‹ Fragments littéraires (volume 2)Chapitre 45 sur 62 · DE LA MÊME PRINCESSE A LA MÈRE AGNES ARNAULD · texte numérisé non relu

DE LA MÊME PRINCESSE A LA MÈRE AGNES ARNAULD

Ce jour de tous les Saints.

Vous ne m'auriez pas prévenue, ma chère mère, et je vous aurois appris la malheureuse affaire sur laquelle vous m'écrivez ^, si cette affaire même ne m'en avoit empêchée. Elle m'a fait venir ici avec tant de précipitation, et

^ Probablement mademoiselle des Vertus. Il semble pourtant que cette demoiselle devait être alors à Port-Royal.

« Vîllefore donne plusieurs fragments de celle lettre, qu'il date du l" novembre 1669.

* L^aiTiire de son fils le comte de Sainl-Paul.

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f i^.T 3t. teRemect altéra ma «nte que tuut <?gfa^. pnoft eaifeavra» oà fji tinà engagée pour €Eefliiijriii9r. ^^ sele |rg{€C €£é irnifis na feiiflîp^. ^jok tout c^k tfiiiMiMg afa <9tt^ fe^ pmrvQcr ^ I& laisr <2e wms éenxK^ Je k Iqb mafsa[té£%ax ifumyas: j t*a au fibvt ^^ol, et cesfc ce ipô jt mt waoi (& pas t^ote» ks pavtKiiiHrâlB Je

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a ia proTidcnoe^ et ^bonifie pédi» «ot d^Des de to» ces £anille. et encnve de tflolc» le Entes qK j

dks sont sai» noBiJite. et j'ai si mal hâk de 1»iibcs <pÊtje ne pins mVmpèclier de Toir daiieineiit devant Dîen «fn'elks sont di^vennes très-nmmaiggw Ain», jenaaiai ^w le mal de to«ife cette aTi^utore et je n'en retirerai point le siKC» que j'en ensâer po tirer » j ensse efé moins^ liwiinf que je ne Hii^ J'admire les ji^^ements des bomme? qoi ne meloBt pasFii^niticerdeeriMreqiieje sois de concert a^ec moD ietxfod fik et aree 3(L mon frère, et disent qat je sois folle en ce que je sacrifie ma maison a des jcmpnles rilieole». Les gel» de lyien cDnTÎeniient de cette prétendue fofir, maif il* m'en estiment darantage, etcroientqne c e^ cctlr /c4ie de b croix* qoi est sagesse derant Dien, qnicst le principe de mes action*. Hais Dien, qui Toit le Ibnd de mon cceoFfjiigebîendeinoiaiitrementqiie tons les kommcss ^ qoe ceict qui parlent inal et qcie cens qtii parleiitbîen deiDoi; et sll est frai qu'il ne roit pa» en mf^i les grands manqnements que les tins r soupçonnent, il est irtai anssi qnH n y

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vôît pas le bien dont les autres sont édifiés. Il juge ma justice et voit qu'elle est accompàgfnée de tant <ie fautes qu'elle éh est défigurée. Elle Test à mes yeux propres, qui sont si peu clairvoyants; comment donc ne le seroit-elle pas aux éiéhs qtri voient les défauts lés plus imperceptibles ! Je vous âvone que je s>uî^ bien mal satisfaite de moi, et que je vois très-clairètniént datis les occasions que je n'ai qu'une vertu extérieure, et qui ne me fournit aussi que les devoirs extérieure. Priez Dieu, pour rùoî, qu'il réforine le fond de mon cœur; car s'il ne mé fàît cette grâce, toute ma vie ne sera qu'une vraie hypocrisie.

Je n'ai plus rien à faire ici sur l'affaire de mon fils, ainsi je m'en retourne à lacampagne. Je vous confesse qu'en Tétât où je suis, ce m'a été une assez grande dureté à porter de n'y pas ramener avec moi mademoiselle des Vertus qui, étant ma seule consolation en ma vie, me paroissoit assez nécessaire présentement; mais comme il la faut plus aimer pour elle que pour moi, je n'ai pas cru lui devoir donner la peine qu'elle eût eue à me refuser si j'eusse exigé d'elle le retardement de sa retraite. Il est vrai que j'aurois souhaité infiniment que la mienne eût pu être exécutée en même temps, et que je me suis fait une grande violence de consentir qu'elle pie prévînt. J'espère que cet effort que je me suis fait en ce qui regarde ma consolation fera qu'elle ne me refusera pas au moins ce qui regardera mon besoin, et qu'elle voudra biep revenir, quand il sera temps, pour m^aidér à achever celles de mes affaires que je ne puis faire sans elle. Je veux espérer que vous l'y porterez vous-même, si elle avoit besoin d'y être excitée par quelque antfé chose que par son affection pour moi, et par la con- Ubis^aneé qu'elle a du besoin que j'aurai de son assistance dat^ toutes les choses qui me restent encore à démêler avec mes enfants. J'attends cela de votre charité pour moi, et

SSd tETTfiES INÉDITES

tombée dans son accident qui a étc sain de fièvre; elle est petite, mais tout est grand à une personne aussi infirme qfn'elle, et tout le paroit aussi à ma tendresse poqr elle ; c^elst |>onrquoi je m'en vais la trouver cet après-dl- Aéf. Je ta ^ecTmmande à vos prières et à celles de nos îMtfH éi sbédré <{tie je salue ici avec votre permission. ik y\etti de Recevoir votre dernière lettre avec d'autres de Tkfli^ cpii m*ap|>rennent la levée du siège de Candie, sans (fttf[ en Coûté aucune goutte de sang chrétien; car les Tores, SBéhàht le secours de France arrivé, n'en ont pas voulu attendre lé choc, et ont demandé la paix aux Vénittanà ; Vôitt Meh de quoi louer Notre-Seigneur.

Terminons par une lettre datée du 9 avril 1673, c'est-à-dire, après la mort de la mère Agnès Arnauld, et adressée à une religieuse de Port-Royal qui n*est pas nommée, soit la mère Angélique de Saint-Jeani soit une autre, sur un miracle opéré par Tintercession de M. Pavillon, évêque d'Aleth.

Paris, ce 9 avril 1673.

Ma rëvërende mère,

M. de la Vei^ne ' a écrit une lettre à mademoisdle (k Portti <}ui lui apprend un miracle de monseigneur d^A»

dv nUibclU, Son coiur fui déposé aux Carmélites et son corps in- ImHié à Sainf^André, sa paroisse.

^ ^r M« X^SM de la Vergne et mademoîsefie de Portes, Toycé W Sin^himki «n mêtf^i^^f 49 i^prf-aoys/, p. 523-538 > et dans le êm^ 4$ jf)09U une lettre de Sainte Marthe sur la mort de Tabbé ^P h V«r|n«« Il fyt le directeur de la marquise de Porlest, de VMfb|n« U priiictsse de Coati, ami de M. PaTÎUon et de Bl Ara«uld« puis

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leth, qu'il dit savoir de votre part, et il me semble qixë e^est un enfant qui ne marchoit point. Ce miracle paroii t^ès-grand et digne de la curiosité des personnes qui honpreient |a vertu de ce grand serviteur ^e Di^; n^ai^ plus il est grand, plus il est à désirer de ne le point publiéi* qu^il ne soit extrêmement vérifié; car Dieu rfa qdp faire de nos mensonges pour être hont^ré, et soïi' seirVftéur a trop aimé sa vérité pour vouloir tirer sa gloire d^uné ebese qui s'en éloigneroit tant soit peu. Je m^adresse doUé ^ vous pour vous prier de faire perquisition ésacte 4e rhistoire, et si ^le se trouve véritable de la faire vérifiier p^r des personnages qui la sachent exactement et de m'envoyer ensuite là relation qu'on en aura faite. Si la mère de la personne sur laquelle le mirade a été opéré le peut certifier, ce éera une fort bonne chose d'avoir sa signature. Je croîs que vous prendrez cette peine de bon cœur, puisqu'il y va de la manifestation d'un saint que vou9 avez honoré, et de la gloire de Dieu qui veut autant qi|e ses nierveilles ne soient point détenues dans le silence quand il daigne les opérer, qu'il veut qu'on n'en supposé p'éfnt de douteuses quand il ne veut pas en édifier TÉglise. Je ireus prie donc d'y observer toutes choses, et de me feîré ce plaisir de me le faire savoir. Je salue ici les bonnei sfsp^ qui ont été à feu madame la princesse de Conti, et me recommande à leurs prières et à celles, ^e votfe cpinmunauté. Ne m'oubliez pas dans les vôtres, et me croycSB tout à vous en N. S. J. C.

liÉl^rtÈS A M. MAKGEIi , CURÉ DE SJLINT-JACQTJÉé

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