DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
Si parmi vous il est un jeune homme qui se soit élevé peu à peuau-deSsus de ses condisciples par la seule puissance du travail, n'ayant d'autre appui que sa bonne conscience, d'autre fortune que les couronnes qu'il va recevoir; que ce jeune homme ne perde point courage à l'entrée des voies diverses de la vie, hérissées de tant d'obstacles, assiégées par tant de rivaux ; qu'il se rassure et qu'il espère >je ne crains pas de lui répondre de l^a venir, à cette seule condition qu'il persévère 'dans l'ardeur généreuse et dans les laborieuses habitudes que nous venons honorer aujourd'hui^
Oui, jeunes élèves, les luttes dont vous sortez sont l'apprentissage de celles qui vous attendent. Les objets que vous poursuivrez seront différents; mais le prix du succès sera toujours le même.
Sachez-le bien, chacun de vous est le maître
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de sa. destinée. C'est un arrêt de Téternelle justice qu'une volonté honnête et ferme atteigne son but^ et qu'une volonté faible ou vicieuse soit au moins condamnée au châtiment de l'impuissance. L'harmonie du mérite et des récompenses qui lui sont dues est le fondement des sociétés. Cette harmonie n'est jamais entièrement rompue dans les plus mauvais jours de l'humanité; ses progrès, toujours croissants, sont la mesure même du perfectionnement du monde moral ; son triomphe est l'honneur de notre siècle ; et nous devons remercier la divine Providence d'avoir comme choisi notre âge pour y rendre plus que jamais manifeste la loi sublime qui, selon d'antiques paroles, attache, par des nœuds d'airain et de diamant, la peine à ce qui est mal, la récompense à ce qui est bien, les troubles du cœur à la passion et au désordre, là paix intérieure à la vertu, le succès au travail, et l'empire à l'activité et au courage, dirigés vers une noble fin. • •
Le collège est l'image anticipée de la vie. Au eollége aussi, comme dans la société qui bientôt vous recevra, ce n'est pas la faveur du sort, ce n'est pas même le caprice du talent, c'est la constance, ce sont les longs efforts qui assurent les succès durables ; et cette fête du travail est une vraie initiation de la jeunesse française à l'esprit de notre temps. •
DISQOUBS DU MIKISTRE. S9
L'Université^ par l'ardeur studieuse qu'elle nourrit dans ses écoles, par l'austère ^alité qu'elle y maintient, et la forte empreinte qu'elle met par là sur les esprits et sur les âmes, est une grande institution morale et politique, qui emprunte au génie de notre époque son caractère pour en pénétrer les générations naissantes*
Elle a voulu continuer jusqu'au faîte de l'enseignement cette noble émulation qui viyifie l'instruction secondaire. Les facultés de droit, de médecine , des sciences et des lettres possèdent aujourd'hui des concours, des prix, une cérémonie semblable à celle-ci.
Ainsi , pendant que les écoles populaires iront répandre dans les villes et dans les moindres villages les connaissances les plus nécessaires, en témoignage de l'intérêt fraternel que se doivent tous les membres de la même nation, les collèges et les facultés, de jour en jour plus étroitement unis, formeront, sous une discipline à la fois sévère et libérale, et à l'aide de . la plus forte, culture que puisse recevoir l'esprit humain, une jeunesse d'élite sortie de tous les rangs et s'y rei^oviveUnt sans cesse, destinée à relever successivement tous les premiers postes par le légitime ascendant de l'esprit et du caractère, en un mot, la véritable aristocratie du dix-neuvième siècla.
Bientôt, à côté des écoles nationales, s'élève-