‹ Fragments intimes et romanesquesChapitre 2 sur 40 · TBENTE EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE HOLLANDE · texte numérisé non relu

TBENTE EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE HOLLANDE

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PRÉFACE

Le volume que nous présentons aujourd'hui au public, et qui continue la série des écrits inédits laissés par Ernest Renan, offre un caractère assez particulier. Les éditeurs, jusqu'ici, se sont toujours abstenus, estimant par là rester dans le caractère de l'œuvre qu'ils avaient à compléter, de publier des projets ou des morceaux inachevés, quel que fût par ailleurs leur intérêt documentaire. Ce pourra être le travail de l'avenir de chercher, dans le fonds de papiers classés et déposés à la lîibliothèque Nationale, les éléments d'une étude approfondie sur cette illustre pensée. Les éditeurs ne se sont proposé que de mettre au jour, dans un ordre rationnel et avec les éclaircissements nécessaires, les œuvres ayant une beauté propre, ou servant à expliquer, avec une absolue sincé-

II PREFACE

rite, toutes les périodes du développement, tous les côtés de l'activité intellectuelle et morale de l'écrivain.

On trouvera cependant dans le présent recueil un grand nombre de fragments, dont la publication se justifie, croyons-nous, par un intérêt exceptionnel. Plusieurs demandent quelques explications. Dans presque tous (car les projets de roman sont des autobiographies), c'est l'histoire de sa jeunesse que raconte Renan, d'une manière qui rejoint les Lettres du Séminaire et les Lettres hitimes, peut-être avec plus de naïveté encore. On a donc groupé autour de Patrice, le plus important de ces morceaux, et déjà connu du public, tout ce qui, en quelque sorte, se trouvait le plus près du cœur et de la vie personnelle de l'homme et du penseur. La courte et délicieuse Invocation à Ernestine a -été placée en tête comme pour dédier à ce petit être disparu ces échos d'un passé déjà lointain, mais encore présent à ceux qui sentent et qui pensent. Ernest Renan aimait particulièrement cette petite fille qui lui naquit, après son fils Ary, le 20 juillet 1859, et qu'il perdit peu de mois après, le 20 février 1860.

Patrice a été écrit à Rome en 1849, au cours d'un voyage en Italie que Renan fit à l'âge de

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