‹ Fragments littéraires (volume 3)Chapitre 20 sur 59 · PRONONCÉ · texte numérisé non relu

PRONONCÉ

PAR IiE PRÉlâlDENt DE L'ÂGADiiiflÈ

iïÉs âdiÈNCES Morales et Poti'tiôfcÈS,

Le 18 juin 1841.

L'Académie des sciences, mprs^les e^ politiques vient mêler sa douleur à celle de l'Académie francaise dans le deuil commuq de l'Institut. Nouf aussi, nous voulons dire un dernier adieu à celui qui était parmi nous un pionument vénér^de l'ancienne Académie, le doyen et l'exemple dô là nouvelle.

Un attachement éclairé, n\ais austère, à tout ^e qu'il regardait comme un devoir, un,e sorte, de Stoïcisme envers lui-mêmcj qui n'excluait ni la bonté ni l'indulgence pour les autres, tel fut lé trait dominant du caractère de M. de GessaCi C'est là ce qui le distingua de bonne heure, et ne l'abandonna jamais dans le cours de sa longue carrière.

Avant 1789, M. de Cessac, né en 1752^ était déjà retiré du service, et se faisait connaître honorable-

ment par de savants articles, insérés dans Y Encyclopédie, sur les diverses parties de l'art militaire. D embrassa avec une sérieuse conviction les principes de rassemblée constituante; mais il en posa d'abord le terme, et rien ne put l'entraîner au delà. Il pensait alors, il a toujours pensé que la monarchie constitutionnelle est le seul gouvernement qui convienne à la France. Député à l'assemblée législative, on le remarqua parmi les intrépides défenseurs d'une constitution qui renfermait au moins une ombre de monarchie. Plus tard, quand lui enchaînement fatal de fautes récipi*oques eut perdu la royauté et compromis la révolution, M. de Cessac n'aperçut plus qu'une seule bonne cause à défendre, la grande cause de l'intégrité du territoire, et il s'y voua obscurément dans les bureaux du ministère de la guerre, sous la direction de Garnot. Plus d'une fois, m'entretenant de ces jours difficiles : « Nous étions placés, me disait-il, entre l'échafaud des clubs et l'épée de l'étranger.» Il ne vit que celle-ci, et ne songea qu'à la France; car la France devait survivre à l'anarchie, et il fallait la sauver pour des temps meilleurs. Ces temps arrivèrent, grâce à ceux qui n'avaient pas désespéré de la patrie. Le premier consul discerna bientôt la capacité et la haute probité de M. de Cessac, et il l'appela successivement au conseil d'État et à la tête de l'école polytechnique. Quelques années

Page 1