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Lacune de deux lignes

DE l'autorité en PHILOSOPHIE. 17

à la raison, il suffit de les faire voir dans les livres sacrés ; comme pour montrer Fincertitude des choses les plus vraisemblables, il faut seulement faire voir qu'elles n'y sont pas comprises* ; parce que ses principes* sont au-dessus de la nature et de la raison, et que, Tesprit de l'homme étant trop faible pour y arriver par ses propres efforts, il ne peut parvenir à ces hautes intelligences' s'il n'y est porté par une force toute-puissante et surnaturelle.

Il n'en est pas de même des sujets qui tombent sous le sens ou sous le raisonnement : l'autorité y est inutile ; la raison seule a lieu d'en connaître. Elles ont leurs droits séparés ; l'une avait tantôt tout l'avantage; ici l'autre règne à son tour. Mais comme les sujets de cette sorte sont proportionnés à la portée de l'esprit, il trouve une liberté tout entière de s'y étendre : sa fécondité inépuisable produit continuellement, et ses inventions peuvent être tout ensemble sans fin et sans interruption.

C'est ainsi que la géométrie, l'arithmétique, la musique, la physique, la médecine , l'architecture , et toutes les sciences qui sont soumises à l'expérience et au raisonnement, doivent être augmentées pour devenir parfaites. Les anciens les ont trouvées seulement ébauchées par ceux q^ui les ont précédés ; et nous les laisserons à ceux qui viendront après nous en un état plus accompli que nous ne les avons reçues.

Gomme leur perfection dépend du temps et de la peine, il est évident qu'encore que notre peine et notre temps nous eussent moins acquis que leurs travaux séparés des nôtres, tous deux néanmoins joints ensemble doivent avoir plus d'efiet que chacun en particulier.

1. On voit poindre le scepticisme de Pascal. Il suffit, à Ten croire, qu'une chose ne soit point dans les livres saints pour être incertaine. Mais comment distinguera-t-on avec certitude ce qui est dans les livres saints? Puis comment sera-t-on certain que les livres saints sont la seule certitude ?

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