CRAVASTI — Dulva I, folio
Le bienheureux Buddha résidait à Çrâvasti à Jetavana dans le jardin d' Anâthapindada .
Un maître de maison de Çrâvasti prit une femme de la même caste que lui; ils jouèrent ensemble, se réjouirent, se livrèrent au plaisir... Il leur vint un fils : l'enfant naquit, fut élevé et devint grand.
Plus tard, ce fils fut tancé par son père : il fit alors celte réflexion : Ce père est difficile à égayer, et moi, je suis incapable d'observer les dispositions de son esprit ; je fuirai donc loin de lui. Il fit ensuite cette réflexion : Il est difficile de quitter le pays, et puisque les Ascètes (Çramanas) du fils de
Çâkya ont obtenu les bonnes grâces et les faveurs du prince royal, je vais me faire initier parmi eux.
Cette réflexion faite, il se rendit à Jetavana, s'approcha d'un Bhixu et lui dit: Vénérable, je désire me faire initier. — Celui-ci lui donna la formule des trois refuges et les règles de l'enseignement ; puis il adressa une demande au Bhixu qui devait l'interroger, il adressa une demande au Bhixu qui devait lui raser les cheveux et la barbe, il adressa une demande au Bhixu qui devait lui faire prendre le bain, il adressa une demande à celui qui devait lui faire pratiquer le noviciat, (dge-ts'ul-nid, condition de Çramanera.)
L'initiation terminée, il adressa une demande au Bhixu qui devait lui faire accomplir les actes, il adressa une demande au Bhixu qui devait lui enseigner les choses cachées (les mystères ?) il adressa une demande aux Bhixus qui devaient l'introduire sur le terrain dés actes. Alors il fut solennellement reçu (ysnen-par-rdzogs-pa. Sk. upasampanna *).
A ce moment, le maître de maison arriva et lit celte question: Vénérable, j'ai un fils qui est de telle et telle complexion, l'avez-vous vu? — On lui répondit : Il a été interrogé, il a eu la barbe et les cheveux rasés, il a pris le bain, il a accompli le noviciat, il a été solennellement reçu. Après avoir été solennellement reçu, il mesure l'ombre (du cadran) et indique les divisions du jour et de la nuit.
Si Ton t'enseignait les lieux, les lois de la chute (dans le mal), les lois de l'ascétisme, l'accomplissement de la pureté qui doit être le suprême objet du désir, l'ensemble des pratiques exactes qui permettent de réaliser ce qui est conforme à la moralité, l'ensemble des pratiques exactes qui réfléchissent la règle (morale), l'ensemble des pratiques exactes qui mènent à la douceur, l'ensemble des pratiques exactes qui conduisent à la satisfaction des (seuls) besoins, la réalisation de la connaissance parfaite reçue complètement sans rien oublier, l'ensemble des pratiques exactes qui conduisent au respect, la science élevée et supérieure,
Toi aussi tu deviendrais un Bhixu.
Car il est difficile d'obtenir à la fois le calme des passions et la richesse,
i Nous avons ici une eu uraé ration intéressante de toutes les épreuves par lesquelles il faut passer pour devenir membre de la coufrérie ; malheureusement le texte est bref et obscur. Chacun de ces pointa exigerait un commentaire*
ành. G. — B 12
vu la manière dont ces deux choses peuvent s'acqudrir.
C'est une chose agréable que de se faire initier,
que d'être reçu solennellement.
Le parfait Buddha le sait bien,
il Fa dit avec tous les signes de la vérité.
Quand ces paroles furent dites et que tous les procédés nécessaires à Topération avec les instructions (indispensables) eurent été réunis, les Bhixus se
levèrent.
Le maître de maison qui était venu dit : Vénérables, pourquoi vous tenezvous à part, armés d'un rasoir? Si je suis décidé à ne pas croire, ce sera pour mon fils un empêchement de pratiquer la vie pure (des ascètes). Eli bien ! quel mal y aurait -il à retarder de sept ou huit jours?
Les Bhixus soumirent le casa Bhagavat. Bhagavat réfléchit : Quelle faute, y a-t-il ici ? pensa-t-il. Eh bien ! maintenant celui qui désirera se faire initier et n'aura pas la permission de ses père et mère devra attendre sept jours. Cette réflexion faite, il dit: Désormais, Bhixus, celui d'entre vous auprès duquel viendra un homme ayant le désir de se faire initier, dont le père et la mère sont vivants, et qui n'aura pas la permission de l'un et de l'autre, le fera attendre sept ou huit jour3.
Quand cette parole eut été prononcée, il en vint d'autres avec le désir de se faire initier qui avaient la permission de leur père et de leur mère, (ou) qui (sans l'avoir) étaient d'un pays si éloigné que leur père et leur mère n'avaient jamais entendu parler (de celui où ils étaient). Ceux-là aussi les Bhixus les firent attendre sept ou huit jours, et ils ne pouvaient obtenir l'initiation, privés qui'ils étaient de la faculté d'entendre les Ayushmats enseigner à propos la loi et la discipline, retardés dans leur initiation et leur réception solennelle.
Les Bhixus soumirent le cas à Bhagavat. Bhagavat dit : « Ceux qui viennent avec la permission de leur père et mère et ceux qui viennent de pays si éloignés que leur père et leur mère n'ont pas entendu parler de celui où est leur fils, ceux-là peuvent être initiés (immédiatement) ; il n'y a point de faute en cela1.»
1 Ces deux derniers alinéas sont inintelligibles. Voir le ftota page 93.