‹ Fragments littéraires (volume 3)Chapitre 46 sur 59 · A. DE BOURBON · texte numérisé non relu

A. DE BOURBON

Je n'ai pas voulu faire de consultation là-dessus , parce

^ Yillefore a donné depuis : On ne pêutpiu ie faire dei amii, etc., jusqu'à iur des règlet qu'il tait et ^u't7 respecte par eontiquent,

que je suis suffisamment informée pour me résoudre ^ et que je ne doute point du cas.

Les autres lettres n'étant point datées, nom nous bornons^à les placer ici dans l'ordre où elles sont dans le manuscrit.

iv m£m£.

De Port-Royal, le 30 mal

....Je reçus hier si tard votre lettre que je n'ai pu cbmintmier aujourd'hui , joint que ma santé m'a nécessité de prendre quelque chose, parce que j'avois essayé de jeûner hier, ce que je né puis plus faire impunément. Cette impuissance-là et d'esprit et de corps à une personne qui a tant eii le pouvoir de mal faire est assurément un état bieii humiliant. On ne voit guère de saints qui ayant pu faire et fait beaucoup de maux aient été privés de la puissance de les réparer...

AU MEME

De Trie, ce 30 juillet

J'ai reçu vos deux lettres de Villeterre et de Pontoise. Je n'y trouve rien de trop que vos remercîments. Je vous dois tout ce que vous avez reçu ici, et vous ne devez me savoir g^ré que du bon cœur avec lequel on vous l'a rendu. Vos prières .me serviront k accomplir vos instructions; je vous les demande donc surtout pour le 2 du mois qui vient. Demandez par elles à Dieu que je ne me rende pas

indigne de la grande grâce qu'il m'a faite ce jour-là >. Ces années-là me doivent être si précieused que je ne veux pa$ que vous en croyiez une de moins; il y en aura dont vingt-trois dimanche. Si je les compte devant les hommes, je ne les compte pas devant Dieu, estimant quelles dont bien plus vides en bien que celles qui les ont précédées hé Font été en mal. Je vous àonne le bonjour, et suis toute à vous en N. S. Jésus-Christ. ^

AD MÊME

. . • Je voudrois fort que mes priètes fussent assez bonnes pour être utiles à vos deux pénitents, car je m'en trouverois aussi bien qu'edx ; mais dans la vérité je né suis pas digne de servir aux autres puisque je ne me sers pas & moi-même; ce que je vous dié de Fabondance de mon cœur, étant étonnée au dernier point de passer des journées entières devant Dieu à l'église sans avoir aucun sentiment de sa présence. J'ai regardé cela tout du long'dti salut comme une excommunication que Dieu fait à moîi égard en me séparant de lui intérieurement lorsque les hommes ne le font pas extérieurement et me laissent dan^ 1 église. Priez-le donc pour moi, car dans la vérité cet état est terrible et effrayant.

AU MÊME

De Port-Royal, le 28 juillet.

Je vous envoyai hier une lettre pour N. Je vous donne

1 Allusion au jour solennel où , à Moulins, auprès de sa tante madame de Montmorency, dans le couvent des filles de Sainte- Marie et auprès du tombeau de son oncle , elle se décida sérieuse-

donc ma voix pour elle, et vous ferez de mon nom ce qui sera utile pour votre charité. Il est vrai que je ne vous ai pas écrit là-dessus, car j'ai eu de si gprandes vapeurs ces derniers jours -ci que je n'ai pu le faire, et j'ai bien cru que çan'étoit pas nécessaire, parce que vous comprendriez bien que j'approuverois tout ce que vous résoudriez pour la charité. Comme j'ai dit à N. quej'avois communié le jour de Saiote-Madeleine, et que j'étois dans le dessein de le faire vendredi, il ne m'a pas pressée de le faire aujourd'hui. S'il n'y avoit pas été, j'aurois communié suivant votre ordre; ce sera donc pour vendredi, s'il plaît à Dieu. J'espère que vous ne m'oublierez pas ce jour-là, ni même aujourd'hui, et que vo«s demanderez à Dieu avec bien de la ferveur que je sois véritablement sortie de l'É(yypte et que je n'y retourne jamais. La maladie de M. d'Aleth me tient dans une peine incroyable, non-seulement pour l'intérêt de l'Église et le mien en général, mais pour le mien en particulier. J'aurois des consultations à lui faire encore que je ne pouvois confier k la poste; je les lui allois envoyer par N., il me les auroit renvoyées par N.; et s'il meurt, je serai toute ma vie en scrupule sur des choses bien imporportantes. Je Pavois consulté déjà; mais les changements qui sopt arrivés dans ma famille en ont apporté aux décisionsque M. d'Aleth avoit faites, de sorte que sur un nouvel état il falloit un nouvel avis. Si Dieu ne permet pas que j'aie les avis de ce saint homme, je craindrois que ce soit un jugement sur mes péchés; car, comme M. d'Aleth savoit la suite de toutes mes affaires, joint à ce que ses avis sont toujours plus droits que tous les autres et calment mieux mon esprit, j'attendois beaucoup de repos par cette voie,

ment à changer de vîe. Voyex Villcfore, t II, p. g, etc. Il a donné quelques lignes de cette lettre, p. 6.

et même beaucoup de sûreté, de sorte que je suis dans une extrême inquiétude. Je la mérite bien, et c'est ce qui méfait craindre en toutes occasions, parce que je suis convaincue que je mérite tous les châtiments que Dieu me peut envoyer '.

L'affaire du père Dubreuil ne sera pas si aisée à décider, car je ne vous cèle pas que le Père Dubreuil est l'homme du monde en qui j*ai le plus de confiance, et qui m'est le plus nécessaire pour mon secours dans mes terres ; mais j'ai bien peur d'être obligée de demeurer d'accord que le secours qu'il peut donner à un évéque tel que M. de G. est préférable à celui que j'en reçois. Cependant je pense me devoir cette charité-là à moi-même d'examiner avec vous si je me dois priver de mon nécessaire pour procurer un plus grand bien. Je vous prie donc de ne rien répondre sur cela que je ne vous aie exposé la chose comme elle -est ; après quoi je consentirai à tout ce que vous croirez qui sera de mon obligation là-dessus; car je comprends bien qu'vm secours que je garderois contre Tordre de Dieu ne m'en seroit plus un solide, mais seulement un à mon amour propre.

AU MÊMK.

De Port-Royal, le 30 juin.

Je n'oserois qmasi vous dise que je ne communiai pas

* Villefore, t. II, p. 73, donne une partie de cette lettre depuis la maladie de IT. d'Aleth, jusqu'à Vaffairt d» P. DuhremL II remarque avec raison que M- d'Aleth étant mort de la maladie d©nt il est ici parlé, et cette mort étant arrivée en 1677, on peut conjecturer que la plupart des lettres que madame de Longueville écrit au curé de Saint» Jacques sont environ de ce temps-là.

hier. U m'arriva un embarras que je ne pus dëméler que par cet expédient. Je réparerai cette perte mardi, jour de la Visitation. J'ai dévotion à cette fête : c'est le premier jour que Jésus-Christ a tiré quelqu'un du péché depuis son incarnation. Je finis en vous suppliant de ne m'oublîer pas devant Dieu ce jour-là, et de lui demander qu'il efface les miens en me donnant la grâce d'en faire pénitence.

AU MÊME

De Trie, ce 3 octobre.

Elnfin nous voilà revenues heureusement, Dieu merci, de N. J'arrivai hier ici après diner. Ce voyage s'est assez ^ien passé, Dieu merci, et quoiqu'on laisse toujours un peu du sien dans le commerce avec le monde, je ne laissai pas de communier hier à Méru. Demandez, s'il vousplait, à mon bon ange qu'il m'appliqua davantage à mov^méme afin que je puisse exécuter les ordres que vous me donnez pour mes communions. C'est, mon.dessein de les faire suivre selon que vous me le marquez. J'espère en faire une le jour de Sainte-Thérèse à Rouen ; car je crois partir d'ici le i3 pour arriver le i4, et en partir le i5. Il est vrai qu'une personne plus vertueuse que moi aurait à gagner dans ce voyage qui doit être dur à la nature '; demandez cette gràc^hlà à Dieu pour moi, s'il vovu plaît Vou# ne sauriez croire combien je suis ravie de me trouver dans ma solitude.

i Elle allait à Roiiea pour voir son fils aiàé, le comte de Dunois^ depub Pabbé d'Orléans, dont la éémence lii causa tant de chagrins. Villefore, t II, p. 59 et 131.

AU MÇM^.

De Port-Royal, le 23 juillet.

. . • Pour répondre à ce que vous me demandez de mes communions, je vous dirai que je n'avois pas communié depuis le jour de la Vbitation, mais je communiai hier. Voici de^x jours où je le ferois volontiers, s'ils n'étoient pas proches et de celui d'hier, et l'un de l'autre, sainte Anne et le 2 août, qui est le jour que je regarde comme celui de ma délivrance quoique imparfaitement, comme je vous l-ai expliqué, mais dans lequel j'ai pourtant fait une confession, depuis laquelle Dieu m'a préservée de retomber dans les crimes dont je m'accusai il y a 2a ans vendredi. Je vous prie donc de faire le choix entre ces deux jours, et de pae ipander lequel je préférerai à l'autre pour y faire la sainte communion.

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