SÉANCE DE L ACADÉMIE DES SCIENCES, ETC
ébranlée, que deviendrait ceUe de toutes les autres sciences? L'esprit humain, condamné à s'ignorer lui-même, répandrait ses. propres ténèbres sur toutes les connaissances dont il est le principe et le fondement.
Les sciences vraiment dignes de ce nom se reconnaissent à deux signes éclatants, leur durée et * leur progrès.
Ce qui dure toujours doit avoir une racine im- . mortelle : ce qui brille un jour et s'évanouit n'est qu'un fantôme de l'imagination ou du cœur. Où sont aujoiu:d'hui tant de fausse^sciencés qui, plus d'une fois, ont abusé l'humanité ! Ecloses dans la nuit de l'esprit humain et dans les rêves de quelques génies égarés, la lumière de la raison, en se. levant, les a fait disparaître ; l'état passager du monde qui leur avait donné naissance les a emportées sans retour. Il n'en a point été ainsi de la science de l'homme. Dans quel pays un peu civilisé, à quelle noble époque de l'histoire ne la rencontrez-vous pas! Elle accompagne l'humanité dans toutes ses vicissitudes ; elle grandit et s'accroît avec elle. Platon et Aristote s'élèvent à côté de PéricJès et d'Alexandre ; Descartés et Lcibnitz ont respiré le même air que Richelieu, Louis XTV et Pierre le Grand, et la dernière révolution philosophique est contemporaine de la révolution française.