‹ Fragments littérairesChapitre 51 sur 56 · SUB DOMAT · texte numérisé non relu

SUB DOMAT

Domat , et nous en sommes encore à ces belles paroles tant de fois répétées de d'Âguesseau , dans ses instructions à son fils sur Tétude de la jurisprudence {OEvresded'Aguesseau^U I, p. 273) : c Personne n'a mieux approfondi que cet auteur le véritable principe deslois, et ne Ta expliqué d'une manière plus digne d'un philosophe, d'un jurisconsulte et d'un chrétien. Après avoir remonté jusqu'au premier principe, il descend jusqu'aux dernières conséquences. 11 les développe dans un ordre presque géométrique : toutes les différentes espèces de lois y sont détaillées avec les caractères qui les distinguent. C'est le plan général de la société civile le mieux fait et le plus achevé qui ait jamais paru , et je l'ai toujours regardé comme un ouvrage précieux que j'ai vu croître et presque naître entre mes mains par l'amitié que l'auteur avait pour moi. Vous devez vous estimer heureux , mon cher fils , de trouver cet ouvrage fait avant que vous entriez dans rétude de la jurisprudence. Vous y apporterezun esprit non-seulement de jurisconsulte, mais de législateur , si vous le lisez avec l'attention qu'il mérite; et vous serez en état, par les principes qu'il vous donnera , de démêler deVous-mème , dans tou* tes lois que vous lirez , ce qui appartient à la justice naturelle et immuable de ce qui n'est que l'ouvrage d*ane volonté positive et arbitraire , de ne vous point laisser éblouir par les subtilités qui sont souvent répandues dans les jurisconsultes romains , et de puiser avec sûreté dans ce trésor de la raison humaine et du

tOd DOCUMBNTS INÉDITS

sens commun... > Et ailleurs (p. 275) : < Vousseret en état , après cela, de commencer à lire les Instîliiu de Justinien; et, quoique Tordre n*eu80Ît pas yicieux, vous souhaiterez néanmoins plusd*une fois qu'il eèt pu être tracé par M. Domat au lieu de Tôlre par M. Tri* bonien. *

On connait aussi la lettre de Boilean à Brossette , où il appelle Domat le retlawraUur de la raison dam la jurisprudence {Œuvres de Boileau , édit. de Saint- Surin , t. IV, p. 515).

Après ces hommages rendus à Domat par le poêle de la raison et par Tillnstre auteur des ordonnances de i75i et de 1735 , nous rencontrons , parmi les Additions de Perrière à la nouvelle édition des Vies des plus célèbres jurisconsultes de Taisand (Paris, 1757 , p. 654-38) , une notice biographique fort courte , mais puisée à de bonnes sources qui ne soni pas indiquées. Terrasson en a tiré la page unique qu^il accorde à Domat dans THistoire de la jurisprudence romaine (Paris, 1740, p. 482). Les deux derniers éditeurs de Domat, M. Carré (1'^ édition in-8<^, Parts, 1822) et M. Rémy (Paris , 1835) , ont été encore plss hreh que Terrasson ; ils déclarent Fun et Tavlre que e''est dans ses ouvrages qu'il faut chercher Domat, iear ils sont, pour ainsi dire , sa vie entière (i). Enfin, la Biographie universelle (article Domat par M. Ber*

(1) M. Carré, Notice sur Domat , p. 1. M. Rémy Cp. 1). répèle celle phrase : « C'est donc seulemenl dans ses ouvrages qu'il faut le chercher tout entier, n

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nanti) e»t , s'il est possible , plus vide encore de tout renseignement historique.

Par une sorte de compensation , on article de cette même Biographie universelle sur Prévost de la Jannès nous apprend que ce maître et ce prédécesseur de Pothier à l'université d'Orléans , qui s'était formé lui* même à la grande jurisprudence dans les écrits de Domat , avait laissé manuscrite c une Histoire de la vie et des ouvrages de Jean Domat , > qu'en i74^ il était dans l'intention de publier. Mais l'impression éprouva divers obstacles , dont le principal était l'opposition du censeur royal Hardion , qui , taxant , on ne sait trop sur quel fondement , Touvrage de jansénisme , exigeait de nombreuses corrections qui l'eus-* sent défiguré , et ^ par-dessus tout , le retranchement absolu de tout ce qui , dans cet écrit , avait trait h Pascal , compatriote et ami de Domat. Cet ébge , réoni à deux ouvrages inédits de Prévost, faisait partie de la bibliothèque publique de la ville d'Orléans. Ce recueil, indiqué au catalogue de i 7.77 par D. Fabre, a disparu, ainsi que plusieurs autres, lors du désordre momentané qui exista dans cet établissement à l'époque des troubles révolutionnaires. L'éloquent et savant éditeur de Pothier , M. Dopin , dans sa dissertation sur la vie et les ouvrages de ce célèbre jurisconsulte {Œuvresde PoMer, Paris, 4824, tome !«' , p. 89), après avoir cité ce passage curieux de la Biographie universelle « remarque qu'il est commode de tout rejeter sur les troubles révolutionnaires, c Sans disputer,

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