AUX FUNÉRAIIXES DE J.-G. FARGY
KliTB OB L'ftCOLB ROSHÀLB, le 39 juillet i83i, jour anniversaire de sa mortj
Honnear à la mémoire de Farcy !
Celui qui repose sous cette tombe était le 28 juillet 1830 uu jeune homme aimable^ modéré dans ses opinions politiques, attaché à la vie par les plus douces affections et les plus nobles pro* jets ; et, le 29, il a tout sacrifié à la patrie. Il s'est indigné qu'on eût osé jeter le gant à la France, et il l'a ramassé avec cette colère généreuse qui fait faire les grandes choses, mais qui presque tou jburs aussi conduit à la mort.
Adieu les frais ombrages d'Aulnay, les douces conversations, les beaux vers, les rêveries philosophiques. Il n'a pas même vu le triomphe de la sainte cause pour laquelle il a versé son sang. Mais n'ayons pas la feiblesse de croire que, mort ou vivant, et quelles que soient les apparences, celui qui a bien fait soit jamais à plaindre. Non, Farcy, nous te pleurons, nous ne te plaignons pas.
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Là haut, tu as dû rencontrer cette Providence bienfaisante qui préside à la mort comme à la vie, et qui, sans aucun doute, ne manque pas plus à l'âme des hétôs tjil'à ce brin de paillé que tout transforme et riennedëtrtiit. Ici bâ^ là patrie a recueilli ton nom ; il est inscrit sur les murs du Panthéon, attaché à l'un des plus grands éyénements de l'histoire ; longtemps il fera battre les cœurs généreux ; longtemps les braves le répéteront et l'apprendront à leurs enfants. Qui sait si trente années de travaux pénibles l'eussent obadiiit à hn aussi grand résultat ? L'âge mûr ne tient paè toujours les promesses de Id jeuncfsse; là tie a ses distractions qui souvent ont enlevé à la gloire leà plus heureux génies. Aujourd'hui > rieû ne peut te ravir l'immortalité que t'a donnée une heure d'une énergie divine. Que cette heure soit donc bénie! Encore une fois, Farcy, nous te pleurons, nous ne te plaignons pas.
Espérons que la France de 1830^ après une crise nécessaire et féconde, pourisuivra paisiblement ses nobles destinées, et retroatera en Europe le rang qui lui appartient par l'énergie et la mù^ dération de l'esprit public , par l'expérience et la sagesse du prince que nous avons mis à nott^e téte^ par la sympathie des peuples et la prudence des rois. Mais s'il en était autrement, si de mauvais jours revenaient pour la France^ si les factions où
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si rëtranger^ appuyé sur elles, venaient ternir ou arrêter notre belle révolution > c'est alors, Farcy, que tel waà§ m ^ouvîendrcqst de toi, en que ton sang versé pour la patrie parlera à tous ceux qui sont dignes de l'entendre. Alors comme aujourd'hui en souffrant éû eii toilibant pour la France, nous répéterons avec amour : honneur a Farcy I Vive la France I
DISCOURS
raOHOMCt
lUX FUNÉRAILLES DE H. LAROMIGinÈRE,
AU aOlf DB Uà. SBCnON DE PIILOSOPHII,
Le 14 août 1837.
Pardonnez-moi, Messieurs, de vous retenir un moment encore sur les bords de ce tombeau; mais la section de pbilosopbie, qu'une plus étroite confraternité d'études unissait à celui que nous pleurons tous> a souhaité que sa douleur fût particulièrement marquée dans le deuil commun de l'Académie ; et c'est en son nom que je vous demande la permission d'ajouter quelques mots aux touchantes paroles que vous venez d'entendre.
Votre section de philosophie n'a pas été épargnée dans les pertes cruelles que vous avez faites en si peu de temps. Vous avez vu disparaître du milieu de vous presque à la fois les plus éclatantes lumières de l'Académie , et ces grands publicistes dont les noms demeureront à jamais dans l'histoire de la liberté et de la législation en France, et les hommes qui avaient su trouver une gloire différente, mais égale, dans l'austère étude de l'es-