‹ Fragments littérairesChapitre 27 sur 56 · DISCOURS PRONONCÉ AUX FUNÉRAILLES^ ETC · texte numérisé non relu

DISCOURS PRONONCÉ AUX FUNÉRAILLES^ ETC

M. de Gérando était un des pères de la nouvelle. Il y donnait la main à deux générations , à deux époques , comme dans la science il était le lien de deux grandes philosophies, immortelles dans leurs principes, incompatibles seulement par leurs excès : Tune qui s^appelle la philosophie de Texpérience , l'autre celle de la raison , toutes deux se relevant de noms diversement glorieux : celle-ci d'Aristoie , de Bacon et de Locke ; celle-là de Platon et de notre Descartes. M. de Gérando dut à la première les brillants succès de sa jeunesse (i) ; et sans la désavouer jamais à mesure qu'il avança dans la vie , il se rapprocha de la seconde.

V Histoire comparée des systèmes de philosophie y dans les deux éditions qui en parurent à vingt ans d'intervalle (s), marque excellement le progrès toujours

(1) M. de Gdrando se fil connaître d^abord par un mémoire quMl composa étant simple soldat (grenadier à cheval) dans rarmée de Masséna, sur la question proposée pour la seconde fois , en Pan vi , par TAcadémie des sciences morales et poUtiques ; Déterminer l'influence des signes sur la formation des idées. M. de Gérando reçut la nouvelle quMl avait remporté le prix quelques jours après la bataille de Zurich, à laquelle il avait pris part. Ce mémoire est le fond de Pouvrage : Des signes et de l'art de penser^ considérés dans leurs rapports mutuels. — 11 remporta un autre prix à TAcadémie de Berlin sur la question de la Génération des connaissances. Le mémoire couronné est deveno VHistoire comparée des systèmes de philosophie ^ relativement aux principes des connaissances humaines. Cet ouvrage a été traduit en allemand par Tennemann "

(2; Histoire comparée des systèmes de philosophie t

91 DlSCOUmS PROHONCÉ AUX FUMÉBAILLES

mesuré de Tesprit de M. de Gérando. C'était, en i804, une idée heureuse et nouvelle d'appeler l'histoire ao seeours de la science , d'interroger les deux grandes écoles rivales au profit de la vérilé , et de dresser l'iaventaire impartial de l'héritage qu'elles lèguent au XIX* siècle. I^ temps emportera peut-être quelques parties de ce bel ouvrage , mais la pensée première en demeurera , et conservera le nom de M. de Gérando.

N'oublions pas ici un autre livre d'un caractère différent, d'un mérite au moins égal, ce livre du Perfectionnement moral et de Védueation de soi'méme{i) où, parvenu au seuil de la vieillesse, M. de Gérando reporte ses regards sur la route qu'il a suivie , et nous enseigne avec une autorité pleine de charme le grand art de la vertu, car c'est un art aussi , qui a ses règles et ses pratiques , qui demande sans doute une nature heureuse, mais surtout de généreux efforts , un exercice modéré mais soutenu. Le dessein et toute la conduite de cet écrit est vraiment admirable. Resserrex un peu ces riches développements , donnez à ce style

Cette édition D*esl point terminée ; elle devait comprendre encore quatre volumes. Le manuscrit du cinquième a été sous nos yeux il y a déjà bien des années. Les quatre premiers volumes embrassent Panliquité et le moyen âge; le cinquième était consacré à la philosophie de la renaissance. — On dit que M. de Gérando, entre autres manuscrits, laisse un traité inachevé de V Existence de^Dieu.

(1) Bruxelles, édition Hâuhâii etC«, 1839, 3 forts vol.in-18; traduit en allemand par Schelle, Halle, 1838-S9.

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