il arrive à conclure en ces termes : « On » peut donc considérer comme un fait à peu près géné- )>'ral l'existence antique d'une population brune dans » tout l'espace situé entre le Rhin et les Pyrénées. » M. Moke ne s'explique pas davantage à l'égard de ces populations brunes qui sont mentionnées, ainsi qu'il le dit, dans les traditions galloises, et dont il rattache l'o* rigine primitive à des tribus liguriennes désignées dans l'est de l'Angleterre « par le mot de Logres. » « Le » vieux nom de la Loire, Liger^ ajoute-t-il, mot à mot » le Ligure, semble indiquer qu'elles s'étaient long- » temps maintenues dans la région que traverse ce » grand fleuve (1).» On peut noter ici que,d' après GuilL de Humboldt, la racine du mot Ligures ou Ligorsy — ///gwr, — ville haute, ou de la montagne, — appartient certainement à la langue basque (2) ; tandis que pour Fréret, et il justifie aussi son opinion, « ...ce nom de Ligures^ » Lly-gouv en celtique, signifie homme de mer (3). »
Toutefois, ce n'est point de cette manière que Aug* Thierry entend les Logres ou Logriens [Lloëgijs^ et, plus correctement, Lloegrwys), D'après les annales bretonnes, où il croit devoir puiser (â) , ces envahisseurs, qui occupèrent le sud et l'est de l'île de Breta-
(1) La Belgique a/nc%enne et ses orig, etc., p. 61-^3 et not, , cf. Préf., p. vij, not,; Paris, 1855.
(2) Op. cit., p. 5-6.
(3) Ouv. cit., ub. sup., p. 206.
(4) The Myvyfian archaiology of Wales^ vol. U, pass.; LondoD, 1801-07; cf. trad. tr.^{Extr,)j par Probert , dans Michelet, ouv. cit., 1. 1, p. 461-470.
PAEMIER FAAGMENT. 9
gne, auraient émigré « de la côte sud-ouest des » Gaules, et ils tiraient leur origine de la race primi- » tive des Gambriens, (c'est-à-dire, des Kymrys), avec i) lesquels il leur était facile de communiquer par le n langage. » Il dit aussi que ces Cambriens venus c en » masse des extrémités orientales de TEurope, à » travers l'Océan germanique, » avaient trouvé sans doute, à leur arrivée, une population de Bretons indi* gènes ou premiers occupants, a d'une autre origine » qu'eux et d'un langage différent , sur lesquels ils » envahirent le pays, » et dont les uns se réfugièrent dans l'Ile d'Érin, tandis que d'autres gagnèrent le haut pays du Nord appelé Âl-ben^ Alban^ où ils « se main- )) tinrent sous le nom de Gaêls ou Galls, (plus correcte- » ment Gadhels, G wyddils), qu'ils portent encore (l).a Le mot gaoidheal^ en effet, est, en irlandais, la véritable forme de Gaël^ suivant M. Ad. Pictet. « Le mot )) gadh^ combat, flèche, dard, ajoute-t-il, est probable- )> ment une variante du même radical : gaoidheal » signifierait ainsi un guerrier (2) . »
On voit donc que les Logres de M. Moke ne sont pas les Logriens de Aug. Thierry, les premiers appartenant aux Ligures de souche brune , les autres à la race des Cambrions. Et en ce qui touche ces derniers, nous lisons dans Fréret qu'il ne croyait même pas à leur origine cimbrique : « Les peuples du pays de Galles, dit-
(1) ffisf. de la conq, de VAngXel. par les Normands^ édit. 1836, t. I, p. 30-32 et not, — Cf. Am. Thierry, Bist. des Gaulois^ édiU 1835, t. I, p. 47-48; t. m, p. 2-3.
(2) De l'affinité des langues celL av. le sanscrU, p. 163-166; Paris, |g37. — Cf. AmstroDg, A Gaelks Dictionary^ vocib. Goel, Gaidheal; LoDdon, 1825.
» îl, ne se donnent point encore aujourd'hui d'autre » nom dans leur langue que celui de Kimri ou Kimbre\ » mais ce nom, que les écrivains latins rendent par » Cambri^ ne se trouve point dans les anciens, et il y » a grande apparence qu'il n'a aucun rapport avec » celui des Cimbres (1). » Malte-Brun dit aussi que (( les Gallois appellent îeuî' langue le kumrafgh où » kymri^ d'où les auteurs latins du moyen âge ont tiré » le nom de Camhriens ; mais , ajoute-t-il , c'est sans » raisons suffisantes que quelques systèmes ethnogra- » phiques en ont fait des Cimbres (2) . » Selon Pînkerton, ,au contraire, « il y a beaucoup de raisons polit » croire que le nom welche Cumri ou Cumbri^ est Tan- » cien nom Cimmerii ou Cimbri^ prononcé Kimmerii et » Kimbri par tes Grecs et lés Romains (5). » En effet, quelle serait cette nation venue de l'orient de l'Europe, à travers Tocéàh (îernianique , sinon des Kimbri ou Cimbres? à moins que, suivant en cela Baxter, on ne les regarde comme étant aborigènes, c'est-à-dire d'origine inconnue. — Brigantes omnes^ swe primos SritannoSj à Belgarum appulsu se Cumbros. .. noifo nomine appellâsse. Nam de Kend, quod e^^caput... et^TO quod Patria est^ sit composita ^ox Cumbro... — ...Cumbros sive AuToxOovocç (â). M. Am. Thierry, d'ailleurs, a suffisanunerit élucidé cette question (5). Enfin, comme
(1) Mém, sfwr Us Cimmériens, ub. sup.^ t. Y, p. 6-7.
(2) Géogr. unit?., édit. in-4% 1841, t. II, p. 50; cf. 1. 1, p. 124.
(3) Bech. sur Vorig» et les div, étahlissem, des Scytken ou Goths, trad. fr., p. 79; P|iris, an xii.
(4) Glossar. anliquU. &ntonntc., vocib. Brigantes^ BrUanni; Lond.,
(5) Guy. cit., t. I, Inlrod., p. xlix et suiy.
PREMIER FRAGMENT. Il
éclaircissement orthographique, nous ferons remarquer que, selon M. Ad. Pictet, les Gallois « s'api)elleût Cymry ou Oynmry^ au singulier Cynmro , » que « leur pays 86 nomme Cynmruy et leur langue cynmraêg (1). »
Pour les Bretons, en général, le témoignage de Tacite est ici d'un haut intérêt. Il dit que la conformation varie chez les différents peuples de Tîle de Bretagne : — Habitas corporum variL Et il observe, d'abord, que les cheveux roux des Calédoniens et leur taille élevée, — rutilœ,.. comœ, magni artus^ — indiquent une origine germanique ; ensuite, que le teitit basané des Silures, que leurs cheveux bouclés, — et torti plerumquè crinesy — et lettt position en face de l'Espagne, donnent lieu de croire que les anciens Ibères ont traversé la mer, et peuplé ces contrées, — .... Iberos veteres trajecisse^ easque sedes occupasse ^fidètit Jaciunî. Ceux
qui sont les plus proches de la Gaule , continue-t-Il , ressemblent aux Gaulois : — Proximi Gallis^ et similes sont (2).
Ge document est précieux, et nous le rappellerons (fr. II, iv). Remarquons seulement ici qu'il vient en aide aux renseignements d'après lesquels les Bretons, fuyant les armes des Saxons et des Angles, vers la fin du v"* siècle, auraient apporté dans les cités de l'Armorique des éléments d'origine ibérienne, ou tout au moms de race brune. Et quant à la ressemblance des Bretons voisins de la Gaule avec les Gaulois, elle se conçoit bien, des conquérants venus de Belgique s'étant emparés de cette côte méridionale, ainsi que nous
(1) Ouv. cit., p. 167.
(2) In AgrkoL, § Xi.
l'apprend César (1). On sait que Ptolémée compte aussi, parmi les peuples d'Albion, des Belges, des Atrebati et même desParisi : — BAyat, 'ArpcSartot, UapiZot (2). Ces Bretons, arrivés dès le u"' siècle avant notre ère, étaient donc Belges , et par conséquent Cymris, ou, si l'on veut, Gaulois, aux mêmes titres que ceux de notre continent. Pinkerton explique ce passage de Ta* cite, en confrontant les Bretons du sud-ouest, pour lui « Celtes et non Belges, » avec les « Gaulois celtiques, établis sur la côte opposée. » Ailleurs, il commente le même passage, en observant que la rousseur des cheveux et le volume des membres caractérisent encore les Scandinaves, tandis que les Gallois Celtes, ainsi que les Écossais et les Irlandais , sont remarquables par la couleur brune de leurs cheveux et une taille moindre : — The red hair and large limbs are to this day the grand features of the Scandinavians, while the Scotish , Irish, and Welsh Celtes are remarkable for black hair and a stature rather diminutive. Il faut noter, en effet, que, suivant cet auteur, si les Cimbres ou Cimmériens, premiers habitants de la Germanie et ancêtres des Cumri ou Welches, sont Celtes, ou Celtes Germains, il n'en est pas de même des Belges, qui sont Germains d'origine, et par conséquent Scythes ou Goths (3) . Ainsi, ces deux opinions, partant de points de vue différents, sont également admissibles.
(1) De MI. gaU.<, lib. V, cap. XU.
(2) Geograph,, lib. ], cap. ]U.
(3) Ouv. cit., p. 162, cfsp. 74, 77-80, 192-193, 239, et pass.;-— An Enquiry tnto ihe hist. ofScotland, Yol. I, p. 184; Edimb., 1814.
PH£MlËR FRAGMENT. ii
m. Il est à remarquer que les divers auteurs attribuent à ces mêmes vestiges de populations anciennes une couleur de cheveux différente, alors qu'il ne s'agit cependant que d'un fait appréciable aux sens. On comprend qu'il y ait là plusieurs races en présence , et notamment deux types bien distincts, ainsi que cela se voit en Bretagne ; mais encore faudrait-il les distinguer, afin de s'entendre. Toujours est-il que M. Bodichon, qui range les Gaulois parmi les races blondes, voit en Ecosse, en Irlande, dans le pays de- Galles et dans la Bretagne, des cheveux noirs comme ceux des Kabyles ; pendant que Mr. Ware, dont les principes paraissent différer seulement en ce qu'il distingue, à l'exemple d'Edwards, entre les caractères des Gaëls et ceux des Cymris, trouve, au contraire, que c'est le type de ces derniers qui prédomine en Irlande, en Ecosse et dans les montagnes auprès du pays de Galles (1) .
M. d'Omalius d'Halloy est persuadé que les anciens Gaulois avaient les cheveux blonds ; et il admet qu'ils descendent de peuples du même type blond, « qui ont » été plus ou moins modifiés par leur mélange avec » des Araméens qui habitaient le midi de l'Europe avant » que les Européens s'y étendissent. » Il dit que les Bas-Bretons ont en général les cheveux et les yeux noirs et la taille des habitants du sud-ouest de la France, tandis que l'on rencontre beaucoup de chevelures blondes parmi les Gallois. Et pour M. Moke, tout en considérant les anciens Gaëls ou Celtes comme une race blonde, il constate l'existence de cheveux bruns et noirs en Ecosse, dans le pays de Galles « dans la
(1) Bodichon, ooT. cit., lue, ctV.^Ware, oav. cit., toc, cit. '
lA PREMIER FRAGMENT.
Basse-Bretagne, là même où ne devraient se rencontrer que des cheveux blonds, à moins que Ton ne fasse intervenir une population brune antérieure, dont la postérité revivrait dans les types actuels, population dont l'existence est ainsi prouvée incontestablement (1) .
Nous venons de voir que, d'après Pinkerton, les Écoasais, les Irlandais et les Gallois ont des cheveux noiii». Et telle est aussi l'appréciation d'un autre observateur d'outre-Manche, le Rév. T. Price, qui soutient, lui, que ces peuples étaient originairement roux (2) . De son côté, Pricbard, qui ne doute pas non plus que les Celtes n'appartinssent à la vaiûété blonde, recoimalt que, sauf dans quelques districts où la couleur rousse est fréquente, les montagnards des îles Britanniques ont en général des cheveux d'un brun foncé : aussi conclut-il, de même que Mr. Price, à leur brunissement. Il dit que les deux branches des nations celtiques de l'ouest de l'Europe « sont représentées dans les temps modernes, n l'une par les Irlandais, les Écossais et lea Manks, et » l'autre par les Gallois et les Armoricaiiis ou Bre- )> tons (3) . » Ces mêmes représentants des races an oie^nes en Irlande et en Ecosse, sont égaleioent considérés par Will. Edwards, comme des Gaêls, et par conséquent, suivant lui, caaune bruns dès l'origine ; tandis que chez les Gallois et les Bas-Bretoi^, bien que les
(1) D*OmaL d'Çall., oav. cit., loc. eil. — Moke, ouv. cit., loc. cU.
(2) An Essay on the physiogn. and physioU of the présent inhabit, o/'firttotn, etc., Loodon, 1829, trad. fr., (Fo^^r.), dans Michelet, ouv. cit., t. I,p. 482-483.
(3> HUi. nat. de Vhomme, trad. par Rootin, t. i, p. 262-264, 247; Paris, 1843 ; — cf. Researches into the physic, kist. of ManJcind, edit. 1836-44, yol. III, part. 1, p. 197-200.
PREMIER FRAGMENT. i6
Çî^ëls d'origine dominent par le nombre, le type physique, le Caractère national et la langue des Gymris ont prévalu. Le même auteur assure que dans toute T Angleterre les types cymriques sont encore très répandus (1) •
Enfin, pour M. Am. Thierry, les Gaulois en général avaient <( les cheveux blonds ou châtains. » Et tout le monde s^^t que cet historien, en recherchant la p^enté des deux races dites gauloises, avait trouvé le gaélic parlé notamment dans la haute Ecosse, l'Irlande, l'Ue de Man, alors que le cymnc est le seul idiome dont les habitants du pays de Galles, ainsi que ceux de la Bassç-Bretagne, aient conservé des traces. Ses études sur le langage le conduisent d'ailleurs à regarder les Gaëls conoune ayant précédé les Gymris dans la Grande- Bretagne, et comme étant la population primitive de cette Ue (2) .
Cette manière de voir, néanmoins, relative à l'origine gaélique des premiers Bretons, adoptée déjà par Gamden et d'autres modernes (3), n'est pas confirmée parles témoignages de César, de Tadte et de Strabon,
(1) Fragm, d'un mém. &ur les Gaëls, dans les Mém. dôla Soc. ^Umol., t, II, part. I, p. 18, 19; Paris, 1841-45; — De Vinfl. récip, des races sur le caract. nation,, ibid., p. 6, 9, 10 ; — Des caract. physiol, des races hum,, ub, sup., t. 1, part. I, p. 58, 85-86.
(2) Oav. dt., t. O, p. 43; t.l, Introd., p. liij-xiv, xvj et saiv., p.1-2. — Cf. Eusèbede Salles, Hist. génér. des races hum., p. 96; Paris, 1849.
(3)Caiiulen, op.ct(.,p. 7-8 sqq., 16-17. — Rapin Tboyw, Bist. d'Anglet,, t. I, Introd., p. 6-7 ; ia-4% La Haye, 1727-36. — BulLçt., Mjém. sur, la lang. celtiq., t. 1, Préf., p. vil, part. I, cb. Vil, p. 9, part. U, p. 29, et pass ; in-fol. , Besançon, 1754, etc. — Hume, Hist, d'Anglet,, etc., trad. fr., édit. in-r, 1765, 1. 1, p. 4.-^Aag. Tbierry, GUY. cit., p. 31-32, 36. — Cf. Joroandès, de Getar. sive Gothor, orig, etc., cap. lI.-*Bède, Htst. ecclesiast, gent, Angl,, lib. I, cap. I.
autant qu'on pourrait le croire, si Ton s'en rapportait à certains auteurs (1). César donne comme positive la tradition qui fait naître sur les lieux mêmes les habitants de Fintérieur de l'île, — ... quos natos in insuld ipsâ memoriâ proditum dicunt. Et Tacite , laissant la question indécise, dit que les Bretons ignorent quels ont été les premiers habitants de leur pays , si ce furent des indigènes ou des étrangers, — indigence an adi/ectî. Il incline seulement à croire que ce sont les Gaulois qui ont occupé le sol le plus voisin des Gaules, — G allas
ificinum solum occupasse^ credibile est (2). Strabon, que
nous citons plus loin (fr. II, m), signale les différences entre les hommes de Tîle de Bretagne et les Gaulois. Et ce qu'il dit de la ressemblance des mœurs ne doit s'entendre que des Belges établis sur la côte du cap Ca/itium — KavTtov — comparés à ceux de la Gaule (v. sup.^ p. 11). Diodore de Sicile rapporte aussi que, suivant certaines traditions, les Bretons étaient dits, soit en totalité, soit en partie originaires du pays — wTôx^ova ycv») (3) . Or, quelle que soit la signification de ces derniers témoignages, la présence de populations sorties du continent de la Belgique en particulier, et dans le sud-ouest, aujourd'hui pays de Galles, et sur la côte méridionale ou dans le pays de Kent, atteste suffisamment que^ dans les temps historiques, toute la con-
(1) De Larrey, UisL à^AngleL^ d*Écosse et d*Irlande, ëdit. in-f', 1707-13, t. I, p. 2.— Pelloutier, Hist, des Celt.ei partkul, des Gaul. et des Germ.t édit. in-4% 1771, 1. 1, p. 25.— Adelung et Vater, Mithridates, t. Il, p. 78; Berlin, 1806-16; cf. trad. fr., {Exlr,), parLan- Jainai8,dan8 les Mém, de VAcad. celL, t. IV, p. 325; Paris, 1809.
(2) César, op» cit., loc, ct7. — Tacite, op. dt., loc. cit.
(3) Lib. V, cd. gr. lat., collect. F. Didot, cap. XXÎ.
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trée n'appartenait point à ces colonies étrangères. La limitation du territoire occupé par ces nations n'exclut* elle pas en effet l'idée de possession entière du sol I
IV. Nous ne savons si des préoccupations résultant de lamanière d' envisager la couleur des cheveux des anciens Gaulois, n'auraient pas influencé quelques-unes des opinions dont nous venons de parler ; et c'est d'ailleurs en vain que l'on chercherait à projeter une vive lumière sur les ténèbres d'un aussi lointain passé. Mais ce qui ressort de cet aperçu, et ce qui domine au milieu de ces jugements en divers sens, c'est que dans la plupart des contrées que les Celtes ou Gaêls ont occupées, sans nul doute avant les Gymris ou Gimbres, puis les Belges ou Gallo-Belges, et où les uns et les autres avaient dû se rencontrer avec quelques essaims de race ibérienne ou ibéro-celte , c'est que dans ces contrées, disons*noaSt on trouve des populations conservant les caractères physiques des races méridionales.
Ainsi, ]| présence actuelle de ces populations à che» veux bruns ou noirs est un fait attesté par ceux-là mêmes qui récusent l'existence d' une variété brune, à des époques reculées, et qui voient seulement dans les anciens possesseurs du sol, Gaêls ou Celtes, une famille d'hommes blonds. Toutefois, si l'on croit pouvoir con8[idérer cette race des Celtes comme étant de souche brune, ou plus brune que blonde, on conçoit dès lors que les phénomènes observés trouveraient de la sorte leur explication physiologique.
Rien ne prouve, il est vrai, que l'hypothèse touchant Torigine ibérienne doive être rejetée. Et quoique les
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tUioignàges historiques se refusent à lui donner la valeur d'un fait, ici, comme en bien d'autres ocoasionSf les taractërea de la constitution physique , tenant en aide à rhistoire, pourraient être de nature à rectifier les traditions. Mais, en nous plaçant au point de vue de la coloration brune des Celtes ^ point de vue qui e$t le nôtroien reconnaissant, dans divers lieux, lestracesi et ctaune l'image de cesd^ris anciens dans les types a^^ tuels (v. fn II, v), nous sommes logiquement conduit à inférer qu'ils peuvent bien être autant de vestiges du peuple gaélique. Et de là l'intérêt qui s'attache aux éelaircissements que comporte la question de la che* yelure des Celtes ou Gaulois« question sur laquelle on est si peu d'accord»
< V» Cette opinion» du reste, qui regarde conmie étairt originairement de race brune, autre que celle des Gaêlsi les populations ci-dessus mentionnées^ ei|t assu^ rément plus rationnelle que celle qui ne verrait dans le brunissement de la descendance des Celtes qi^tipe déviation qui se serait opérée à la suite du mélange entre des nations toutes de race blonde, et pouvant se rattacher à ^és conditions d'existence , à deis influences climaté^ ri<}ues, thèse que soutient Prichard (1). Car» s'il est .permis de croire que diverses modificatioiis soient sfur*venues, bien {dus par le fait de certains croisements que par l'action du climat et des mœurs^ on ne saurait admettre sans preuves poiutives^ que ces mutations du blond au brun se soient produites, non^seulement thée
(1) Hist, nat. etc., cit., t. I, p. 263-266; '^Research, etc., cit*, ^. m, part* I| p. i92, cf, p. 196.-^ Cf. Moke, OuV. cit» p. T-.
PREMIBR FRAGMEirr, ^9
les groupes que plusieurs diseut être d'origiue ibé* rieune , taut ils sont bruns, mais dans tout le corps do nation qui représente aujourd'hui Tancien peuple de la Gaule proprement dite.
On a encore imaginé, toujours d'après l'idée de la couleur blonde des Celtes, que notre teinte actuelle pouvait être une exception à la loi conmiune de transmission des types par voie de génération, G. Niebuhr parait être de cet avis (1). Mais où serait la preuve de cette assertion? une fin de non-rece-^ voir n'est pas un argument ; et Niebuhr ne justifie en aucime sorte cette vue de son esprit. Les choses de la nature ne procèdent point par exception. Que Ton avoue l'insuffisance de nos moyens de connaître, à la bonnç heure : cela, du moins, ne mène point à l'erreur*
Legrand, voyageur en Auvergne, s'étonne de trouver les Auvergnats « très noirs ; » et, comme ni l'influence du climat, ni celle des alliances ne donnent la raison d'un semblable changement, il en conclut, sans plus de difficultés, à une altération de la race (2). M. de Salles constate également que « La France » méridionale, où les Celtes se sont conservés le » moins mélangés, est remplie de teints bruns , » et que u Les Kimrys d'Armorique eux-mêmes ont des 9 cheveux noirs , quoiqu'ils aient gardé les yeux )) bleus, n £t pour lui ce phénomène est tout simplement le résultat du m déboisement des Gaules.., {3). »
(1) Ouv. cit., t* IV, p. 293-294, no«.
(2) Voy dans la ci-devani haute et ba^se Auvergne ^ 1. 1, lett. I*
Paris, édit. an HT, p. 9-1 J.
(3) Ouvr. rît., p. 257.
La variété de ces explications a bien aussi son mérite. C'est encore ainsi que, partant de la même opinion sur la mutabilité des types, Mr. Price pense que « là di- » versité de nourriture explique la différence , comme
)) on le voit dans les animaux (1); » tandis que
M. Michelet attribuerait volontiers ce même brunissement des cheveux à « l'action du temps et de la civil!* » sation (2) . » Quel accord !
Enfin , M. d'Omalius d'Halloy , ainsi que nous l'avons vu ( p. 7, 13 ), donne pour raison de la couleur actuelle des peuples issus des anciens Celtes le mélange de ces derniers avec les Araméens, qu'il suppose les avoir précédés dans le midi de l'Europe. Et M. Moke ne doute pas non plus qu'un semblable mélange n'ait eu lieu (3). Mais c'est là une vue purement conjecturale, une hypothèse que les documents de l'histoire, on le reconnaît, ne viennent point appuyer, (v. fr. Il, v). Quant aux autres présomptions, quelles raisons, quels exemples les autorisent? C'est ce que l'on ne dit point. Et d'ailleurs, ne fallait-il pas d'abord prouver ce qui est en question, savoir que les Celtes ont bruni ?
VI. Il n'est besoin de dire que le caractère tiré de la clievelure n'est pas tout, loin de là dans ces sortes de problèmes; et que c'est l'ensemWc de la constitution physique et morale qu'il faut ei^visager et scruter
(1) Oavr. cit., ub. sup,^ p. 483.
(2) Ouvr. cit., t. I, p. 485.
(3) Ouyr. cit.,p. 61 62.
autant que possible, quand il s'agit d'étudier les rapports d'origine et la filiation des différents peuples. Mais telle est cependant l'importance de ce débat, en ce qui concerne les anciens Gaulois, qu'il touche en quelque manière à la question même de savoir quels furenf nos ancêtres. Car les déviations de couleur dont il vient d'être parlé n'étant point acceptées comme des faits, si les Celtes ont été blonds, de même que les Cymris, il faut bien que nous tenions des Ibères ou de quelque race inconnue la couleur dominante de nos cheveux.
Nous allons faire quelques recherches sur ce sujet, et nous serons ensuite tout naturellement conduit, par l'enchaînement des idées qui s'y rattachent, à examiner une autre matière d'un non moindre intérêt ethnologique : nous voulons parler des raisons ou des titres que l'on apporte en faveur de la parenté généralement admise entre les Gaëls, Celtes ou Gaulois, d'une part, et les Cymris, Cimbres ou Belges, de l'autre; — parenté qui ne nous semble rien moins que prouvée , et que nous croyons contestable, aussi bien que la couleur blonde des cheveux gaulois.