‹ Fragments intimes et romanesquesChapitre 35 sur 40 · Psaumes, LXXII, i · texte numérisé non relu

Psaumes, LXXII, i

notre jeune temps, c'est toi qui me fis aimer la vertu, oh! oui, tu vis encore; jamais je ne me résoudrai à croire le contraire. Je t'ai senti encore me parler. Pauvre ami, comme je t'ai été infidèle, comme il y a eu des orages dans mon esprit depuis nos entretiens d'autrefois! Très sainte Vierge, qui avez été notre mère commune, et sous les auspices de qui s'est formée notre amitié, gardez-moi, car je suis perdu, si je suis abandonné à moi-même. Mon Dieu ! ne permettez pas que rien ne me dépouille jamais des sentiments élevés et de l'amour du vrai qu'il vous a plu de mettre dans mon cœur! C'est le christianisme qui m'a fait ce que je suis, n'aurait-il été pour moi qu'un pédagogue d'enfant? Je me donne, je me consacre à lui. Hodie privilégia clérical ia sortiti estis * . Privilégia clericalia, c'est-à-dire se faire moquer, huer et pis peut-être; tant mieux, cela prouve que cela est la vérité; c'est là sa vraie condition parmi les hommes Doininus pars hsereditalismeœ et calicis mel; tu es qui restitues hœreditatem meani mihi. Vraiment, je remercie le bon Dieu

1. Paroles adressées par l'évèque aux nouveaux clercs tonsurés.

des douceurs qu'il m'a données à cette réception de la tonsure; elles ont été solides, senties, peu mélangées, et cependant je l'avais bien peu mérité, car vraiment j'avais fait une singulière retraite. Il est vrai que je cherchais le vrai de tout mon cœur. Je ne croyais pas que mon cœur roide fut si flexible aux sentiments doux de la piété. Gratias Deo super inenarrabili dono ejus\

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