RECEPTION FAITE A ÇARYA PAR LES CINQ
Ëq ce temps-là) lesBhixus du groupe de cinq étaient installés à Bénarôs, à Rsivadana, dans le bois des Gazelles. Les Bhixus du groupe de cinq virent de très loin Bhagavat. En le voyant, ils concentrèrent leurs réflexions sur ce
point, et étant bien assis (ils se dirent entre eux) : Savants doués de moralité, le Çramana Gautama est sans solidité ; il n'est pas défiguré, il est nourri par bien des gens, il a rompu son vœu, il a mangé du riz cuit, des aliments chauds, des mets de tout genre ; il s'est frotté le corps de beurre frais et d'huile de sésame, puis il l'a baigné dans l'eau douce : et le voilà qui se dirige vers nous. Il ne faut pas lui parler, il ne faut pas le saluer, il ne faut pas le satisfaire, il ne faut pas nous lever pour lui offrir un tapis ; ou bien, s'il étend pour lui-même le surplus du tapis, nous lui dirons : Ayusmat Gautama, puisqu'il y a un tapis, si tu le désires, assieds-toi ; voilà ce que nous lui dirons. — C'est ainsi qu'ils s'entretinrent.
A mesure que Bhagavat, ayant vu les Bhixus du groupe de cinq, s'avançait vers eux, avec la même gradation, les Bhixus du groupe de cinq n'ayant pas oublié la majesté, la splendeur de Bhagavat, cet air qui commande le respect, se levèrent de dessus leur tapis ; quelques-uns, en vue de la loi, lui préparèrent là un siège, d'autres lui offrirent de l'eau pour se laver les pieds et un marchepied. Quelques-uns, le recevant avec empressement, prirent son vêtement et son manteau de religieux. Ils lui disaient : Savant Gautama, viens ici ! Savant Gautama, tu es le bienvenu ! Savant Gautama, assieds-toi sur ce tapis préparé exprès pour toi.
Puis Bhagavat fit en lui-même cette réflexion : « Ah ! ces hommes fous s'étaient fait une règle, mais je l'ai renversée. » Et, se rendant bien oompte de cela dans sa pensée, il prit place sur le siège qui lui avait été préparé.
Puis les Bhixus du groupe de cinq parlèrent ensemble des signes de Bhagavat, ils parlèrent de sa naissance ; ils répétèrent tout ce que Bhagavat avait dit. Alors Bhagavat dit aux Bhixus du groupe de cinq : Vous, Bhixus, parlez ensemble des signes du Tathâgata, parlez de sa naissance, répétez ce qu'a dit l' Ayusmat ! pendant longtemps il y aura pour vous du dommage, il n'y aura pas d'avantages, il y aura de la douleur. Pourquoi cela, direzvous? C'est que, Bhixus, toutes les fois que quelques hommes parlent ensemble des signes du Tathâgata, parlent de sa famille, répètent ce qu'a dit l' Ayusmat, dans ce cas, il y a pour ces hommes, (si) grands (qu'ils soient), du dommage pour longtemps, il n'y a pas d'avantages, il y a de la douleur.
Ils lui firent cette réponse : Ayusmat Gautama, t'es- tu vu un moment privé d'obtenir, par cette règle d'autrefois, par cette conduite, par cette pratique
des austérités, la connaissance approfondie de la loi humaine supérieure et sublime, ou bien l'as- tu comprise, l'as- tu vue ? mais tu n'as pas même aperçu le terrain de la science! Et maintenant que ton inconstance est (établie), que dans mainte circonstance où tu avais à te montrer, tu t'es fait nourrir par d'autres, que tu as rompu ton vœu, que tuas mangé du riz cuit, des aliments chauds, toute espèce de provision de bouche, que tu as frotté ton corps de terre rouge et d'huile de sésame pour laver ton corps dans l'eau douce, combien n'en es-tu pas encore plus loin !
— Bhixus, voyez-vous que les couleurs du visage du Tathâgata et ses sens aient une apparence différente qui s'écarte de leur éclat d'autrefois ?
Ils répondirent : Ayusmat Gautama, cela est ainsi *.
Alors Bhagavat parla ainsi au groupe de cinq Bhixus :
Bhixus, quand on est initié, etc.