DE M. DE CESSAC
après^ TEmpereur lui confia toute l'administration de la guerre. La fortune et les honneurs vinrent chercher M. de Cessac; il les mérita par ses services ; il les porta avec modestie.
Il était du nombre de ces hommes que la nature semblait avoir faits tout exprès pour l'Empereur. A défaut de facultés extraordinaires, M. de Cessac possédait toutes les qualités que Napoléon recherchait, n fallait à Napoléon des esprits droits^ habiles à discerner les meilleurs moyens, sans trop examiner le but dernier de ses entreprises, ce but qui était comme un secret entre la destinée et lui ; il lui fallait cette capacité limitée dans ses objets, mais accomplie en son genre, qui s'exerce impunément sur les détails les plus compliqués de la guerre, des finances ou de l'administration ; cette loyauté rigide qui sert et ne flatte pas, qui contredit même quelquefois par fidélité ou par dévouement; des mœurs sévères, une vie retirée, consacrée tout entière au service de l'Etat, enfin une puissance de travail que rien n'effraie, que rien jae lasse. Voilà les vertus rares par elles-mêmes, plus rares encore dans leur réunion, que Napoléon demandait, et qu'il suscitait autour de lui en les couvrant de ses bienfaits, surtout en les honorant de son estime : car l'estime d'un grand homme est la plus flatteuse de ses récompenses. Ainsi se forma une école de hautes capacités spéciales, au sommet
desquelles était l'Empereur^ qui les domipait toutes et les dirigeait, M. de Ccssac était de cette Êimille des grands administrateurs et des grands conseillers d'Etat, les Bassano, les Merlin, les Daru, les Rœderer. Il se faisait même feqaarquer parmi eux par la lermete judicieuse de ses avis, par là franchise de sa parole, surtout par sa sim- Jilicité dans une si haute fortune.
* TMtiaiis que peut 1* expérience, que peuvent les plus savabtes combinaisons, que peut le génie luiliiémé quand le Lut qu'il poursuit est au delà des forces humaines? Après les victoires, les revers ; après Tempire du monde, une prison et un tombeau solitaire au milieu de TOcéan. C'est ici que parut dans sa pureté et dans sii force le caractère de M. de Cessac : il s'était attaché à la fortune dé l'Empereur, il lui demeura fîdcïe; il avait tout reçu de lui, ir n'accepta rien que de lui. ^Pendant quinze ans entiers, il vécut dani la retraite. Il fallut là mort de Napoléon et la révolution de 18â0 pour lui faire accepter la pairie dé la main de M.' Casimir Périer.' Et quand, rannée* passée, la France enfin redemanda lèis cendres du prisonnier de Sainte-Hélène, M. de Cessac, déjà glacé par l*âge^ se ranima un moment à cette nouvelle inattendue ; il'vo'ulut assister k cette grande cérémonie ; il inà-