‹ Fragments littérairesChapitre 13 sur 56 · DISTRIBUTION DES PRIX · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DES PRIX

Tapprentissage de celles qui vous attendent. Les objets que vous poursuivrez seront différents ; mais le prix du succès aéra toujours le même.

Sachez-le bien , chacun de vous est le maître de sa destinée. C'est un arrêt de l'éternelle justice qu'une volonté honnête et ferme atteigne son but , et qu'une volonté faible ou vicieuse soit au moins condamnée au châtiment de l'impuissance. L'harmonie Ou mérite et des récompenses qui lui sont dues est le fondement des sociétés. Cette harmonie n'est jamais entièrement rompue dans les plus mauvais jours de l'humanité ; ses progrès, toujours croissants, sont la mesure même du perfectionnement du monde moral ; son triomphe est l'honneur de notre siècle ; et nous devons rémercier la divine Providence d'avoir comme choisi notre âge pour y rendre plus que jamais manifeste la loi sublime qui , selon d'antiques paroles , attache , par des nœuds d'airain et de diamant , la peine à ce qui est mal , la récompense à ce qui est bien , les troubles du cœur à la passion et au désoi:dre , la paix intérieure à la vertu , le succès au travail , et l'empire â l'activité et au courage, dirigés vers une noble fin.

Le collège est l'image anticipée de la vie. Au collège aussi , comme dans la société qui bientôt vous recevra , ce n'est pas la faveur du sort, ce n'est pas même le caprice du talent, c'est la constance, ce sont les longs efforts qui assurent les succès durables ; et cette fête du travail est une vraie initiation de la jeunesse française à l'esprit de n<4re temps.

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L'Université, par Tardear studieuse qu^elle nourrit dans ses écoles , par l'austère égalité qu'elle y maintient , et la forte empreinte qu'elle met par là sur les esprits et sur les âmes, est une grande institution morale et politique, qui emprunte au génie de notre époque son caractère pour en pénétrer les générations naissantes.

Elle a voulu continuer jusqu'au faite de l'enseignement cette noble émulation qui vivifie l'instruction secondaire. Les facultés de droit, de médecine, des sciences et des lettres possèdent aujourd'hui des concours, des prix, une cérémonie semblable à celle-ci.

Ainsi , pendant que les écoles populaires iront répandre dans les villes et dans les moindres villages les connaissances les plus nécessaires, en témoignage de l'intérêt fraternel que se doivent tous les membres de la même nation, les collèges et les facultés, de jour en jour plus étroitement unis , formeront , sous une discipline à la fois sévère et libérale, et à l'aide de la plus forte culture que puisse recevoir l'esprit humain, une jeunesse d'élite sortie de tous les rangs et s'y re^ nouvelant sans cesse , destinée à relever successive* ment tous les premiers postes par le légitime ascendant de l'esprit et du caractère , en un mot , la véritable aristocratie du xix^ siècle.

Bientôt , à côté des écoles nationales , s'élèveront des écoles privées , où toutes les méthodes , tous les systèmes que peut avouer la raison publique , seront

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librement essayés. L'UDiversité applaudit d'ayance à toos les efforts qui viendront s'unir aux siens pour accroître et propager les lumières. Placée au-dessos des caprices de la mode, marchant sans bruit, comme le monde, suivant la parole de son glorieux fondateur, rUniversité est sûre de sa force et pleine de foi dans son avenir, qui est celui de la patrie elle-même.

Jeunes élèves , vous allez paraître à votre tour sur la scène du monde ; vous y remplacerez les générations de la révolution et de Tempire, qui ont fait ou qui ont vu de si grandes choses. Plus heureux que vos pères, mais grâce à leur constance, il vous a été donné de voir la France libre et prospère à Tombre de cette admirable forme de gouvernement, où les principes divers de tous les gouvernements généreux, toutes les forces, tous les intérêts, tous les vœux du pays se prêtent, à leur insu même, un mutuel appui , et conspirent à la puissance commune ; cette monarchie constitutionnelle, rêvée jadis par quelques beaux génies, invoquée par les sages, annoncée par Montesquieu , conquise enfin par tant de souffrances et de glorieux travaux , et dernier terme de nos longues vicissitudes ! Aimez donc le siècle, aimez le pays qui vous font ces avantages ! Aimez ce roi, cette dynastie dont les destinées sont confondues avec les vôtres ! Aimez cette France, dont la fortune est aujourd'hui celle de la liberté et de la paix du monde ! Mais dans votre dévouement à cette noble patrie , retenez bien renseignement de cette journée : n'oubliez jamais que

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c'est la forte discipline de l'àme , Ténergie persévérante qui font les grands caractères et perpétuent les grandes nations.

DISCOURS

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