‹ Fragments littéraires (volume 2)Chapitre 48 sur 62 · A. DE BOURBON · texte numérisé non relu

A. DE BOURBON

Je n'ai pas voulu faire de consultation là-dessus, parce

* VîUefore a donné depuis : On ne peut pat se faire des amis, etc., jusqu'à iwr dei règlet qu'il iait et qu'il retpecte par eoméquent.

958 uniis

^pe je sais sofifisammeitt mfonnéepoiirflK résoudre, et ^oeje ae doute point dn

Les aatres lettres n'étant point datées, nous noos bomons'à les placer ici dans Focdie ou eQes sont dans le manuscrit.

AU MiXE.

De Port-Bo3ply le 30 mai

...Je reçus hier si tard votre lettre qoe je n'ai pn communier aujoardli ai, joint que ma santé m'a nécessité de prendre quelque chose, parce que j'aTois essayé de jeûner hier, ce que je ne pub plus faire impunément. Cette impuissance-là et d'esprit et de corps à une peisonne qui a tant eu le pouvoir de mal faire est assurément un état bien humiliant. On ne voit guère de saints qui ayant pn faire et fait beaucoup de maux aient été privés de la puissance de les réparer...

AU MEME

De Trie, ce 30 juillet

J'ai reçu vos deux lettres de Villeterre et de Pontoisc. Je n*y trouve rien de trop que vos remercîments. Je vous dois tout ce que vous avez reçu ici, et vous ne devez me savoir fjré que du bon cœur avec lequel on vous Fa rendu. Vos priôrcs me sciviront h accomplir vos instructions; je vous les demande donc surtout pour le 2 du mois qui vient. Demandez par elles a Dieu que je ne me rende pas

DE MADAME LA DUCHESSE DE LONGUEVILLE. 3Bt

indigne de la grande grâce qu'il m'a faite ce jour-là i. Ces années-là me doivent être si précieuses que je ne' veux pas que vous en croyiez une de moins; il y en aura donc vingt-trois dimanche. Si je les compte devant les hommes, je ne les compte pas devant Dieu, estimant qu'elles sont bien plus vides en bien que celles qui les ont précédées ne Vont été en mal. Je vous donne le bonjour, et suis toute à vous en N. S. Jésus-Christ.

AU MÊME

. . . Je voudrois fort que mes prières fussent assez bonnes pour être utiles à vos deux pénitents, car je m'en trouverois aussi bien qu'eux; mais dans la vérité je ne suis pas -digne de servir aux autres puisque je ne me sers pas à ^noi-méme; ce que je vous dis de l'abondance de mon leœur, étant étonnée au dernier point de passer des journées entières devant Dieu à l'église sans avoir aucun sentiment de sa présence. J'ai regardé cela tout du long du salut comme une excommunication que Dieu fait à mon égard en me séparant de lui intérieurement lorsque les hommes ne le font pas extérieurement et me laissent dans l'église. Priez-le donc pour moi, car dans la vérité cet état est terrible et effrayant.

AU MÊME

De Port-Royal, le 28 juillet.

Je vous envoyai hier une lettre pour N. Je vous donne

* Allusion au jour solennel où , à Moulins, auprès de sa tante madame de Montmorency, dans le couvent des filles de Samte- Marie et auprès du tombeau de son oncle , elle se décida sérieuse-

donc ma voix pour elle, et vous ferez de mon nom ce qui sera utile pour votre charité. Il est vrai que je ne vous ai pas écrit là-dessus, car j'ai eu de si grandes vapeurs ces derniers jours-ci que je n'ai pu le faire, et j'ai bien cru que çan'étoit pas nécessaire, parce que vous comprendriez bien que j'approuverois tout ce que vous résoudriez pour la charité. Comme j*ai dit à N. que j'avois communié le jour de Sainte-Madeleine, et que j'étois dans le dessein de le faire vendredi, il ne m'a pas pressée de le faire aujourd'hui. SU n'y a voit pas été, j'aurois communié suivant votre ordre j ce sera donc pour vendredi, s'il plait à Dieu. J'espère que vous ne m'oublierez pas ce jour-là, ni même aujourd'hui, et que vous demanderez à Dieu avec bien de la ferveur que je sois véritablement sortie de l'Éçypte et que je n'y retourne jamais. La maladie de M. d'Alèth me tient dans une peine incroyable, non-seulement pour l'intérêt de rÉglise et le mien en g^énéral, mais pour le mien en particulier. J'aurois des consultations à lui faire encore que je ne pouvois confier à la poste; je les lui allois envoyer par N., il me les auroit renvoyées par N.; et s'il meurt, je serai toute ma vie en scrupule sur des choses bien imporportantes. Je l'avois consulté déjà ; mais les changements qui sont arrivés dans ma famille en ont apporté aux décisionsque M .d'Aleth avoit faites, de sorte que sur un nouvel état il falloit un nouvel avis. Si Dieu ne permet pas que j'aie les avis de ce saint homme, je craindrois que ce soit un jugement sur mes péchés; car, comme M. d'Aleth savoit la suite de toutes mes affaires, joint à ce que ses avis sont toujours plus droits que tous les autres et calment mieux mon esprit, j'attendois beaucoup de repos par cette voie,

ment à changer de vie. Voyei Villefore, t II, p. 2, etc. Il a donné quelques lignes de cette lettre, p. 6.

et même beaucoup de sûreté, de sorte que je suis dans une extrême inquiétude. Je la mérite bien, et c'est ce qui me fait craindre en toutes occasions, parce que je suis convaincue que je mérite tous les châtiments que Dieu me peut envoyer '.

L'affaire du père Dubreuil ne sera pas si aisée à décider, car je ne vous cèle pas que le Pète Dubreuil est l'homme du monde en qui j'ai le plus de confiance, et qui m'est le plus nécessaire pour mon secours dans mes terres ; mais j'ai bien peur d'être obligée de demeurer d'accord que le secours qu'il peut donner à un évêque tel que M. de G. est préférable à celui que j'en reçois. Cependant je pense me devoir cette charité-là à moi-même d'examiner avec vous si je me dois priver de mon nécessaire pour procurer un plus grand bien. Je vous prie donc de ne rien répondre sur cela que je ne vous aie exposé la chose comme elle est; après quoi je consentirai à tout ce que vous croirez qui sera de mon obligation là-dessus; car je comprends bien qu'un secours que je garderois contre Tordre de Dieu ne m'en seroit plus un solide, mais seulement un à mon amour propre.

AU MÊME

De Port-Royai, le 30 juin.

Je n'oserois quasi vous dire que je ne communiai pas

^ Vîllefore, t. II, p. 7.3, donne une partie de celle lelire depuis la maladie de M, d'Àleth, jusqu'à l'affaire du P. Dubreuil. H remarfjue avec raison c|uc M. d^Alelh étant mort de la maladie dont il est ici parié, et celle mort élanl arrivée en 1677, oa peut conjecturer tjue la plrpart des lettres que madame de Loiîgiicviilc écrit au cure de Saint- Jacques sont environ de ce temps-là.

hier. Il m'arriva un embarras que je ne pus démêler que par cet expédient. Je réparerai cette perte mardi, jour de la Visitation. J'ai dévotion à cette fête : c'est le premier jour que Jésus-Christ a tiré quelqu'un du péché depuis son incarnation. Je finis en vous suppliant de ne m'oublîer pas devant Dieu ce jour-là, et de lui demander qu'il efface les miens en me donnant la grâce d'en faire pénitence.

Page 1