IH
Évolution (ou É numération) duodécimale
des vérités.
1. Telle est la sublime vérité de laDOU- LEUP,ai~je dit : à ces mots, Bhixus, relativement à des lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer); l'œil naquit pour moi, la connaissance naquit, la connaissance avancée (ou la haute sagesse) naquit, la science naquit, la vue (ou la lumière) naquit.
2. Mais aussi cette douleur, cette vérité sublime, il faut la connaître complè-
1 D'après le tibétain : c'est la soif d'exister, la passion du plaisir; l'ardeur à se livrer au plaisir en toute occasion, c'est à-dire la soif des désirs, la soif de la transmigration, la soif de l'attachement (au monde) de la transmigration.
* D'après le tibétain: c'est l'absence complète de désirs par rapport à cette sorte de soif, la destruction^ le (mot effacé), la transformation individuelle, la délivrance, la sécurité relativement A la
délivrance.
j'ai dit : Voilà 1' origine de la douleur. Quand je fus bien pénétré de cette idée selon la règle, l'œil naquit pour moi, la connaissance naquit, la science naquit, le discernement naquit, le raisonnement naquit.
3. Voilà la destruction de la douleur, etc.. (Cette abréviation est dans le texte même.)
tbment, ai-je dit : à ces mots, Bhixus, relativement à des lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer), etc.
3. * La voila connue complètement, aije dit. À ces mots, Bhixus, relativement à des lois qu'on n'avait point encore entendu exposer, l'œil naquit pour moi, la connaissance naquit , la connaissance avancée naquit, la science naquit, la vue naquit*. (Manque dans le tibétain).
4. Voilà la voie qui mène à la destruction de la douleur. Quand je fus bien pénétré de cette idée selon la réalité, l'œil naquit pour moi, la connaissance naquit, la scienoe naquit, le discernement naquit, le raisonnement naquit.
4. Telle est la sublime vérité (dite) I'orioine de la douleur, ai-je dit. A ces mots, Bhixus , relativement à des lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer), l'œil naquit pour moi, la connaissance naquit, la connaissance avancée naquit, là science naquit, la vue naquit.
5. Bhixus, au sujet de lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer) avant moi, j'ai dit : Après avoir bien connu la sublime vérité de la douleur, il faut la connaître complètement. Quand je fus bien pénétré de cette idée selon la réalité, l'œil..., le raisonnement naquit.
6. Bhixus, au sujet de lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer) avant moi, j'ai dit : après avoir bien connu la vérité sublime, l'origine de la douleur, il faut l'abandonner. Quand je fus bien pénétré
de cette idée, selon la réalité, l'œil le
raisonnement naquit.
5. Et aussi cette origine de la douleur, qui est une vérité sublime, il faut l'abandonner, ai-je dit. A ces mots, Bhixus, re lativement à des lois qu'on n'avait point encore entendu exposer, etc..
6. * La voila abandonnée, ai-je dit : à ces mots, Bhixus, en présence de lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer), l'œil naquit pour moi , la connaissance naquit, la connaissance avancée naquit, la science naquit, la vue naquit \ (Manque dans le tibétain.)
7. Bhixus, au sujet de lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer) avant moi, j'ai dit : après avoir bien connu la sublime
7. Telle est la sublime vérité, la destruction de la douleur, ai-je dit. A ces mots, Bhixus, relativement à des lois qu'on
vérité de la destruction de la douleur, il faut la manifester. Quand je fus bien pénétré de cette idée, l'œil...., le raisonnement naquit.
8. Bhixus, au sujet de lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer) avant moi, j'ai dit : après avoir bien connu la sublime vérité, la voie qui mène à la destruction de la douleur, il faut la méditer. Quand je fus bien pénétré de cette idée, selon la réalité, l'œil...., le raisonnement naquit.
n'avait point encore entendu (exposer), l'œil naquit pour moi, la connaissance naquit, la connaissance avancée naquit, la science naquit, la vue naquit.
8. Mais encore, cette destruction de la douleur, cette vérité sublime, il faut la manifester, ai- je dit. A ces mots, Bhixus, relativement à des lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer), etc.
9. Bhixus, au sujet de lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer) avant moi, j'ai dit : maintenant que cette vérité sublime, l'origine de la douleur est bien connue, la voila complètement connue.
Quand je fus bien pénétré de cette idée, selon la réalité, l'œil...., le raisonnement naquit.
9. * La voila manifestée, ai-je dit. A ces mots, Bhixus, relativement à des lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer), l'œil naquit pour moi, la connais-
sance naquit, la connaissance avancée naquit, la science naquit, la vue naquit \ (Manque dans le tibétain.)
10. Bhixus, au sujet de lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer) avant moi, j'ai dit : maintenant que cette vérité sublime, l'origine de la douleur est bien connue, la voila abandonnée. Quand je fus bien pénétré de cette idée, selon la réalité, l'œil...., le raisonnement naquit.
1 1 . Bhixus, au sujet de lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer) avant moi, j'ai dit : maintenant que cette vérité sublime de la destruction de la douleur est bien connue, la voila manifestée. Quand je fus bien pénétré de cette idée, selon la réalité, l'œil...., le raisonnement naquit.
12. Bhixus, au sujet de lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer) avant moi, j'ai dit : maintenant que cette vérité sublime, la voie qui mène à la destruction de la douleur est bien connue, la voila
10. Telle est la sublime vérité (appelée) la voie qui mène à la destruction de la douleur, ai-je dit. A ces mots, Bhixus, relativement à des lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer), l'œil naquit pour moi, la connaissance naquit, la connaissance avancée naquit, la science naquit, la vue naquit.
11. Mais aussi cette voie qui mène à la destruction de la douleur, cette sublime vérité, il faut la méditer, ai-je dit. A ces mots, Bhixus, relativement à des lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer), etc..
12. * La voiLA méditée, ai-je dit. A ces mots, Bhixus, relativement à des lois qu'on n'avait point encore entendu (exposer), l'œil naquit pour moi, la connaissance naquit, la connaissance avancée na-
méditée. Quand je fus bien pénétré de quit, la science naquit, la vue naquit \ cette idée, selon la réalité, l'œil naquit..., (Manque dans le tibétain.) le raisonnement naquit.
§111 (IV) • Conséquences de révolution duodécimale,
1. Bhixus, aussi longtemps que cette évolution duodécimale, qui fait ainsi tourner trois fois ces quatre vérités sublimes n'avait pas fait naître (en moi) l'œil, la connaissance, la science, le discernement, le raisonnement, aussi longtemps je n'aspirais pas à être délivre de ce monde avec ses dieux, avec son Brahmâ et son démon, des hommes avec leurs ascètes (çramanas) et leurs brahmanes, (de cette agglomération) de dieux et d'hommes : la pensée du départ (ou de la sortie), du détachement, de la délivrance absolue, de l'affranchissement de l'erreur, ne pouvait abonder en moi. Bhixus, je n'avais pas cette conscience intime qui fait dire : Je suis un Buddha parfait, en possession de la Bôdbi complète, qui n'a rien au-dessus d'elle.
2. (Mais), Bhixus, à partir du moment où l'évolution duodécimale qui fait tourner trois fois ces quatre vérités sublimes fit naître en moi l'œil, la science, le discernement, le raisonnement, à partir de ce moment, la pensée d'être délivré de ce monde avec son cortège de dieux, avec Brahmâ et le démon, des hommes avec leurs ascètes et leurs brahmanes, (de cette agglomération) de dieux et d'hommes, la pensée de la sortie, du détachement, de la délivrance absolue, de l'affranchissement de l'erreur, abonda en moi, Bhixus, j'eus alors la conscience intime qui fait dire : Je suis un Buddha parfait, en possession de la Bôdhi complète, qui n'a rien audessus d'elle.
§ IV Conséquences de révolution duodécimale.
1. Aussi longtemps, Bhixus, que je n'avais pas fait ainsi tourner trois fois ces quatre vérités sublimes sous douze faces, et que (par conséquent) la vue de la connaissance telle qu'elle est, ne m'était pas parfaitement pure, pendant tout ce temps , Bhixus, je ne pouvais, dans ce monde, avec ses dieux, son Brahmâ, son Mâra (démon), en présence de ces créatures composées d'ascètes et de brahmanes, de dieux et d'hommes, me rendre ce témoignage : je suis un parfait Buddha, arrivé à la Bôdhi, complète, qui n'a rien audessus d'elle.
2. Mais, Bhixus, à partir du moment où je fis tourner trois fois sous douze aspects divers, ces quatre vérités sublimes, en sorte que la vue de la connaissance, telle qu'elle est, devint parfaitement pure, alors, Bhixus, dans ce monde, avec ses dieux, son Brahmâ, son Mâra, en présence de ces créatures mêlées de Çramanas et deBrahmânes, de dieux et d'hommes, je me rendis ce témoignage que je suis un parfait Buddha, doué de la Bôdhi complète, qui n'a rien au-dessus d'elle. Aussi la connaissance, la vue (ou la vue de la connais sance, d'après le tibétain, et peut être même d'après le pâli), est-elle née pour moi, ma délivrance est inébranlable ; je suis à ma dernière naissance ; je né reviendrai pas à l'existence.
(Nota. Au lieu de « dieux et hommes », il faudrait dire « rois et sujets », d'après la traduction birmane, qui rend dêva par samuti-nat. La traduction tibétaine dit bien « rois, chefs des hommes», mais seulement pour rendre le mot pcy'dya, « créature : » elle supprime aussi le mot Brahmanes, et cela dans les deux paragraphes. Le premier de ces paragraphes, d'un sens si clair et si net en lui-même, est inintelligible dans la traduction tibétaine : et au second, la fin diffère notablement du pâli ; elle dit : cette science m'est apparue, j'ai une délivrance comme il n'y en a pas eu auparavant; j'ai obtenu le Nirvana, de manière à ne plus reprendre désormais aucune existence).
Ainsi parla Bhagavat ; les cinq Bhixus pleins de joie, se réjouirent du discours de Bhagavat '.
§IV (Y) Conversions et prodiges.
1. A cet exposé de la loi, l'œil de la loi sans poussière et sans tache naquit pour l'Ayusmat Kaundinya et pour quatre-vingt mille dieux bien préparés.
2. Puis Bhagavat adressa ces paroles à l'Ayusmat Kaundinya : comprends- tu bien la loi? — Très bien, Bhagavat. — Kaun dinya, comprends-tu bien la loi? (la) comprends-tu? — Très bien, oui, très bien, Sugata.
Parce que l'Ayusmat Kaundinya avait très bien compris la lo i , à cause de cela,
Conversions et prodiges.
1. Pendant l'exposé de cette révélation, l'œil delà loi, sans poussière et sans tache, naquit pour l'Ayusmat Kondanya (ou en tibétain, Kaundinya). Dès qu'on possède la loi de l'origine, on possède la loi de la destruction.
2. Au moment même où Bhagavat venait de faire mouvoir la roue de la loi, les dieux de la terre firent entendre leur voix, Bhagavat, dirent-ils, a fait mouvoir, à Bénarès (Bàrânasi), à Bsipatana (Isipatana), dans le Mrgadâva (Migadâya), la roue de la loi [qui n'a rien au-dessus d'elle, et qui n'avait point encore tourné], cette roue que ni Çramana, ni Brahmane, ni
i Phrase qui ne se trouve pas dans tous les textes palis et qui doit être une interpolation, car elle ne répoud pas bien à ce qui suit. Il faut la considérer comme une simple indication que le sûtra finit ici en réalité.
le nom de Ajnâtâ (Kun-çes « qui connaît bien ») Kaundinya lui demeura attaché.
3. « L' Ay usmat Kaundinya a bien compris la loi ! » A ces mots, les Yaxas, qui sont à la surface de la terre, élevèrent la voix : Compagnons, Bhagavat, à Bénarès (Vârânaçi), à Rsivadana, dans le bois des Gazelles, a fait tourner en trois fois sous douze faces diverses la roue de la loi qui renferme la loi : nul être au monde, ascète ou brahmane, ne l'avait encore fait tourner, tant soit peu, selon la loi, et c'est pour le bien d'un grand nombre d'êtres, par affection (ou compassion) pour le monde, en vue de l'avantage, de l'utilité, du bien des dieux et des hommes, qu'il- l'a fait tourner : la tribu des dieux prend de l'ac-
dieu, ni Mâra, ni Brahmâ, ni personne au monde n'aurait pu mettre en mouvement.
La parole des dieux terrestres fut entendue par les dieux (de la région) des quatre grands rois qui la répétèrent : Bhagavât l'a fait mouvoir à Bénarès, à Rsi patana, dans le Mrgadâva, cette rou»e de la loi qui n'a rien au-dessus d'elle, et [qui n'avait point encore tourné], cette roue que ni Çramana, ni Brahmane, ni dieu, ni homme, ni personne au monde n'aurait pu mettre en mouvement.
La parole des dieux (de La région) des quatre grands rois fut entendue des dieux Trayaçtrinçat (Tâvatimsâ) ; des dieux Yamas ; — des dieux Tusitâ (Tussitâ) ; — des dieux Nirmânaratayas (Nimmânarati) ; — des dieux Parinirmitavaçavartinas (Parinimmitavasavatti), qui la répétèrent successivement (en ces termes) : Bhagavat l'a mise en mouvement à Bénarès, à Rsipatana, dans le Mrgadâva, cette roue qui n'a rien au-dessus d'elle, [qui n'avait point encore tourné], et que ni Çramana, ni Brahmane, ni dieu, ni Mâra, ni Brama, ni personne au monde n'aurait pu faire mouvoir.
3. A ces mots, en cet instant, en ce moment, à la minute, la voix pénétra jusqu'au monde de Brahmâ, et ce monde, avec ses dix mille éléments, trembla, trembla fortement, fut violemment secoué. Une clarté immense et merveilleuse apparut dans le monde, clarté qui dépassa la puissance divine des dieux (d'après le tibétain : la vi gilance, l'étonnement, la lumière se manifestèrent dans les mondes).
[Cette manifestation ayant eu lieu dans les mondes, après que Brahmâ eut entendu exposer la loi (ou mieux : après avoir entendu Brahmâ exposer la loi), les dieux rentrèrent chacun dans sa demeure.]
croissement, celle des Asuras décline. » Telle est la voix qui fut entendue.
La voix des Yaxas de la surface de la terre fut entendue des Yaxas qui se promènent dans le ciel, puis successivement des dieux de la section des quatre grands rois ; — des dieux Trayaçtrinçat ; — des dieux Y amas; — des dieux Tusitas ; — des dieux Nirmânaratayas ; — des dieux Paianirmitavaçavartinas. Et de ceux-ci, en cet instant, en ce moment, à la minute, à l'instant même, elle retentit dans les régions du monde de Brahmâ, et les dieux de la section de Brahmâ la répétèrent à leur tour : compagnons, Bhagavat, à Béî.arès, à Rsivadana, dans le bois des Gazelles, a fait tourner trois fois sous douze faces la roue de la loi qui renferme la loi ; nul au monde, ascète ou brahmane, dieu ou démon, ou Brahmâ, ne l'avait fait tourner si peu que ce fût conformément à la loi ; et c'est pour l'utilité d'un grand nombre d'êtres, par compassion pour le monde, en vue de l'utilité, de l'avantage, du bien des dieux et des hommes qu'il l'a fait tourner. Aussi la tribu des dieux grandit-elle visiblement, tandis que celle des Asuras décroit complètement. Telle fut la parole qui retentit.
4. Parce que Bhagavat avait fait tourner, à Bénarès, à Rsivadana, dans le bois des Gazelles, en trois fois sous douze aspects différents, la roue de la loi qui renfermci.t la loi, à cause de cela, la dénomination de a mise en mouvement de la roue de la loi » (Dharma-cakra-pravartanam) resta attachée à cet exposé de la loi.
(Dulva, Abhiniskramanasûtra, Dharmacakra.)
Pin du Dharma-cakia-sûtra (Dharma-cakra.) Anh. G. — U
4. Ensuite Bhagavat prononça cet udàna (éloge ou réflexion) :
Tu comprends bien, vraiment, Kaundinya (Kondaîia) ! Tu comprends bien, vraiment, Kaundinya!
(D'après le tibétain : c'est parce que tu comprends bien, Kau dinya , c'est par ceux qui comprennent bien (que ces phénomènes ont été produits.)
A cause de cela, le nom de Ajuâtâ- Kaundinya (Anâtâ Kondanô) resta à TAyusmat Kaundinya.
[FinduDharma-cakra-pravartana-sûtra.]
L'enseignement des quatre vérités fut répété nombre de fois parle Buddha; c'était un thème favori sur lequel il revenait sans cesse. Mais la première fois qu'il le donna, il ne réussit à convertir qu'une seule personne, Ajnâtâ- Kaundinya. Gela est dit dans nos textes' et dans le récit du volume IV du Dulva. Après cette prédication, il y eut, outre Bhagavat, un seul Arhat, Ajfiâtà-Kaundinya (V. ci-dessus p. 20). Les quatre compagnons d'Ajnâtâ- Kaundinya avaient été émus, préparés, non gagnés. Pour les convertir, pour en faire des Arhats, il fallut un nouveau discours que le Kandjour met immédiatement à la suite de l'enseignement des quatre vérités. Mais, avant d'y arriver, nous devons donner la traduction d'un petittexte relatif aux quatre vérités.