‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 244 sur 295 · II. — Le retour · texte numérisé non relu

II. — Le retour

Maintenant donc, les Bhixus, Ananda à leur tête, après que la saison des pluies fut passée, que l'automne (aussi) fut passé, quand quatre mois furent écoulés, voyant que la saison froide arrivait, dirent à la population : Nous avons passé ici quatre mois, nous allons nous lever pour nous rendre auprès du Guru. Alors, toute la population comprenant que, après l'arrivée des Bhixus, le moment de partir était venu pour eux, les congédia après les avoir bien traités de toutes les manières, révérés, honorés.

Alors les Bhixus, s'avançant de ville en ville avec assurance, arrivèrent dans une autre région . Da ns cette région vivait un (homme) très riche, qui avait de l'or et des biens i abondance, une grande opulence, des possessions très étendues; il était tr< libéral et avait un nombreux entourage; ses dispositions étaient pures ; il était dévoué à la loi, se plaisant à servir les autres, se délectant à servir les Çramanas et les Brahmanes, bien en vue par sa compassion pour les souffrants, pour ceux qui traversent la douleur : (c'était un)

* Ici finit la partie qui correspond à notre texte tibétain de l'entrée à Vaiçali. Le reste, comme nous l'avons dit, pourrait être supprimé sans inconvénient. Nous le conservons en lui donnant un titre de notre invention.

çresthi appelé Çuddhaceta *. Entouré de trente-deux femmes, il se livrait (avec elles) aux jeux (de l'amour) et au plaisir.

Ce Çresthi, témoin de l'arrivée en masse des Bhixus, comprenant qu'ils souffraient du froid fut dominé par une extrême eompassion ; il les conduisit avec toutes sortes de respects auprès d'un Agnimantha * , alluma des brandons et les leur donna. Ce Çresthi a fait beaucoup d'Agnimanthas. Il rassasia ainsi de la chaleur du feu les cinq cents Bhixus de la troupe. Après quoi, il leur donna delà nourriture; mais les Bhixus ne touchèrent pas à ces mets. Ce que voyant, le Çresthi leur dit : Pourquoi, Bhixus, n'avez-vous pas mangé la nourriture que je vous ai donnée ? Les Bhixus répondirent : Les Bhixus du Buddha ne doivent pas manger dans le temps du Yama3; la huitième nuit du soleil (? du mois) est le temps (favorable)4. — Oui, reprit le Çresthi, et il rentra dans sa demeure.

Quand la nuit fut passée, au point du jour, comme il envient, conformément à l'usage, il leur donna des boulettes de riz et leur rcn.lit toutes sortes de soins et d'honneurs. Les Bhixus, acceptant ces (dons), lui donnèrent en (échange) un enseignement pur. — Nous allons partir dirent-ils; et, après Tavoir remercié, il quittèrent ce lieu.

Sortis de là , ils se rendirent au lieu où était Bhagavat sur le Grdhrakûta. Quand ils y furent arrivés, ils saluèrent avec la tête les pieds de Bhagavat et s'assirent à peu de distance de lui.

Alors le Bhixu Ananda, s'étant levé de son siège, se plaça devant Bhagavat, et dit : Bhagavat qui sais tout, selon les ordres de ton éminence, tous les fléaux ont été apaisés dans la ville de Vaiçâlî. Après avoir accompli cela par ta puissance, nous sommes venus ici. — Bhagavat dit : Bien, bien, Ananda ! Bien, Bhixus, c'est ainsi qu'il faut s'évertuer pour le bien d'autrui.

Ananda dit encore à Bhagavat : Bhagavat, en revenant de la ville de

Vaiçâlî, nous arrivâmes à un autre pays. A notre arrivée dans cette ville, un

* Qui a des pensées pures, un esprit de pureté.

* Arbre dont le bois donne aisément du feu par le frottement ou feu allumé par ce moyen. 3 Sacrifice de la nouvelle et de la pleine lune.

A Ou : la lune est le huitième du soleil (en éclat ?). Je ne puis tiouver un feus satisfaisant aux mois du texte : sûryâstamaniçâkâlam.

Çresthi riche, voyant que nous arrivions fatigués par le vent froid (que nous avions essuyé), nous invita avec respect et commença par nous conduire à un Agnimantha, alluma du feu et nous le donna. Il y a (de lui) beaucoup d'Agnimanthas. C'est un Çresthi au plus haut degré fidèle à la loi que cet homme. Chaque fois qu'il vient des Çramanas, des Brahmanes, des Tîrtikas, il allume pour tous des brandons et les leur donne, en hiver, dans la saison froide: c'est par foi qu'il agit ainsi.

Bhagavat dit : Ils portent de grands fruits les avantages du (don d'un) brandon à l'approche des froids; ils sont semblables à l'Amrta. Ainsi de grands fruits sont attachés aux avantages du (don d'un) brandon. Écoutez, Bhixus, je vais vous le dire :

S'ils ont des habits aux formes diverses et variées, somptueux, moelleux et d'un fin duvet,

si, en hiver, dans les pièces les plus reculées de leurs demeures des biens- aimées les agacent et les étreignentdans leurs bras,

et jouent avec eux ; si des mets et des breuvages excellents aux goûts variés les flattent, c'est à ce brandon, que les rois le doivent, c'est pour eux le fruit plein de douceur du don fait à la confrérie des Bhixus.

(Ce brandon, dont le feu est) caché dans l'embrasement de la lune aux flots de flammes, qui rend un son effrayant, qui opère la destruction de la froidure et du froid,

ce brandon, pour l'avoir donné au meilleur des Munis, on est brillant de splendeur dans le monde des dieux et des hommes.

Si ceux qui marchent escortés de Gandharvas, d'Àsuras, de Kinnaras, la face resplendissante, embrassés par des beautés semblables à la lune d'automne et à la flamme de l'éclair,

vont au Svarga, le corps resplendissant, et avec des gestes voluptueux, c'est que ces héros ont fait don avec foi de brandons à la troupe des Aryas dans la saison froide. Ann. G. — B 70

Ceux qui, ayant vaincu l'ennemi, montés sur des éléphants ou deschegouvernent la terre dans toutes ses parties, [vaux,

le visage radieux, les membres chargés (d'ornements) d'or, c'est au brandon (qu'ils le doivent); c'en est pour eux le fruit.

Aussi les fils de Manu désireux d'obtenir un tel fruit en offrant des brandons, doivent faire des Agnimanthas en hiver, au temps froid, } pour les offrir aux Bhixus, à la troupe des Aryas,(et cela) constamment.

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