Eraest Renau était toujours ù Saint-Nicolas
l'individu. La maladie de Monseigneur de Saint-Brieuc m'a fait naître une drôle de pensée : si M. Dupanloup allait devenir évêque de Saint-Brieuc, comme cela a déjà pensé arriver pour un autre diocèse, ce serait une affaire un peu comique pour nous deux. Mais assurément, c'est là fiction très gratuite.
» Rien de nouveau parmi nous, tout va sur le même pied. Mes condisciples sont les mêmes, et je te promets qu'ils ne t'ont pas oublié. Girard, Teffe et Féron me demandent souvent de tes nouvelles. Quand nous serons vieux (si toutefois nous le sommes jamais) je crois que nous rirons volontiers de cette singulière année que nous aurons passé ensemble à Paris dans notre jeunesse; nous en sommes trop rapprochés pour nous en égayer. Je n'ai pas songé à adresser à Garot la question que tu me faisais sur son frère; mais je serais pour ma part assez porté à donner la victoire à ton adversaire, dussé-je blesser les droits sacrés de l'amitié. Je suis même presque certain qu'il ne reçut pas à la fois plusieurs ordres sacrés.
» Je te prie de dire mille choses affectueuses à tous [mes] anciens condisciples, qui sont
encore les tiens. X'oubliepas aussi M. OUivier, qui sans doute aura ressenti bien vivement la perte de notre ami commun, le cher Gu3'omar. Je regarde comme une des faveurs les plus insignes que j'ai reçues de Dieu, d'avoir pu connaître un jeune homme d'une si grande vertu : j'espère qu'il prie dans le ciel pour la conversion de son ancien ami Ernest.
» Pour toi, mon cher, n'oublie pas, je t en supplie, l'affection que je t'ai toujours portée, etne crains pas que jamais elle s'altère. J'avais deux amis, le bon Dieu m'en a enlevé un, que sa volonté soit faite, puisqu'il m'en reste encore un autre, dont je connais l'affection et le bon cœur. Ainsi donc, mon bon l.iart, adieu, en attendant les vacances.
» ERNEST RENAN
« A propos! Mille pardons de ma négligence! Figure-toi que j'ai dans ma malle une redingote que je crois être la tienne. Elle y est depuis assez longtemps : que dois-je en faire? »
Monsieui^,
Monsieur Liart, en philosophie, au Grand Séminaire,
Saint-Brieuc.
Paris, 24 février 18il.
« xMon cher Liart,
» Je reçois ta sublime lettre; tu me reproches ma néi?liifeiice à t'écrire, tu as raison ; à l'instant, je te réponds.
» Il paraît que la philosophie aime fort à s'allier avec la rhétorique, ou du moins que tu sais merveilleusement les unir, car tu as orné la belle épître dont tu viens de me régaler, d'une prosopopée magnifique, et, je t'avoue, d'un prodigieux elfet. Cette évocation de tous les grands hommes se réunissant pour accabler le faible et téméraire détracteur de l'éloquence, m'a frappé de terreur, car les traits de la peinture étaient si frappants, les reproches qu'ils m'adressaient étaient si foudroyants, que j'en
LETTRES A L FA riT. 165
ai été terrassé. C'en est fait, tu m'as converti. C'est sans doute dans les foudres de la logique que tu as composé ces foudres de raisonnement, par lesquels tu renverses le chétif et misérable échafaudage de mes déclamations ; je l'avoue, j'avais bonne opinion de toi sous tous les rapports, mais je ne te croyais pas si éloquent. Grand Dieu ! tu m'as presque monté au ton lyrique... Immortel Bossuet, quel rival pour toi !
» Mais tout franchement, tu m'as converti. Il est vrai que la conversion avait déjà été préparée. Figure-toi que cette belle déclamation, dans laquelle j'avais déchargé tout le venin de mon âme, avant de te parvenir, a été vue par M. le Supérieur, qui probablement a été informé par M. Millault de la curiosité de la pièce, très rare en son genre, et avant même que tu l'eusses reçu, on m'en parlait de toutes parts. De là plusieurs conversations très amicales, où il m'a développé fort au long une réfutation méthodique du beau morceau, dont je ne prétendais faire part qu'à toi seul. Mais ce n'était là que le corps du discours, et j'avoue qu'il allait presque me laisser inflexible, si la
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péroraison pathétique et sublime que tu es venu y ajouter, n'avait porté le dernier coup à mon àme ébranlée. A toi donc la gloire de ma conversion! Mais dis-moi, je t'en prie, où vastu donc chercher ces belles figures, ces phrases magnifiques, qui abondent sous ta plume? Je voudrais bien que tu m'apprisses ton secret pour que je puisse en profiter,
» Du reste, la classe de rhétorique commence (il faut le dire sans rancune) à être fort intéressante. On rit assez pour pouvoir supporter 11- fardeau de la vie (j'avais envie de te faire une belle phrase, et je n'ai pu réussir. Le mot vie est cent fois trop court pour finir une période. Tu vois ma pauvreté...) Tiens! je vais m'en venger en te racontant deux belles anecdotes, l'une vient de se passer sous mes yeux et à mes oreilles, l'autre a eu lieu hier, mardi gras, et je puis t'en affirmer l'authenticité; j'en ai été témoin oculaire, non auriculaire. Je commence par cette dernière.
» Première anecdote, très piquante. — Tu connais sans doute une jolie petite pièce de (Iresset, intitulée le Lutrin vivant, qui donne assez dans le comique; eh bien! c'est pareille
LKTTRES A LIART. 107
chose que je vais te raconter. Ne te scandalise pas : c'était le mardi gras (circonstance atténuante). Or donc, hier mardi gras, nous assistions, selon l'antique usage du séminaire, à la grand'messe dans l'église paroissiale Saint- Nicolas du Chardonnet. Tu sais jusqu'à quel point les épigràmmes du Lutrin de Boileau peuvent s'appliquer aux chantres et autres officiants de cette belle paroisse; mais ce n'est là que le préambule, voici mon histoire. Le hasard voulut que ce jour-là il manquât un personnage important dans les cérémonies de la paroisse, un sixième indut^ M. le curé, fertile en expédients, envoie chercher un enfant de chœur : on affuble l'honorable marmot, ce fut l'affaire dun moment. Mais le pauvre enfant, soit distraction, soit une autre cause, avait oublié de se précautionner contre les besoins «le la nature. On en était déjà au Credo, lorsque l'importune nécessité devint plus pressante que jamais. Que faire? Il tourne de toutes parts son œil inquiet, et aperçoit notre professeur,
1. Nom donné aux ccclésiasliciucsqui assistcnl aux messes liaUtes, revêtus d'auhcs et do luniiincs, pour servir le diacre et le snus-diai-rc.
M. Duchesne, qui non loin de là lisait son bréviaire. Alors il lui fait des doigts ce joli petit craquement (tu sais bien, je me rappelle que tu avais une aptitude particulière pour ce signe) « Msieu, Msieu, lui dit-il, je ne puis plus me retenir. » — Eh bien! allez vite, répondit M. Duchesne avec un sérieux imperturbable, et le marmot de s'enfuir avec une ardeur inconcevable, et d'aller je ne sais trop où retourner le feuillet.
» Autre. — Hier, M. le directeur de l'Académie ' papillonnait, rossignolait dans la cour, selon son habitude, autour de son ami, M. Bernard Garot. C'était merveille de le voir. Je ne sais à quel propos M. B. Garot prononça le mot stoique. M. le directeur, qui n'est pas très malin en histoire, et qui du reste a une âme très candide, se scandalisa de ce mot nouveau pour lui; il s'imagina, je crois, que c'était un jurement, et peu s'en fallut qu'il ne s'écriât : « Ne blasphémez pas, Dieu! » Mais prenant son ton sucré : « Toujours, mon bon ami. vous avez des mots nouveaux et extraordinaires, ainsi aujourd'hui en classe, vous parliez du scepticisme; ces
mots-là m'ont l'air suspect. » Tu vois que notre académie, au moins dans son chef, est sévère sur le chapitre du néolof^-isme.
» (Ne cherche pas de transition, s'il te plaît).
» J'aurai soin de te garder ta redingote. Je l'ai confrontée avec le signalement que tu me donnes dans ta lettre, et je l'ai trouvée à peu près conforme. Je m'étonne cependant que la marque du n°4 ait disparu. Enfin, je te l'apporterai en tout cas, et tu verras ce que tu auras à faire. »
Lundi 1" mars.
« Voilà une certaine interruption de temps, mon bon ami, mais je crois que l'unité n'est pas rigoureuse pour les lettres, surtout pour celles que l'on s'écrit entre amis. J'ai été hier à Notre-Dame entendre M. de Ravignan : je ne l'ai jamais trouvé si beau, peut-être parce que je ne l'ai jamais si bien compris. Voici la proposition du discours : Le cliristianisme, c'est l'Église, l'Église, c'est le cliristianisme; il l'a prouvé par la nature mémo du christianisme,
parle bon sens, par l'histoire, par les Pères, et a
réfuté avec une grande vigueur le S3^stèrae de certaines écoles modernes qui ont voulu séparer ces deux noms inséparables. Il a poussé sa preuve par le bon sens et la raison avec une force incroyable, et il en a tiré le plus beau mouvement oratoire que j'aie entendu. Tout l'auditoire en a été vivement saisi. Nous espérons bien que nous aurons encore cet éloquent prédicateur pour nous prêcher notre retraite. Mais j'ai eu il y a peu de jours un effroyable dépit : M. Lacordaire prêchait à Notre-Dame et nous n'y avons pas été. Il est vrai que la manière de ce dernier n'est pas exempte de défauts, et surtout de mauvais goût, mais il a tant de réputation que je ne puis me résoudre à croire qu'elle ne soit pas tant soit peu méritée.
» Il paraît que la philosophie prend tous les jours de nouveaux charmes pour toi. J'en suis enchanté pour toi et pour moi. J'étais bien aussi de ton avis sur l'union de la rhétorique et de la philosophie, et ce que j'ai vu depuis quelque temps en fait de préceptes m'a bien confirmé, .l'en ai même des exemples sous les yeux. Nous avons dans notre classe plusieurs
nouveaux qui ont déjà fait un ou deux ans de philosophie, et qui, avec de très grands moyens, ont hien de la peine à réussir. Pourquoi? Ils disent eux-mêmes que c'est pour s'être livrés trop exclusivement à cette étude, et avoir oublié entièrement la littérature, au sortir de leurs classes. Il paraît qu'il est bien difficile, quand on est lancé dans ces hautes spéculations, d'avoir encore quelque temps à donner à des études moins sérieuses, quoique peut-être plus attrayantes; du moins, c'est ce qu'ils m'ont appris; cependant, je prends souvent la résolution de ne jamais cesser de lire ces admirables auteurs que nous avons entre les mains, Tacite, Bossuet, Horace, etc. Mais peut-être, quand j'y serai, ne penserai-je plus à mes belles résolutions.
» Nous avons expliqué ces jours-ci en classe deux morceaux qui m'ont fait la plus grande impression. Le premier est un fragment du Proméihée d'Eschyle; je n'ai jamais rien vu de plus terrible, ni de plus gigantesque. Je t'engage bien, si tu en as jamais l'occasion, à lire quelques fragments et ce morceau, aussi bien que tous ceux du même auteur, pour lequel je me
suis pris d'une belle passion. L'autre est un morceau de TertuUien. Quej'aime cet hommelà! Je ne m'étonne plus de l'admiration que professait Bossuet pour ce dur Africain. C'est une force et une verdeur de génie, dont rien ne peut te donner l'idée, si tu ne l'as pas encore lu. C'est le premier morceau que j'en explique ; mais j'espère que ce ne sera pas le dernier que je lirai.
» Tu as eu bien tort de croire d'après un passage de ma dernière lettre que j'allais rester jusqu'aux vacances prochaines sans t'écrire. Dieu m'en préserve, mon bon ami! Dieu te préserve aussi de rester jusque-là sans me répondre. Je suis encore chargé par plusieurs rhétoriciens de te dire mille choses amicales : Alfred Foulon m'en a spécialement chargé, et m'a demandé l'honneur de mettre l'adresse à ta lettre ; franchement, je ne crois pas que ce soit pour faire parade de son talent de calligraphe, il n'y a pas de quoi : regarde comme c'est droit. Enfin, j'espère qu'elle t'arrivera, et c'est tout ce qu'il faut.
» Adieu, mon excellent ami, adieu, mon bon Liart, aime-moi toujours, souviens-toi de ton
ami exilé, et qui soupire après le plaisir de t'embrasser.
» ERNEST RENAN
VIIÏ
Monsieur l'abbé Liarl,
au Séminaire
Saint-Brieuc.
Issy, 6 Qovembre 1841.
« Tu trouveras peut-être, mon cher Liart, que j'ai bien tardé à t'envoyer ton excorporation'; mais je voulais attendre la parfaite conclusion de l'aiïaire, et être certain que tu avais reçu la fatale pièce avant de m'en entretenir avec toi. Enfin je sais maintenant que tu l'as reçue; M. Dupanloup est venu aujourd'hui à Issy voir ses anciens enfants, et m'a annoncé qu'il te l'avait expédiée. Dieu soit loué, mon pauvre ami, maintenant tu es sur de ton affaire et sans inquiétude.
1. Acte par lequel un évè([U(' déclare ([u'un prùlre ue fait plus partie do son diocèse. Il s'agissait pour l'abbé Liart de passer dans le diocèse de Saiiit-lirieuc.
Pour moi, j'ai la plus vive joie de te savoir délivré; car j'en souffrais d'autant plus, que je m'accusais d'en être en partie la cause. Maintenant n'y pensons plus : ceci soit dit sans conséquence pour l'avenir dont je ne m'occupe guère : il y aura tant de changements, d'ici au temps où nous pourrions être réunis. A quoi bon s'inquiéter pour des choses si incertaines et soumises à tant de circonstances imprévues? Espérons donc, mon bon ami, et vivons tranquilles. M. Dupanloup ne m'a pas dit s'il avait répondu à la seconde partie de ta lettre; je n'ai pas osé le lui demander; tu me le diras dans ta prochaine. J'ai remis tes trente francs à M. Garot, actuellement économe du séminaire. » Voilà les affaires, mon cher Liart, causons maintenant un peu. 0 mon Dieu! que j'ai de choses à te dire ! Si tu savais tout ce qui m'est passé par la tête et par le cœur depuis que je t'ai quitté! Voilà bien assurément le mois le plus singulier de ma vie. Passer de la Bretagne à Paris, de la vie de vacances à celle du séminaire, des étourdissements du voyage à tomber au beau milieu d'une retraite; voilà, il faut l'avouer, des transitions un peu brusques.
Néanmoins, à part la première impression de mon arrivée, et quelques petits moments un peu durs à avaler, tout n'a pas été trop mal. Quand j'arrivai à Iss)^ la retraite était commencée de la veille. Une retraite de huit jours après trois mois et demi de vacances! Mais heureusement, les retraites se font ici très simplement et très facilement. On passe presque tout le temps dans sa chambre, et sauf la différence des études, la vie est à peu près la même qu'en temps ordinaire. D'ailleurs j'avais pour consolation le plaisir de retrouver tous mes condisciples, qui déjà étaient au complet. Personne ti'a manqué à l'appel, sauf ceux qui l'avaient annoncé, et qui sont : Meigneux, Hersen, Duchesne et Gordon. Si, d'une part, la retraite était sérieuse, je t'assure du moins qu'en récréation les conversations ne l'étaient pas trop.
» Dureste, mon cherami, j'ai éprouvé depuis trois semaines combien sont faux les jugements de l'opinion, et combien on se tromperait en agissant d'après eux. Cet Issy, dont on se faisait des monstres à Saint-Nicolas, est une maison où l'on est mille fois mieux qu'à Saint-
Nicolas, où l'on mène une vie fort douce et fort agréable. Du reste, comme je crois te l'avoir dit, c'est un bonheur pour nous que de ne pas nous en être formé d'abord une idée trop avantageuse : nous avons été moins difficiles à contenter, et en effet, de tous les rliétoriciens de l'an dernier, il n'en est pas un seul qui ne se trouve ici fort bien. On y vit dans une honnête liberté, sous le régime d'un règlement assez large, et sans la moindre gêne ni contrainte. C'est même ce qui caractérise Issy. Chacun y marche comme il veut, sans qu'on se mêle de lui, au moins en apparence. D'abord, cela m'a semblé un peu froid; mais ensuite j'en ai senti les avantages. MM. les Sulpiciens sont tous d'une bonté et d'une politesse extrêmes. Le plus petit élève est traité comme un homme raisonnable. Jamais on ne vous dit rien, quand même on vous trouverait en opposition flagrante au règlement. Tu trouveras peut-être singulier que je compte pour un avantage la facilité de manquer au règlement. Je suis bâti comme cela; il suffit que je me sache forcé au bien pour que ce bien me soit pénible. M. le Supérieur (M. Gosselin) est un homme d'une
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finesse extraordinaire. Il a un tact et une délicatesse admirables, joints à une grande vivacité d'esprit. Il y joint la plus grande érudition; c'est une vraie forêt de choses. Aussi tout ce qu'il dit est d'une rare solidité, toujours appuyé sur l'Ecriture Sainte ou les Pères. Il ne s'écliaulîe pas comme AI. Dupanloup, mais sa logique est plus serrée et le fonds est bien plus riche. AI. Tresvaux me conseilla de le prendre pour directeur : ne connaissant personne, j'ai suivi son conseil, et je m'en suis bien trouvé. Ce choix est ici de la plus grande importance ; le directeur est tout pour chaque élève.
» Ce qui m'a encore frappé en arrivant ici, c'est la ténacité à conserver les usages et par suite, l'originalité parfois comique, de certaineschoses. Les temps ontchangé, mais Saint- Sulpice est encore tel que AI. Olier'. VoiLi ce qui fait paraître singuliers certains usages, et qui fait qu'on n'y vit pas comme les autres chrétiens. Nous sommes en retard d'au moins deux siècles. Ainsi, par exemple, à la lecture
1. Joau-Jacqucs Olier, curé ;i Paris (1608-1637) fondateur de la compagnie de SaiiU-Sulpice et du séminaire de ce nom.
du règlement, il y a des articles où il est à'îlsage de rire, parce qu'en effet, ils sont fort risibles; ainsi, par exemple, celui qui défend d'assister à la messe en pantoufles, et ainsi de suite. Ajoutez à cela qu'on est entouré d'antiquités : la maison est si vieille qu'on s'attend un beau jour à la voir crouler, les escaliers sont couverts de peintures les plus comiques du monde, et les corridors sont comme un musée d'images toutes plus drùles les unes que les autres. Je t'assure que les nouveaux ont de quoi s'en égayer. Il n'y a de beau ici que le parc et les chapelles. Chacune d'elles est un vrai petit bijou, et il y en a à n'en pas finir, au moins deux ou trois à chaque étage, sans compter celles du parc, qui pour sa part en a quatre ou cinq, cela à cause du grand nombre de prêtres qui se trouvent", soit ici, soit à la Solitude ', et qui, disant leurs messes presque en même temps, ont besoin chacun de leur chapelle. Quant au parc, tu sais combien il est agréable; pour moi, je l'ai trouvé plus délicieux que jamais. Quelle différence avec la petite cour de Saint-Nicolas!