VU
AU MÊME
De Trie, ce 3 octobre.
Enfin nous voilà revenues heureusement, Dieu merci, de N. J'arrivai hier ici après dîner. Ce voyag^e s'est assez t^ien passé, Dieu merci, et quoiqu'on laisse toujours un peu du sien dans le commerce avec le monde, je ne laissai pas de communier hier à Méru. Demandez, s'il vous platt, à mon bon ange qu'il m'applique davantage à moi-même afin que je puisse exécuter les ordres que vous me donnez pour mes communions. C'est mon dessein de les faire suivre selon que vous me le marquez. J'espère en faire une le jour de Sainte-Thérèse à Rouen ; car je croîs partir d'ici le i3 pour arriver le i4, et en partir le i5. Il est vrai qu'une personne plus vertueuse que moi aurait à gagner dans ce voyage qui doit être dur à la nature ^ ; demand ez cette grâce-là à Dieu pour moi, s'il vous plaît. Vous ne saunez croire combien je suis ravie de me trouver dans ma solitude.
1 Elle allait à Rouen pour voir son fils aîné, le comte de Dunois^ depuis Tabbé d'Orléans, dont la démence lui causa tant de chagrins. Viliefore, t II, p. 59 et 131.
AU MÊME
De Port-Royal, le 23 juillet.
. . • Pour répondre à ce que tous me demandez de mes comipunions, je vous dirai que je n'avois pas communié depuis le jour de la Visitation, mais je communiai hier. Voici deux jours où je le ferois volontiers, s'ils n'ëtoient pas proches et de celui d'hier, ctTun de l'autre, sainte Anne et le 2 août, qui est le jour que je regarde comme celui de ma délivrance quoique imparfaitement, comme je vous l'ai expliqué, mais dans lequel j'ai pourtant fait une confession, depuis laquelle Dieu m'a préservée de retomber dans les crimes dont je m'accusai il y a 22 ans vendredi. Je vous prie donc de faire le choix entre ces deux jours, et 4ç nap mander lequel je préférerai à l'autre pour y faire U sainte communion.