DU PRÉSIDENT
Messieurs,
Les sciences diverses dont la ctiltare est confiée h celte Académie se rapportent tontes à un sujet unique, et ce sujet, c'est la nature humaine. La philosophie étudie cette merveilleuse intelligence qui, de ce point de Tespace et du temps où elle semble enchaînée, s'élance dans Tinfini, embrasse le système du monde et s'élève jnsqu'à son auteur. La morale s'applique à
FBiGHEIlTS LITTÉR. — T. I. ♦
4% 8&ANCB DE l'AGAOÉIÙB DM SGIBMGBS9 BTC.
recoooattre les différente motifs qui solliciteot noire libre volonlé : ici les passions qui charment ou agiteni la vie, là le devoir qui lui donne sa dignité et son prix. La législation et la jurisprudence soumettent à un examen équitable les constitutions civiles et politiques qui jadis demeuraient inaccessibles dans leur majesté mystérieuse, et qui aujourd'hui comparaissent et s'expliquent elles-mêmes devant la raison publique^ depuis que leur principe avoué est le développement le plus libre et le mieux .assuré de toutes les facultés humaines. L'économie politique recherche quelles sont les véritables sources du bien-être et de la prospérité pour les Étate et pour les particuliers. L'histoire enfin, j'entends l'histoire générale et philosophique, appuyée sur les travaux accumulés de l'érudition et de la critique, interroge tous les grands événements, toutes les grandes époques, pour leur arracher le secret des lois qui gouvernent le monde moral, soutiennent inhumanité et l'élèvent sans cesse au milieu du perpétuel renouvellement des générations et des empires.
Le lien de ces grandes études est manifeste ; elles ne sont en réalité que les branches diverses d'une seule et même science, celle de l'homme.
Qui pourrait contester à une telle science ses droits et sa dignité ? Qui oserait dire à l'humanité qu'il ne lui a point été donné de se connaître?
Une fois la légitimité de la science de l'hommeébranlée, que deviendrait celle de toutes les autres sciences ? L'esprit humain, condamné à s'ignorer lui-même,
I>ISCOCRS D OOVERTIIBB. 4%
répandrait ses propres ténèbres snr toutes les conilaissances dont il est le principe et le fondement.
Les sciences vraiment dignes de ce nom se reconnaissent à deoi signes éclatants, leur durée et leur progrès.
Ce qui dure toujours doit avoir une racine immortelle : ce qui brille un jour et s'évanouit n'est qu'un fantéme de Timagination ou du cœur. Où sont aujourd'hui tant de fausses sciences qui, plus d'une fois, ont abusé l'humanité? Écloses dans la nuit de l'esprit homain et dans les rêves de quelques génies égarés, la lumière de la raison, en se levant, les a fait disparaître ; l'état passager du monde qui leur avait donné naissance les a emportées sans retour. 11 n'en a point été ainsi delà science de l'homme. Dans quel pays un peu civilisé, à quelle noble époque de l'histoire ne la rencontrez*vous pas? Elle accompagne l'humanité dans toutes ses vicissitudes ; elle grandit et s'accroît avec elle. Platon et Aristote s'élèvent à côté de Périclés et d'Alexandre ; Descartes et Leibnitz ont respiré le même air que Richelieu, Louis XiY et Pierre Iç Grand, et la dernière révolution philosophique est contemporaine de la révolution française.
Grâce à ses succès toujours croissants , la science de l'homme a conquis enfin le rang qui lui appartient parmi les sciences dont s'enorgueillit notre siècle. Mais combien de mauvais jours n'a-t-elle pas traversés pour arriver jusqu'à celui-ci ! Pendant combien de siècles ne lui a-t-il pas fallu se cacher sous un vêtement étranger ! Les plus libres académies de l'Europe ne Fadmet-
-U S&ANCB DR l'aCA WftM» DIS BCilMCBS, ETC.
i^nt pas eocore pour eUe^nème : elles hà deaindanii ou de parler uo langage bannonieux, ou dé s*aUier à une éruditioo profonde, ou au génie des scienoes mathématiques. Il éuii réser?é à la réTolution fraii*çaise* quia émancipé Thomme tout entier, d*en émanciper aussi la science , et de créer, au sein de Tlnstitui de France, une Académie spéciale pour les sdencea morales et poliiiques. R^rdez autour de vous : nulle part vous ne trouverez une institution semblable. Pao^ tout les^seienoes morales ne reçoivent qu'une hospitalité clandestine. Ici, et ici seulement, elles paraissent sous leur nom propre et avec les titres qui font lew gloire. L*existence de cette académie est un fait con** sidérable^qui atteste un progrès immense.
Mais vous ne Tavez point oublié : FAcadémie dee sciences morales et politiques , à peine créée par la révolution française, a été une fois supprimée ; ellen'a reparu qu'avec cette seconde révolnticm, qui est venae consacrer la première , remettre en honneur ses prôi* cipes , rétablir ses légitimes résultats.
Le$ sciences morales et politiques ont retrouvé leurs droits quand le pays retrouvait les siens ; el aujourd'hui, comme la liberté elle-même, cette Académie n'a plus qu'à affermir de plus en plus son aut(Mrité par les monuments solides d'un zèle réglé et persévérant.
Nous nous efforçons de ne pas manquer à oetle tâche, et, cette année particulièrement^ nous pouvons montrer avec quelque confiance lestravaux que noua
l>nOOQft«I>'OiIVXftTIIIIB* ^
avons exieiHiés noiii-môniet et ceux que novs iront ioapirés.
Le troisième Yoliuoe de nos Mémoires vient de paraître : chaque section y est représentée par des é^its d'un ordre élevé, et l'histoire de rAcadémte , retracée par la plume habile de monsieur le secrétaire perpétuel , fait connaître de quelles riches eommuni-» eations le zèle de nos confrères n'a cessé d'animer nos séances.
A cété de ce volume en parait un autre , le premier du nouveau recueil consacré aux ouvrages de savants 4 étrangers ou nationaux , dont FÂcadémie a voulu honorer les travaux en les publiant avec les siens ; Boble institution que nous avons empruntée à TAcadé^ •lie des s^enoes , et qui fait de la nôtre le centre et le foyer du mouvement des sciences morales etpoliti-* qoea dans toutes les parties de la France et de TËut rope. On trouve ici des mémoires venus des bords du Rhin, de Titalie, de TÉcosse , avec des dissertations ou profondes ou ingénieuses que nous devons à dt jeones savants de Paris , et même de la province , dont l'Académie peut se féliciter d'avoir suscité k talent et encouragé les premiers efforts.
Parmi ces travaux qui se présentent à resttne
publique , sous la garantie de la vôtre , permettei-moi
de distinguer celui d'un jeune Piémontais, M. Pallia,
q«e la science vient de perdre , encore à la fleur de
l^e , au moment où il poursuivait ai^c ardeur ses
recherches sur la philosophie arabe, et lorsque à
4e 6&ANGE DE L'ACAStlttB DBS SGIIMCBS, ETC.
peine il venait de terminer un premier essai sur Algazali V un des philosophes les plus célèbres de Técole de Bagdad. La tempête politique avait jeté M. Pallia sur cette terre de France qui autrefois avait recueilli Campanella au sortir de sa prison de vingt-sept années. Plusieurs de ses amis, qui portaient une épée , la mirent au service de nobles causes , aujourd'hui triomphantes , alors incertaines. Quelques-uns d'entre eux allèrent arroser de leur sang les champs de la Grèce et ceux du nouveau monde ; lui , il est mort aussi au champ d'honneur : car il s'est éteint au milieu àes peines de l'exil supporté avec dignité , et dans les luttes d'une pauvreté fière et laborieuse. L'Académie, qui l'avait entendu avec intérêt , a voulu publier ses travaux inachevés , et je crois être l'interprète de ses sentiments en rendant ce modeste homn^ge à une mémoire qu'elle honore et qui m'est particulièrement chère.
Mais c'est surtout dans ses concours annuels que l'Aciadémie cherche adonner une impulsion utile aux sciences qui composent son domaine. Elle ne propose que de grands sujets qui puissent produire de sérieux travaux, et elle tient un peu haut ses couronnes pour exciter une généreuse ambition.
Cette année elle avait à juger quatre concours.
La section de morale avait provoqué l'examen de la question délicate de VaboliUon de L'esclavage dans noe eolonie$. Six mémoires lui ont été adressés : elle a distingué les mémoires n° 4 et n** 5, sans toutefois les juger
mSCODlS D'OUTBITUHB. 47
dignes éa prix ; ec eomine la question proposée est passée récemment des régions de la théorie dans les con* seilsdu gouvernement, TAcadémie, fidèle à sa mission d^éelairer tons les grands problèmes à la lumière de la science et de Thistoire , en s'arrètant religieusement sur le seuil des discussions législatives, a retiré un sujet ^'elle remercie le gouvernement de lui enlever, et elle le remplace par le sujet suivant, qui intéressée la fois la morale et Téconomie politique : « Rechercher par quels moyens, sans gêner la liberté de Tindustrie, on pourrait donner à l'organisation du travail en commun dans les manufactures , et à la discipline iatéfleure de ces établissements , une influence favorable aux mœurs des classes ouvrières. •
La section de législation , de droit public et de jurisprudence, a été plus heureuse que la section de morale, sans que toutefois ses vœux aient été entièrement remplis. Elle avait demandé à la science des lois, éclairée par la morale et par la philosophie, de rechercher quelles réformes Tadoption du système pénitentiaire devait apporter dans celui de nos lois pénales. Dès que la peine , gardant le caractère de châtiment qui lui appartient avant tout , et la terreur salutaire qu'elle doit exercer sur les imaginations et sur les âmes, peut avoir aussi pour effet Tamendement du coupable et sa réconciliation avec Tordre, il est évident que plusieurs points de notre Gode pénal ne peuvent stibsister. La perpétuité des peines n*est-elle pas en contradiction avec un régime qui se propose
18 SÉANCE Dfi l'AOABAMIS I«S UMVMCKS, ETC.
d'améliorer le eonéMnaé pour k rondre an jour à la seeiété ? Uinfamie légale , maii^eiiaiit attachée è de» peines afflîetîves temporaires^ peot-*-elie eooUnaer à dégrader Thomme et à le rendre par cette dégrada* tien incapable de reprendre sa place pami ses semblables ? L'échelle actuelle des peines pent*elle être maûitenae? Devançant donc Fépoqae oà nos prisais auront fait plaee au système pénitentiaire^ adopté déjà dans plas d'un paysetauqudestproffliisravenirt FÂcadémie, prudemment harcjhe , avait mis au concours cette question :
t Indiquer les moyens de mettre en harmonie le système de nos lois pénales avec un système péniten-* tiaire à instituer, dans le but de donner déplus di^. caces garanties au mainti^ de la paix et de la sôreté générale et privée, en procurant TamélioralîoD mo** raie des condamnés. >
De nombreux concurrents ont répondu à. noire appel. Cependant, malgré le mérite de {dusieurs dtt mémoires qui ont été envoyés, TÂcadémie s'est dédidée à ne point décerner le prix ; mais elle partage la somme qui y est attachée, k titre de récompense et d'enconragement, entre le mémoire n<^2 dont l'aoleiir est M. Âlatizet, et le mémoire u^ 5 qot apparti^it à M. Moreau (Christophe), inspecteur général des prisons du royaume. Elle accorde une mention hono^ rable au n^ 4 qui a pour auteur M. Lefranc de Col^ mar. L'Académie a voulu reconns^tre les recherches exactes et l'esprit judicieux dont les auteors des mé-
Bmret û^ S et p^ 5 oot fait preuve, en regrettaot de n'avoir pat trouTé dans ces deux mémoires plus dç force dans la pensée, plus de noblesse et d'élévaiion. dans le langage.
La aeetion de philosophie avait ouvert deux con<> eoors : Ton sur le cartésianisme, Tautre sur la philosophie allemande, c'est-à-dire sur les deux plu^ ^«ndes époques de la philosophie moderne. La pennée de l'Académie n'est point douteuse , elle l'a plus d'une fois marquée dans ses différents programmes^ Non , elle n'abandonne point la philosophie spécula^ tive, mais elle croit la servir en invoquant les leçons de l'exp^ience. En (ace de questions purement abs« traites, on peut aisément s'éblouir et se perdre en rêveries stériles, ou recommencer de vieilles erreurs et rentrer dans des voies depuis longtemps condam* nées. Mais quand on se place entre Descartes, Spî^ n^ea, Locke et Leibnitz , ou bien entre le philosophe de Koeûgsb^g et ses célèbres disciples, on est assu« rément au milieu des plus grands problèmes que puisse agiter l'esprit humain , et en même temps on ^t déjà en possession de solutions sérieuses qui pré^ lâennent les solutions chimériques , et par leur bitte et leur opposition auîitent puissamment l'esprit et l'a^ Tcrtissent de ne s'arrêter qu'à des opinions profonde^ Bttent réfléchies^ dignes de se soutenir devant celles de tant de beaux génies. Il faut soi-même s'élever bien l)aut pour faire ainsi comparaître devant son tribunal les liéros de la philosophie et leur distribuer le blâme
50 SÉANCE DB L'ACABÉmB DBS 80IBNCBS, ETC.
et l'éloge. G^ett donc dans l'intérêt de la philosophie que TAcadémie a constamment posé les problèmeB philosophiques sous une forme historique. L'an prochain, à pareil jour, elle fera connaître son jugement sur le concours relatif à la philosophie allemande ; aujourd'hui elle se plaît à proclamer la forée de celui qu'elle avait institué §ur le carlésianisme.
Ce grand sujet a produit six mémoires dont trois sont des ouvrages du plus grand mérite. La section de philosophie n'a point hésité à décerner le prix* et même elle a dû le partager entre le mémoire n^ 2 et le mémoire n<^ 5 ; il lui a paru aussi de la justice la plus rigoureuse d'accorder une mention très-honorable au mémoire n^ 4 , qui , dans un autre concours , aurait pu aspirer à un prix. Le mémoire n^ 3 est particulièrement remarquable par la vigueur et par Toriginalitéy qualités éminentes qui auraient emporté notre préférence si elles n'eussent été balancées par plus d'un grave défaut que nous n'avons pas voula autoriser ; par exemple , un caractère théologiqae parfois trop marqué, et quelques jugements injustes en eux-mêmes et durement exprimés sur des hommes de génie dont il n'est permis de prononcer les noms qu'avec une vive admiration et une pieuse reconnaissance. On peut préférer, nous l'admettons volontiers, Platon k Aristote et Leibnitz à Newton ; mais Arislote n'en reste pas moins la tête puissante et vaste qui a constitué trois ou quatre sciences : la métaphysique, la logique, la haute critique, l'histoire naturelle ; et ,
DISGOOBS D OUYBfiTtJRE. 51
malgré quelques faiblesses, Newton est cet esprit perçant et profond qui , d'inductions en inductions et de calculs en calculs , sans jamais abandonner le fil de Texpérience, a fini par conquérir le système du monde. Le respect , disons mieux, Tamour des grands hommes est une religion aussi, digne d'avoir sa place, dans une âme vraiment philosophique, à côté de la religion de la vérité. Le mémoire n^ 5 a des mérites et des défauts tout opposés : loin d'être trop théologien, Tauteur n'a pas toujours, pour cette grande pensée qu'on appelle le christianisme, la vénération que lui doivent tous ceux qu'elle a nourris et élevés; ne pas professer pour elle un respect sincère, c'est ne la pas comprendre, c'est ne pas être assez philo* sophe. Nous avons été surpris de rencontrer celte erreur dans un esprit qui parait si sage ; car d'ailleurs il est difficile de montrer plus de justesse, de raison, de mesure. Le système de Descartes est exposé avec, une étendue et une clarté qui ne laissent rien à désirer, et Spinoza est traité pour la première fois avec cette forte équité qui relève le génie de cet homme extraordinaire sans dissimuler les erreurs où Ta précipité sa fidélité téméraire à quelques principes de Descartes.
L'auteur du n^ 2 est M. Demoulin ; celui du n® 5 est M. Boullier, élève de l'école normale, professeur de philosophie à la faculté des lettres de Lyon.
Encouragée par les résultats de ce concours et de ceux qu'elle avait ouverts précédemment, l'Académie
5t SÉANCE DX L'aCADÊMIB DES S^IEIfCES, ETC.
persiste dans ki voie «>ù elle est entrée, et eUe profpdBe, pour le l*' juin 1845, le sujet suivant, où se présen* tent en foule les plus grandes questions de la philosophie et de rhistoire.
c Examen critique de Técole d^Âlexandrie. >
1^ Faire connaître, par des analyses étendues et approfondies, les principaux monuments de cette école depnis le deuxième siècle de notre ère, où elle commence avec Âmmonius Saccas et Plotin, jusqu^u sixième siècle, où elle s^éteinl, avec Tantiquité philosophique, à la clôture des dernières écoles païennes, par le décret célèbre de 529, sous le consultât de Décius et sous le règne dé Justinien ;
2* Insister particulièrement sur Plotin et sur Proclus;
5^ Montrer le lien systématique qui rattache réeoiè d^Âlexàndrie aux religions antiques, et le rôle qn^elle a joué dans la lutte du paganisme expirant contre la religion nouvelle ;
" 4« Après avoir reconnu les antécédents de la phi* losophie d*A1exandrie, en snivre la fortune à travers les écoles chrétiennes du Bas-Empire et du moyen ftgé, et surtout au xvi* siècle, dans celte philosophie qu'on peut appeler philosophie de la renaissance ;
5® Apprécier la valeur historique et la valeur absolue de la philosophie d'Alexandrie ; déterminer la part d'erreur et la part de vérité qui s'y rencontrent,
mSGOUM D*OIZYERTUm«. 55
et ee qu'il eut possible d'en tirer au profit de la philosophie de notre sièeie.
En même temps^ FAcadémie rappelle que quatre questions demeurent au concours ; une de jurispradence pour Tannée 1844 sur le contrat et assurance eé i les nouveaux développements quil pourrait recevoir dans Vétat de notre commerce et de noire industrie; une autre d'économie politique pour Tannée 1842, sur les différents modes de loyer de la terre et leur influence sur la prospérité agricole ; deux d'histoire pour la même année, la première sur Vhistoire du droit de succession des femmes, dans V ordre civil et politique^ au moyen âge; la seconde, sur Vhistoire des états généraux en France, depuis 1302 jusquen 1614. Ces questions sont développées dans le programme imprimé de cette séance. Enfin, le prix quinquennal de 5,000 fr., fondé par M. Félix de Beaujour, sera décerné en i 843.
Tous ces nombreux concours ont ranimé et répandu le goût des sciences morales et politiques. En moins de dix années ils ont porté les plus heureux fruits. Combien de jeunes esprits qui s'agitaient à Tentrée des voies diverses de la science n'ont-ils pas appris à régler leur ardeur inquiète sous la discipline des graves études auxquelles les appelait TAcadémie ! On nous doit déjà plus d'un livre utile, plus d'un homme distingué. Reconnaissons-le : le rétablissement de TAcadémie des sciences morales et politiques a pu paraître en 1832 un acte hardi. Aujourd'hui, la nouvelle Aca-