AVANT-PROPOS
« Voici le seul portrait d'homme, peint exactement d'après nature et dans toute sa vérité, qui existe, et qui probablement existera jamais. Qui que vous soyez, que ma destinée ou ma confiance ont fait l'arbitre du sort de ce cahier, je vous conjure par mes malheurs , par vos entrailles, et au nom de toute l'espèce humaine, de ne pas
iiéantir un ouvrage unique et utile, lequel peut servir de première pièce de comparaison ^our l'étude des hommes, qui certainement est encore
commencer ; et de ne pas ôter à l'honneur de
ma mémoire le seul monument sûr de mon caractère qui n'ait pas été défiguré par mes ennemis.
« Enfin , fussiez-vous vous-même un de ces ennemis implacables , cessez de l'être envers ma cendre, et ne portez pas cette cruelle injustice jusqu'au temps où , ni vous , ni moi, ne vivrons plus ; afin que vous puissiez vous rendre au moins une fois le noble témoignage d'avoir été généreux et bon, quand vous pouviez être malfaisant et vindicatif : si tant est que le mal qui s'adresse à un homme qui n'en a jamais fait ou voulu faire, puisse porter le nom de vengeance. »
PREFACE ou INTRODUCTION.
« J'ai remarqué souvent que, même parmi ceux qui se piquent le plus de connoître les hommes, chacun ne connoît guère que soi , s'il est vrai mêmeque quelqu'un se connoisse; car, comment bien déterminer un être par les seuls rapports qtii sont en lui-même , et sans le comparer avec rien? Cependant, cette connoissance imparfaite qu'on a de soi est le seul moyen qu'on emploie à connoître les autres. On se fait la règle de tout,
et voilà précisément où nous attend la double illusion de Tamour-propre : soit en prêtant faussement à ceux que nous jugeons les motifs qui nous auroient fait agir comme eux à leur place ; soit dans cette supposition même, en nous abusant sur nos propres motifs, faute de savoir nous transporter assez dans une autre situation que celle où nous sommes.
« J'ai fait ces observations surtout par rapport à moi, non dans les jugements que j'ai portés des autres , m'étant senti bientôt une espèce d'être à part , mais dans ceux que les autres ont porté de moi ; jugements presque toujours faux dans les raisons qu'ils rendoient de ma conduite, et d'autant plus faux pour l'ordinaire , que ceux qui les portoient avoient plus d'esprit. Plus leur règle étoit étendue, plus la fausse application qu'ils en faisoient les écartoit de l'objet.
« Sur ces remarques, j'ai résolu de faire faire à mes lecteurs un pas de plus dans la connoissance des hommes, en les tirant, sMl est possible, de cette règle unique et fautive de juger toujours du cœur d'autrui par le sien ; tandis qu'au contraire il faudroit souvent, pour connoître ïe sien même, commencer par lire dans celui d'autrui. Je veux tâcher que, pour apprendre à s'apprécier, on puisse avoir du moins une pièce de comparaison ;
que chacun puisse connoître soi et un autre , et cet autre, ce sera moi.
«Oui, moi, moi seul, car je ne connois jusqu'ici nul autre homme qui ait osé faire ce que je me propose. Des histoires , des vies , des portraits , des caractères ! Qu'est-ce que tout cela ? Des romans ingénieux bâtis sur quelques actes extérieurs, sur quelques discours qui s'y rapportent , sur de subtiles conjectures où l'auteur cherche bien plus à briller lui-même qu'à trouver la vérité. On saisit les traits saillants d'un caractère , on les lie par des traits d'invention, et pourvu que le tout fasse une physionomie, qu'importe qu'elle ressemble? Nul ne peut juger de cela.
(( Pour bien connoître un caractère, il y faudroit distinguer l'acquis d'avec la nature, voir comment il s'est formé , quelles occasions l'ont développé, quel enchaînement d'affections secrètes l'a rendu tel, et comment il se modifie pour produire quelquefois les effets les plus contradictoires et les plus inattendus. Ce qui se voit n'est que la moindre partie de ce qui est ; c'est l'effet apparent dont la cause interne est cachée et souvent très-compliquée. Chacun devine à sa manière et peint à sa fantaisie; il n'a pas peur quon confronte l'image au modèle; et comment nous feroit-on connoître ce modèle inté-
rieur, que celui qui le peint dans un autre ne sauroit voir, et que celui qui le voit en lui-même ne veut pas montrer?
« Nul ne peut écrire la vie d'un homme que lui-même. Sa manière d'être intérieure , sa véritable vie n'est connue que de lui ; mais en l'écrivant il la déguise; sous le nom de sa vie, il fait son apologie; il se montre comme il veut être vu, mais point du tout comme il est. Les plus sincères sont vrais tout au plus dans ce qu'ils disent, mais ils mentent-parleurs réticences; et ce qu'ils taisent change tellement ce qu'ils feignent d'avouer, qu'en ne disant qu'une partie de la vérité ils ne disent rien.
« Je mets Montaigne à la tête de ces faux sin- • res qui veulent tromper en disant vrai. Il se montre avec des défauts , mais il ne s'en donne que d'aimables ; il n'y a point d'homme qui n'en n'ait d'odieux. Montaigne se peint ressemblant, mais de profil. Qui sait si quelque balafre à la joue ou un œil crevé du côté qu'il nous a caché , n'eût pas totalement changé la physionomie? Un homme plus vain que Montaigne, mais plus sinère, est Cardan, Malheureusement, ce iftême >>ardan est si fou qu'on ne peut tirer aucune instruction de ses rêveries. D'ailleurs, qui voudrait
aller pêcher de si rares instructions dans dix tomes in-folio d'extravagances ?
(( Il est donc sûr que si je remplis bien mes engagements, j'aurai fait une chose unique et utile. Et qu'on n'objecte pas que n'étant qu'un homme du peuple, je n'ai rien à dire qui mérite l'attention des lecteurs. Cela peut être vrai des événements de ma vie ; mais j'écris moins l'histoire de ces événements en eux-mêmes que celle de l'état de mon âme , à mesure qu'ils sont arrivés. Or, les âmes ne sont plus ou moins illustres que selon qu'elles ont des sentiments plus ou moins grands et nobles, des idées plus ou moins vives et nombreuses. Les faits ne sont ici que des causes occasionnelles. Dans quelque obscurité que j'aie pu vivre, si j'ai pensé plus et mieux que les rois , l'histoire de mon âme est plus intéressante que celle des leurs.
« Je dis plus. A compter l'expérience et l'observation pour quelque chose, je suis, à cet égard, dans la position la plus avantageuse où jamais mortel peut-être se soit trouvé , puisque , sans avoir aucun état moi-même , j'ai connu tous les états : j'ai vécu dans tous, depuis les plus bas jusqu'aux plus élevés, excepté le trône. Les grands ne connoissent que les grands, les petits ne connoissent que les petits. Ceux-ci ne voient les pre-
niiers qu'à travers radniiration de leur rang, et n'en sont vus qu'avec un mépris injuste. Dans des rapports trop éloignés, l'être commun aux uns et aux autres, l'homme, leur échappe égaleraient.
« Pour moi, soigneux d'écarter son masque, je l*ai reconnu partout, J'ai pesé, j'ai comparé leurs goûts respectifs , leurs plaisirs , leurs préjugés , leurs maximes. Admis chez tous comme un homme sans prétention et sans conséquence , je les examinois à mon aise : quand ils cessoient de se déguiser, je pouvois comparer l'homme à l*homme, et l'état à l'état. N'étant rien, ne voulant rien , je n'embarrassois et n'importunois personne; j'entrois partout sans tenir à rien, dînant quelquefois le matin avec les princes et soupant le soir avec les paysans.
« Si je n'ai pas la célébrité du rang et de la naissance, j'en ai une autre qui est plus à moi et que j'ai mieux achetée , j'ai la célébrité des malheurs. Le bruit des miens a rempli l'Europe; les sages s'en sont étonnés , les bons s'en sont affligés : tous ont enfin compris que j'avois mieux connu qu'eux ce siècle savant et philosophe ;^'avois vu que le fanatisme qu'ils croyoient anéanti n*éioit que déguisé; je l'avois dit avant qu'il jelât
le masque (*) : je ne m'attendois pas que ce seroit moi qui le lui ferois jeter. L'histoire de ces événements, digne de la plume de Tacite, doit avoir quelque intérêt sous la mienne. Les faits sont publics, et chacun peut les connoître, mais il s'agit d'en trouver les causes secrètes. Naturellement personne n'a dû les voir mieux que moi ; les montrer, c'est écrire l'histoire de ma vie.
((Les événements ont été si variés, j'ai senti des passions si vives, j'ai vu tant d'espèces d'hommes, j'ai passé par tant de sortes d'états, que dans l'espace de cinquante ans, j'ai pu vivre plusieurs siècles, si j'ai su profiter de moi. J'ai donc, et dans le nombre des faits et dans leur espèce, tout ce qu'il faut pour rendre mes narrations intéressantes; peut-être malgré cela ne le serontelles pas; mais ce ne sera point la faute du sujet, ce sera celle de l'écrivain. Dans la vie en ellemême la plus brillante, le même défaut pourroit se trouver.
(( Que si mon entreprise est singulière, la position qui me la fait faire ne l'est pas moins. Parmi mes contemporains, il est peu d'hommes dont le nom soit plus connu dans TEurope et dont Tin-
(*) Voyez la préface de mon premier Discours, imprimé en 1750.
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dividu soit plus ignoré. Mes livres couroient les villes, tandis que leur auteur ne couroit que les forêts. Tout me lisoit, tout me critiquoit, tout parloit de moi, mais dans mon absence; j'étois aussi loin des discours que des hommes : je ne savois rien de ce qu'on disoit. Chacun me figuroit à sa fantaisie , sans crainte que Toriginal vînt le démentir. Il y avoit un Rousseau dans le grand monde, et un autre dans la retraite, qui ne lui ressembloit en rien.
« Ce n'est pas qu'à tout prendre j'aie à me plaindre des discours publiés sur mon compte (*) : s'ils m'ont quelquefois déchiré sans ménagement, souvent ils m'ont honoré de même. Cela dépendoit des diverses dispositions où le public étoit sur mon compte, et selon ses préventions favorables ou contraires, il ne gardoit pas plus de mesure dans le bien que dans le mal. Tant qu'on ne m'a jugé que par mes livres, selon l'intérêt et le goût de mes lecteurs , on n'a fait de moi qu'un être imaginaire et fantastique, qui changeoit de face à chaque écrit que je publiois.
(*) J'écrivois ceci en 1764, âgé déjà de cinquante-deux afes, et bien éloigné de prévoir le sort qui m'attendoit à cet âge. J'aurois maintenant trop à changer à cet article ; je n'y changerai rien du tout.
« Mais quand une fois j'ai eu des ennemis personnels, ils se sont formé des systèmes selon leurs vues, sur lesquels ils ont de concert établi ma réputation, qu'ils ne pouvoienttout à fait détruire.
« Pour ne point paroître faire un rôle odieux, ils ne nVaccusoient pas de mauvaises actions, vraies ou fausses, ou s'ils m'en accusoient, c'étoit en les imputant à ma mauvaise tête, de façon toutefois qu'on crût qu'à force de bonhomie, ils preijioient le change, et qu'on fît honneur à leur cœur aux dépens du mien. Mais en feignant d'excuser mes défaites, ils chargeoient sur mes senti ments, et paraissant me voir dans un jour favorable, ils savoient m'exposer dans un jour bien différent.
« Un ton si adroit devint commode à prendre. De l'air le plus débonnaire, on me noircissoit avec bonté ; par effusion d'amitié, l'on me rendoit haïssable; en me plaignant, on me déchiroit. C'est ainsi qu'épargné dans les faits, je fus cruellement traité dans le caractère, et qu'on parvint à me rendre odieux en me louant. Rien n'étoit plus différent de moi que cette peinture. Je n'étois pas meilleur, si l'on veut, mais j'étois autre. On ne me rendoit justice ni dans le bien, ni dans le mal; en m'accordant des vertus que je n'avois
pas, on me faisoit un méchant, et, au contraire, avec des vices qui n'étoient connus de personne, je me sentois bon. A être mieux jugé, j'aurois dû perdre parmi le vulgaire, mais j'aurois gagné parmi les sages, et je n'aspirai jamais qu'aux suffrages de ces derniers.
« Voilà non-seulement les motifs qui m'ont fait faire cette entreprise, mais mes garants de ma fidélité à l'exécuter. Puisque mon nom doit durer parmi les hommes, je ne veux point qu'il y porte une réputation mensongère; je ne veux point qu'on me donne des vertus ou des vices que je n'avois pas, ni qu'on me peigne sous des traits qui ne sont pas les miens. Si j'ai quelque plaisir à penser que je vivrai dans la postérité, c'est par des choses qui me tiennent de plus près que les lettres de mon nom : j'aime mieux qu'on me connoisse avec tous mes défauts et que ce soit moimême, qu'avec des qualités controuvées, sous un personnage qui m'est étranger.
<( Peu d'hommes ont fait pis que je n'ai fait, et jamais homme n'a dit de lui-même ce que j'ai à dire de moi. Il n'y a point de vice de caractère dont l'aveu ne soit plus facile à faire que ^elui d'une action noire ou basse, et l'on peut être assuré que celui qui ose avouer de telles actions avouera tout. Voilà la dure, mais sûre preuve de
ma sincérité. Je serai vrai; je le serai sans réserve; je dirai tout : le bien, le mal, tout enfin. Je remplirai rigoureusement mon titre, et jamais la dévote la plus craintive ne fit un meilleur examen de conscience que celui auquel je me prépare; jamais elle ne déploya plus scrupuleusement à son confesseur tous les replis de son âme, que je vais déployer tous ceux de la mienne au public. Qu'on commence seulement à me lire sur ma parole ; oo n'ira pas loin sans voir que je veux la tenir.
ic II faudroit, pour ce que j'ai à dire , inventer un langage aussi nouveau que mon projet; car quel ton, quel style prendre pour débrouiller ce chaos immense de sentiments si divers, si contradictoires , souvent si vils et quelquefois si sublimes, dont je fus sans cesse agité? Que de riens, que de misères ne faut-il point que j'expose? Dans quels détails révoltants , indécents , puérils et souvent ridicules ne dois-je pas entrer pour suivre le fil de mes dispositions secrètes, pour montrer comment chaque impression qui a fait trace en mon âme y entra pour la première fois? Tandis que je rougis seulement à penser aui choses qu'il faut que je dise, je sais que des hommes durs traiteront encore d'impudence riiumiliation des plus pénibles aveux; mais il
faut faire ces aveux ou me déguiser; car si je tais quelque chose , on ne me connoîtra sur rien , tant tout se tient, tant tout est un dans mon caracère , et tant ce bizarre et singulier assemblage a besoin de toutes les circonstances de ma vie pour être bien dévoilé.
« Si je veux faire un ouvrage écrit avec soin comme les autres , je ne peindrai pas, je me farderai. C'est ici de mon portrait qu'il s'agit et non pas d'un livre. Je i^ais travailler pour ainsi dire dans la chambre obscure ; il n'y faut point d'autre art que de suivre exactement les traits que je vois marqués. Je prends donc mon parti sur le style comme sur les choses. Je ne m'attacherai point à le rendre uniforme ; j'aurai toujours celui qui me conviendra, j'en changerai selon mon humeur sans scrupule; je dirai chaque chose comme je la sens , comme je la vois , sans recherche, sans gêne, sans m'embarrasser de la bigarrure.
« En me livrant à la fois au souvenir de l'impression reçue et au sentiment présent, je peindrai doublement l'état de mon âme, savoir au moment où l'événement m'est arrivé et au moment où je l'ai écrit; mon style inégal et naturel, tantôt rapide et tantôt diffus, tantôt sage et tantôt fou, tantôt grave et tantôt gai, fera lui-même
partie de mon histoire. Enfin , quoi qu'il en soit (le la manière dont cet ouvrage peut être écrit , ce sera toujours par son objet un livre précieux pour les philosophes : c'est, je le répète, une pièce de comparaison pour l'étude du cœur humain, et c'est la seule qui existe.
« Voilà ce que j'avais à dire sur l'esprit dans lequel j'écris ma vie, sur celui dans lequel on la doit lire, et sur l'usage qu'on en peut tirer. Les liaisons que j'ai eues avec plusieurs personnes me forcent d'en parler aussi librement que de moi. Je ne puis me bien faire connoître que je ne les fasse connoître aussi ; et l'on ne doit pas s'attendre que, dissimulant dans cette occasion ce qui ne peut être tu sans nuire aux vérités que je dois dire, j'aurai pour d'autres des ménagements que je n'ai pas pour moi-même. Je serois pourtant bien fâché de compromettre qui que ce fût; et la résolution que j'ai prise de ne point laisser paroître de mon vivant ces mémoires est un effet des égards que je veux avoir pour mes ennemis en tout ce qui n'intéresse pas l'exécution de mon dessein. Je prendrai même les mesures les plus certaines pour que cet écrit ne sôit publié que quand les faits qu'il contient seront par trait de temps devenus indifférents à tout le monde, et je le déposerai en des mains assez sûres pour qu'il
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n'en soit jamais fait aucun usage indiscret. w Pour moi» je serois peu puni qu'il parût de mon vivant même, et je ne regretterois guère l'estime de quiconque pourroit me mépriser après l'avoir lu. Je dis de moi des choses trèsodieuses et dont j'aurois horreur de vouloir m'excuser; mais aussi c'est l'histoire la plus secrète de mon âme, ce sont mes confessions à toute rigueur. Il est juste que ma réputation expie le mal que le désir de la conserver m'a fait faire. Je m'attends aux discours publics , à la sévérité des jugements prononcés tout haut, et je m'y soumets. Mais que chaque lecteur m'imite, qu'il rentre en lui-même comme j'ai fait, et qu'au fond de sa conscience il se dise, s'il l'ose : Je suis meilleur que ne fut cet homme-là. »
Le bibliothécaire de Ncucliàtel donne quelques variantes qui existent dans le manuscrit où se trouve 17wtroduction qu'on vient de lire. En général, elles n'ont pas une bien grande importance, et ne font qu'appuyer inutilement sur certains détails, sur certaines impressions. ^
Un nouveau témoignage de Texlréme et injuste méfiance de Rousseau envers ses contemporains et môme les amis dépositaires de ses manuscrits, qui ne lui
avaient jamais donné aucun sujet de suspicion, est ce paragraphe inachevé écrit en regard du titre, inspiré par le sentiment de crainte qui se fait remarquer- dans Y Avant-propos :
« Ces cahiers, pleins de fautes de toute espèce et que je n'ai pas même le temps de relire, suffisent pour mettre tout ami de la vérité sur sa trace, et lui donner les moyens de s'en assurer par ses propres informations'. Malheureusement, il me paraît difficile et même impossible qu'ils échappent à la vigilance de mes ennemis. S'ils tombent entre les mains d'un honnête homme... ■»
Qu'il faut avoir souffert pour arriver à ce degré de découragement et de défiance !
On sait que les papiers de Rousseau, déposés par lui entre les mains de son ami du Peyrou, de Neuchàtel, sont aujourd'hui la propriété de la bibliothèque publique de cette ville.
M. Bovet a publié pour la première fois la Préface qu'on vient de lire dans la Revue suisse, numéro d'octobre 1830.
Je l'ai reproduite le premier en France dans le feuilleton du journal VEvénement (19 et 20 juin 1851).
A. DE B