SUTRA DES QUATRBS VERITES SUBLIMES
- Mdo XXVI, 13, folie* 267-8 —
En dehors duDharma-cakra-pravartanam, il y a peu de sûtrasqui paraissent exclusivement consacrés à l'exposition des vérités. Le 13° chapitre du Phal-chen, dont le titre tibétain répond au sanscrit Arya-satya est du nombre des textes qu'on peut considérer comme rentrant dans l'exception. Mais nous n'en connaissons ni l'étendue ni le caractère. Nous sommes mieux renseignés sur un petit sûtra, le 13e du volume XXVIe du Mdo, le volume même où se trouve le Dharaïa-cakra. Ce sûtra, intitulé : Catu-satya sûtra (« Sûtra des quatre vérités ») mérite de prendre place à côté de la prédication de Bénarès : il n'a pas la même autorité ni les mêmes développements, mais il est plus court et plus simple. En voici la traduction :
En langue de l'Inde : Arya-catu-satya-sût7*a.*E\\ langue de Bod: Hpïiagspa-vden-pa-wji-i mdo. Sûtra des quatre vérités sublimes (ou des quatre vérités des Aryas).
Adoration à tous les Buddhas et Bodhisattvas.
Voici le discours que j'ai entendu une fois. — Bhagavat se trouvait sur le soir avec une grande assemblée de Bhixus entre la ville de Pâtaliputra et Ràjagrha, â la résidence royale de la forêt de bambous (Nàlada).
Puis Bhagavat dit aux Bhixus : Bhixus, moi et vous, tant que nous n'avions pas par nous-mêmes connu, vu, reçu intérieurement, et raisonné point par point les quatre vérités sublimes, nous tournions en courant dans le long chemin d'ici -bas.
Quelles sont ces quatre vérités? — Moi et vous, tant que nous n'avions pas par nous-mêmes connu, vu, reçu intérieurement et raisonné point par point la sublime vérité de la douleur, nous tournions en courant dans le long chemin d'ici-bas. — Moi et vous, tant que nous n'avions pas vu, etc., I'origine de la douleur, cette vérité sublime, nous tournions en courant dans le long chemin d'ici-bas. Moi et vous tant que nous n'avions pas vu, etc., la sublime vérité, I'extinction de l'origine de la douleur, nous tournions en courant dans le long chemin d'ici-bas. — Moi et vous, tant que nous n'avions pas vu, etc., la sublime vérité, la voie qui tend à l'extinction de l'origine delà douleur, nous tournions en courant dans le long chemin d'ici-bas.
Bhixus, j'ai réglé et ordonné point pa? point mon jugement d'après la vérité sublime de la douleur ; j'ai retranché la soif de l'existence ; j'ai anéanti la naissance circulaire : maintenant donc, il n'y a plus (pour moi) de nouvelle existence. — J'ai réglé et ordonné point par point mon jugement d'après cette vérité sublime, I'origine de la douleur, etc., il n'y a plus pour moi de nouvelle existence. — J'ai réglé et ordonné point par point mon jugement,
selon cette vérité sublime, I'extinction de l'origine de la douleur, etc il
n'y a plus pour moi de nouvelle existence. — J'ai réglé et ordonné point par point mon jugement, selon cette vérité sublime, la voie qui tend à l'extinction de l'origine de la douleur, etc il n'y a plus pour moi de nouvelle existence.
Ainsi parla Bhagavat. Quand le Sugata eut prononcé ce discours, le maître fit entendre cet autre discours :
Moi et vous, aussi longtemps que par nous-mêmes
nous n'avions pas vu (face à face)
les quatre vérités sublimes,
nous tournions dans le long chemin ;
Mais, après avoir vu ces vérités , grâce à la suppression de la soif de l'existence. grâce à l'anéantissement de la naissance circulaire, il n'y a plus maintenant d'autre existence.
Ainsi, parla Bhagavat, et les Bhixus s'étant réjouis, louèrent hautement l'exposé fait par Bhagavat. — Fin du sûtra des quatre vérités sublimes.