‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 203 sur 295 · PAROLE · texte numérisé non relu

PAROLE

4 (Mensonge). Il dit des mensonges. Ainsi, il se trouve dans une réunion, il se trouve dans une assemblée, il se trouve au milieu de ses parents, il se trouve au milieu d'une multitude, il se trouve à la cour du roi. On l'introduit, on invoque son témoignage: Eh! homme, lui dit-on. Ce que tu sais, dis- le.

— Lui, ne sachant rien, dit: je sais; ou bien, sachant, dit: je ne sais pas; ou encore,, n'ayant pas vu, il dit : j'ai vu ; ayant vu, il dit : je n'ai pas vu.

— C'est ainsi que, dans son intérêt personnel, ou dans l'intérêt d'autrui, ou pour obtenir tels et tels avantages, il dit sciemment des mensonges.

1 Qui sont nubile.

5 (Médisance). Il débite des médisances. Ce qu'il a entendu ici, il le répète là, pour brouiller ceux-là; ce qu'il a entendu là, il le répète ici pour brouiller ceux-ci. Ainsi, brisant l'union des uns, entretenant la division des autres, se plaisant dans les coteries, se délectant dans les coteries, se réjouissant des coteries, il tient des discours propres à faire naître des coteries.

6 (Injures). Il a la parole rude. Les paroles meurtrières (?), dures, outrageantes pour autrui, poignantes pour autrui, inspirées par la colère, incompatibles avec le calme sont celles qu'il profère.

7 (Bavardage). Il est bavard. Il parle mal à propos; il parle à faux1; il parle contrairement à l'utilité, contrairement à la discipline ; il parle à tort et à travers ; il parle hors de temps, hors de place, sans discernement. C'est ce qu'on appelle des discours inutiles.

PBN8ÉE

8 (Convoitise). 11 est en proie à la convoitise. Ce qui est à autrui, les possessions que d'autres ont amassées, il les convoite : Oh ! se dit-il, si ce qui est à celui-ci était à moi !

9 (Haine). Il est animé de mauvais vouloir ; son esprit pervers lui inspire les pensées suivantes : Que ces êtres soient tués, soient détruits, soient retranchés ! qu'ils périssent, qu'ils ne soient plus !

10 (Erreur). lia des vues fausses; ses vues sont perverties. Il se dit : il n'y a pas de sacrifice, il n'y a pas d'offrande, il n'y a pas de maturité du fruit des bonnes et des mauvaises actions. Ce monde n'existe pas, l'autre monde n'existe pas; il n'y a, pas de mère, il n'y a pas de père ; il n'y a pas d'êtres surnaturels ; il n'y a dans le monde, ni Çramanas ni Brahmanes, qui, arrivés au plus haut degré, ayant acquis la perfection et fait briller en eux-mêmes les connaissances supérieures, fassent connaître ce monde et l'autre monde.

Ce sont là, Bhixus, les dix lois (telles que) celui qui les possède est jeté dans le Niraya, (selon le courant qui) l'y emporte.

* Il ment inconsciemment. Une fausse parole dite sciemment tomberait sous la définition du n° 4.

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