‹ Fragments littéraires (volume 2)Chapitre 9 sur 62 · DU PRÉSIDENT · texte numérisé non relu

DU PRÉSIDENT

Messieurs,

Les sciences diverses dont la culture est confiée à cette Académie se rapportent toutes à un sujet unique, et ce sujet, c'est la nature humaine. La philosophie étudie cette merveilleuse intelligence qui, de ce point de l'espace et du temps où elle semhle enchaînée, s'élance dans l'infini, emhrasse le système du monde et s'élève jusqu'à son auteur. La morale s'applique à reconnaître les diflférents motifs qui soUicitent notre libre volonté : ici les

DISCOURS DOUVERTURE. 4Ç

passions qui charment ou agitent la vie, l|ije detoir qui lui donne sa dignité et son prix. La lé- gislation et la jurisprudences soumettent à un exa-^ men équitable les constitutions civiles et politiques qui jadis demeuraient inaccessibles dans leur majesté mystérieuse, et qui aujourd'hui comparaissent-et s'expliquent elles-mêmes devant la raison publique, depuis que leur principe avoué est le développement le plus libre et le mieux assuré de toutes les facultés humaines. L'économie politique recherche quelles sont les véritables sources du bien-être qt de la prospérité poiu: les Etats et pour les particuUers. L'histoire enfin, j'entends l'his-^ toire générale et philosophique, appuyée sur les travaux accumulés de l'érudition et delà critique, 'interroge tous les grands événements, toutes les grandes époques, pour leur arracher le secret des lois qui gouvernent le monde moral, soutiennent rhumanité et Télèvent sans cesse au niilieu du perpétuel renouvellement des générations et des^ empires.

Le hen de ces grandes études est manifeste; elles ne sont en réalité que les branches diverses d'une seule çt même science, celle de l'homme.

Qui pourrait contester à une telle science ses droits et sa dignité? Qui oserait dire à l'humanité qu'il ne lui a point été donné de se connaître ?

Une fois la légitimité de la science de l'hommp

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