COUVENT DE PARIS K
Ce u juin tesa
« Je ne puis douter cgxe vous n'iniploriez kc mtséri-
i Voyeft la vie de madame de Longuevillei t« I) p« 3^1 * C« biUet n^est pas dam Villefore«
292 LETTfiES INÉDITES
corde de Diea sur Yétat où il m'a réduite; il en afait nne si grande à ma fille en la tirant du monde aTant qiie de lui en avoir fait éprouver Tamertume, que je n*ai senti pour sa perte que ce que l'on ne peut refuser à la nature. Je ne doute point que vous ne l'ayeas parmi vous ■ ; et, plût à Dieu , ma chère Mère, y avoir eu une parrîlle retraite ou celle qu'il m'y avoit tant fait désirer! »
A LA MÊME*
Ce U décembre 1650<
.Te reçus hier tout à la fois trois de vos lettres, dont la dernière m'apprend notre commune perte: vous jugez bien en quel état elle me doit mettre, et c'est mon silence, plutôt que mes paroles , qui doit faire connottre ma douleur. J'en suis accablée, ma trèsK;hère, et c'est ce coup-là qui ne trouve plus de force dans mon âme. Il y a des circonstances si cruelles que je n'y puis penser sans mourir, et je ne puis néanmoins penser à antre chose. Cette pauvre princesse est morte au milieu de l'adversité de sa maison, abandonnée de tous ses enfants , et accompagnée seulement des tourments et des peines qui ont terminé sa malheureuse vie; car enfin ce sont les maux de l'esprit qui ont; causé ceux du corps, et je tiens par là cette mort plus dure que si elle avoit été causée par les gènes et par les supplices corporels. Elle m'en laissera d'étemels dans l'esprit, et
t 11 parait que la fille de madame de Longaeville fut enterrée aux Carmélites. C^ett là du moins que fut inhumée la princesse de Condé, sa mère.
t Villefore donne cette lettre, 1. 1, p. 183. H y a de petites variantes que nous ne relèverons pas. Le texte que nous donnons es| préférable à celui de Villefore, où le style de madame de Longueville est entièrement défiguré.
elle me laisse au point de ne pas sentir le bonheur, quand même il m'en viendroit quelqu'un, puisque ma pauvre mère ne l'aura pas partagé avant que de sentir l'amertume de son heure dernière. Je ne sçais aucunes des particularités qui Font accompagnée, et je m'adresçe à vous pour TOUS conjurer de me les vouloir apprendre bien exactement. C'est en m'afHigeant que je me dois soulager. Ce récit fera ce triste effet, et c'est pourquoi je vous le de* mande; car enfin vous voyez bien que ce ne doit point être le repos qui doit succéder à une douleur comme la mienne, mais un tourment secret et éternel , auquel aussi je me suis préparée et à le porter en la vue de Dieu et de ceux de mes crimes qui ont appesanti sa main sur moi. 11 aura peut-être pour agréable l'humiliation de mon cœur et l'enchainement de mes misères profondes. Vous les adoucirez un peu, si je puis espérer de votre amitié la part que la personne que nous regrettons en possédoit, et c'est le plus précieux de ses héritages pour moi. J'ose vous assurer, et je dis cela pour toutes celles de chez vous à qui elle étoit chère, que si je suis indigne, par le peu que je vaux, de ce que je demande, je le mérite au moins par ma tendresse pour vous, qui augmente, ce me semble, par la triste et nouvelle liaison que notre perte nous fait faire.
Adieu, ma chère Mère , mes larmes m'aveuglent , et si c'étoit la volonté de Dieu qu'elles causassent la fin de ma vie, elles me paroitroient plutôt les instruments de mon bien que les effets de mon mal. Adieu, encore une fois, ma chère, soyez assurée , pour vous et pour toutes nos amies, que j'hérite de l'amitié que celle qui n'est plus vous a portée, et que je la regarderai toute ma vie en vous.
Les princes sortirent de prison et firent leur paix avec la cour. M"' de Ijongueville revint à
Paris où elle leut un dernier moment d'ëclai. Même pqndapt cette cqurfe p^PSip^cité, pU^e «p^gp toujours aux Carmélites :
A LA MilRB MARIE DE rtsVS, CARMELITE AV GRAND