‹ Fragments philosophiques (volume 2)Chapitre 2 sur 25 · ZENON D^ÉLÉE · texte numérisé non relu

ZENON D^ÉLÉE

ZENON, appelé ordinairement Zenon d'Élée pour le distinguer du fondateur du stoïcisme, naquit à Élëe, colonie phocéenne de la Grande- Grèce (1). Les uns lui donnent pour père Pyretès (2), la plupart Teleutagoras (3), la majorité des témoignages faisant de Pyretès le père de Parménide (4). Pour la date de sa naissance et toute sa chronologie, l'autorité la plus précise que nous ayons est l'introduction du Parménide de Platon , où Parménide et Zenon sont représentés arrivant à Athènes, Parménide à l'âge de soixante-cinq ans, et Zenon à l'âge d'à peu près quarante. Et il ne faut pas éluder l'autorité de Platon, en invoquant ses nombreux anachronismes ; car Platon se permet, il est vrai, des anachronismes, mais quand ils lui sont nécessaires , ou quand ils sont insignifiants; or ici rien de semblable. Platon n'avait aucun besoin de nous donner Fâge précis de Parménide et

(1) Diog. deLaërte,ix,28; Apulée, ApoL, i. Strab., vr, etc.

(2) Apollodore , dans ses Chroniques, au rapport de Dîogène, IX, 25.

(3) Dîog. , ibid, ; Suîdas, Ztlvm.

(4) Diog., Parmen.; Suidas, Ua^/uiv,; Théodoret, Therap, Serm, '

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de Zenon , et l'erreur serait trop positive et trop grave pour être une simple distraction chronologique; ce serait une véritable déception tout-a-fait inadmissible. Ou peut donc regarder la date fixée par Platon comme une base sm* laquelle la critique doit s'appuyer. Or Zenon ^ arrivé à Athènes à l'âge de près de quarante ans, y jeta un grand éclat' pendant son séjour, à ce que Platoù nous apprend. Il y donna des leçons à l'élite de la jeunesse athénienne : Plutarque assure même qu'il enseigna à Périclès la philosophie de Parménîde. Ainsi cette époque peut être 'considérée comme la plus brillante de sa vie , et par conséquent c'est à celle-là que peut ti'ès-bien se rapporter ce que dit Diogène, que Zenon fleurit à la soixantCKlix^-neuvième olymr piade; Suidas dit à la soi^ante-dIx-*huitième ; Eu^sèbe le place avec Héraclitie à la quatre-yingtième. Or un homme qui a près de quarante ans vers la soixante-dix-huitième ou soixante-dix-neuvième olympiade, est bé vers la soixante-huitième ou soixante-neuvième. Le même calcul servirait aussi à bien fixer là chronologie de Parménide.- Si on fait tomber ]'âge de soixante-cinq ans que Platon lui donne vers la soixante-dix^neuvième olympiade, il sera né entre la soixante-unième et la soixanJ;edeuxième , c'est-à-dire dans le berceau même d'Élée et dans le premier établissement de la colonie. Il aura pu entendre Xénophane, mort ver» la soixante- >sixième olympiade, et il aura très-bien pu commencer à se distinguer vers la. soixante ^neuvième,

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comme le marque positivement Dîc^ène. Son illustration se sera accrue et déreloppëe de la soixatiteneuTÎème à la soixante-dix-huîtième ou soixantedix-neuviàne , époque à laqudHe il arriva a Athènes à l'âge de soixante^^inq ans, déjà tout couvert de cheveux blancs^ dit Platon , et avec l'aspect d'une belle vieillesse. Après son voyage à Athènes, sa célébrité n'a pu que se maintenir jusqu'à sa mort ^ ce qui explique ce que Vlit Eusèbe qu'il a fleuri avec Empédode dans la quatre-vingtième olym* piade; la mention simultanée d'Empédocle prouve assez qu'il ne s'agit pas ici du commencement de la réputation de Parménide , mais de son plus haut d^ré et de son dernier terme. La seule objection est l'impossibilité que dans cette hypothèse Socrate, né dans l'olympiade soixante<lix-septième, S* année , ait pu prendre part à la conversation retracée dans It' Parménide y et qui a dû avoir lieu vers la soixante -dix -neuvième olympiade, c'est-à-dire, quand Sôcrate avait au plus dix ans. Sa jeune imagination aura biai pu être frappée de l'aspect imposant du vieux philosophe; mais comment lui prêter, si précoce qu'on le suppose, une partie de l'argumentation du Parménidç ? A cela nous répondons que c'est ici que se place très-bien le genre d'anachronisme que Platon se permet, et qu'il pouvait se permettre. Platon se proposant de faire connaître laphilosophie éléatique, c'était une bonne fortune pour lui de trouver établie et répandue une tradition vive encore du voyage et du séjour de

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Pârménide et de Zéhon à Athènes , tradition qui lui pamettait de mettre en scène «es deux illustres personnages (exposant eux-mêmes leur doctrine* D'un autre côté^ ladomiée fondamentde des drames de Platon était TinterYention de Socrate; et Scy* crate dsans son eni^noe avait vu ou pu Toir Parme* uide et Zenon. Il ne s'agissait donc que de lui prè* ter quelques années de plus^ et^ de substituer sa première jeunesse à son enfance y cliahgement nécessaire, mais suffisant pour faire jouer à Socrate un certain rôle dans cette haute conversation philosophique. L'anachronisme était peu de chose , et il était indispensable. Rien d'ailleurs n'était flk^ aisé que de le masquer sous une expression indécise qui offrit le double sens de l'enfance ou de la première jeunesse , et c'e^ précisément une semblable expression (1) qu'emploie Platon dans le Parme-' nide et le Théœtète. Cette seule hypothèse admise, il en résulte un calcul qui a pour lui la ooncondance de tous les autres témoignages , qui fixe et détermine toute la chronologie de Zenon et de Parroénide, se lie à celle de Xénophane, établit l'enchaînement et le mouvement de l'école d'Êlée, et par \k éclaire l'histoire entière de cette école. On voit alors toute cette métaphysique, en «apparence si arbitraire , se développer r^lièrement^ comme d'après un plan arrêté d'avance sur lequel viennent se dessiner successivement et au temps

(1) S^O.^pOB VtOf, ^itU 916S,

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marqué, avec leurs rapports intimes et leurs àifférenées nécessaires, les trois grands hommes qui constituent Técole d'Élée. Entre la soixante-unième et la soixante - sixième olympiade, Xénophane, Ionien de naissance, et récemment établi au milieu des colonies doriennes et pythagoriciennes de la Grande -Grèce, conçoit l'idée fondamentale de l'école d'Élée, et la lègue indécise encore, mais féconde et pleine d'a^^enir, à son successeur Parménide, qui, né à Élée, n'ayant jamais respiré d'autre air que celui de la Grande-Grèce, nourri de bonne heure et pénétré de l'esprit qui avait inspiré la vieillesise de Xénophane , retranche de l'ensemble imparfait dont il hérite Télément empirique et ionien, pour en développer exclusivement l'élément dorien , la haute tendance idéaliste et pythagoricienne, et imprime ainsi au système éléatique l'unité et la rigueur qu'aucun système ne peut avoir a sa naissance, l'élève à son véritable principe, le pousse à ses véi^itables conséquences, lui donne enfin son caractère et sa forme définitive. Ceci avait lieu vers la soixante-dixième olympiade. Zenon, né à Élée, vers cette époque , trouvant l'école éléatique fondée et achevée , n'avait plusi rien à faire qu'à ladéfendre et à cpmbattre pour elle : c'était le seul rôle qui lui restât , et il l'a rempli admirablement de toute manière. On peut dire que Xénophane est le fondateur de l'école d'Élée ; que Parménide en est le législateur; Zenon, le soldat, le héros et le martyr. Ce point de vue domine à la

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fois la YÎé de Zenon et ses ouvrages ; car la TÎe et les ouvrages d'un homme qui appartient yëritable» ment à l'histoire expriment la même idée et tiennent à la même destinée. La destinée de Zenon devait être toute polémique. De là^ dans le monde extérieur^ la forte vie et la fin tragique du patriote ; et dans le monde de la pensée , te rôle laborieux du dialecticien (1).

Né à Élée vers la soixante-neuvième olympiade avec des avantages extérieurs remarquables (2) , la première partie de la vie de Zenon s'écoula , à ce qu'il parait, dans l'étude de la philosophie de Parménide , qui l'aima comme un père (3) > selon les uns, ou plus vivement encore, selon les autres (4). Tous les auteurs s'accordent sur son ardent patriotisme. C'était l'époque de l'affranchissement de la Grèce et de l'élan général ver& la liberté et l'indépendance : de toutes parts on secouait le joug des Perses , et L'on travaillait à se donner des institua tions plus libres. L'histoire de chaque colonie , et

(1) Viyovt ^f «vi)p ytvvutcTUTOç xu) c'y ÇeXoa-ûÇ/tù ko) iv ^cXirtiet^ Dîog.y IX, 25.

(2) Platon, Parm,, îvfii^ti *«i jtjaspuFT» tè^uv.; Apulée, jipoL i, Longé decorissimum. Diogéne dit la même chose d'après PJatoD.

(3) Diog., ^vru^tfTtXtvTuyifùVy B-tm i^s Uet^ftiMov,

(4) Platon, ibid., UêtthxM tùv Uttffitu^ùv , Athénée, lîv. xi, éd. Schw., t. IV, p, 381, semble confirmer l'opinion de Platon par le reproche même qu'il lui fait d'avoir dit sans aucune nécessité que Zenon était le bien-aimé de Parménide :

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surtout l'histoire d'Élëe, est couverte de ténèbres trop épaisses, pour que nous sachions ce qui se passa alors sur ce point intéressant de la Grandes- Grèce. Seulement nous voyons que , 4bndée dans la soixante«umèi|ie olymjMade, Ëlée s'adressa à ses {^ilosophes, à Parménide, selon Plutarque et Diogène y à Farménide et à Zenon, selon Strabon, pour fixer sa constitution et ses lois (1). Quelle était la nature de cette législation ? Inclinait--elle vers l'esprit des établissanents doriens, ou, fidèle à son origine phocéenne, Élée conserva-t^lle l'esprit ionien dans ses institutions? On s'accorde à louer cette législation sans ^ la décrire , et Plu* tàr^e (2) assure qu'au commencement de chaque année, les citoyens faisaient serment de n'y rien changer» La tradition dit la même chose des lois que Charondas donna à Rhégium , et de celles de plusieurs autres villes de la Grande-Grèce. Si le fait rapporté par Plutarque est certain, il supposerait à Êlée, comme à Rhégium, comme à Thurii et ailleurs, des troubles antérieurs, probablement causés par la lutte de l'aristocratie et de la démocratie , lutte qu'on aurait essayé de terminer par l'adoption d'une législation tempérée* Quoi qu'il en soit , Zenon , content d'avoir contribué à donner à sa patrie des institutions sages, ne chercha pas à 3'y faire une grande place , et ne voulut d'autre pouvoir que celui de ses vertus et de ses talents.

(1) Diog., IX, 23; Plutarq., contr, Colot,, éd. Reiske,t. x, p. 628 ; Slrabon, vi. — (2) Uid.

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Diogène atteste qu'il méprisait les grandeurs (1) à l'égal d'Heraclite^ et l'on sait que l'Ionien Heraclite méprisa si fort les grandeurs^ qu'il renonça volontairement au pouvoir suprême. Mais les deux philosophes étaient animés en cela de sentiments bien différents. Heraclite quitta en même temps' le pouvoir et la société des hommes pour se livrer tout entier à l'étude de la nature. Zenon , en se maintenant pur de toute ambition, conserva son activité politique. Il était même trèsrsensible à l'opinion , et Diogène nous a conservé un mot qui prouve qu'il y avait en lui un cœur d'homme et une honorable sympathie. Quelqu'un (2) lui demandant pourquoi il était si sensible au mal qu'on disait de lui : « Si le blâme de mes concitoyens , répondit-il, « ne me faisait pas de la peine, leur approbation ne « me ferait pas de plaisir. » Il aimait trop ses concitoyens pour n'avoir pas besoin d'en être aimé. Élée n'était, il est vrai, qu'une petite ville; mais ses citoyens étaient honnêtes j et Zenon préféra constamment ce séjour modeste aux magnificences d'Athènes (3) , qu'il ne fit que visiter de temps en temps, et qui ne purent le séduire ni l'arrêter.

Ce fut dans un de ces rares (4) voyages qu'il accompagna Parménide , et que se place l'épisode de

(1) Diog.yix, 28^ ùirifùwrtKlç Têiv fitil^ùvaiv,

(2)Dîog.,ix,29.

(3) Diog., IX, 28 , HfAi» tvTiXii nyâ%n<n fia}^êif ris Àitivaim ltttym>MvxUç, Suidas, '£Af«.

(4) Diog., ibid,, Oùm iwtênftvms rà wo?<hù %f«ç mvTovç,

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sa vie qui fait le sujet du Parménide de Platon. Ce voyage eut l'important résultat de faire entrer la philosophie éléatique dans le mouvement général de la philosophie grecque. Zenon enseigna la nouvelle philosophie a Périclès (i), et donna à Pythodore et à Gallias (2) des leçons qu'ils lui payèrent cent mines; et, quoique la coutume de faire payer ses leçons lui ait été commune avec les sophistes, il n'y faut rien voir de contraire aux habitudes modestes de sa vie et à son désintéressement. Platon est le premier qui donna des leçons gratuites, d'abord parce qu'il répugnait à faire dégénérer l'enseignement de la sagesse en une sorte de profession mercantile; ensuite pour distinguer par là plus fortement l'enseignement de Socrate et le sien de celui des sophistes; enfin par la raison qu'il était fort riche, et pouvait se passer de tout salaire. Faute de cette dernière raison, les philosophes platoniciens eussent été obligés d'abandonner tôt ou tard l'exemple de leur maître, si les Antonins n'eussent pas créé à Athènes des chaires publiques de platonisme avec un traitement donné par l'État ou avec des dotations affectées à la chaire qui permettaient aux professeurs (0/ àUth^^oi) d'enseigner gratuitement; et ces dotations subsistèrent jusqu'au décret célèbre de Justinien, sous le consulat de Décius, au sixième siècle (3). Olympiodore, dans»

(1) Plutarq., rit. PericL — (2) Plat., AlcUt, Voyez liia traductîou, t. V, p. 72.

(3) Joannes Malela, Hist. chron,, 11, p. 187, éd. Oxon.

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son Commentaire sur le premier Alcibiadef en commentant le passage sur les cent mines que Zenon fit payer pour ses leçons à Callias et à Pythodore, tout platonicien qu'il est^ a le ben sens de ne point accuser Zenon , et même de le défendre , par cette raisop trèsrsimple qu'on ne voit pas pourquoi il n'en serait pas de la philosophie comme de la médecine et des autres arts , et pourquoi le philosophe instruirait les hommes sans obtenir une récompense de ses soins (1). D'ailleurs la vie entière de Zenon est là pom* le défendre du reproche de cupidité. On peut voir dans, le Parménide l'effet que produisirent à Athènes les étrangers d'EIée, et la doctrine de l'unité absolue. On conçoit que les objections et les plaisanteries ne manquèrent pas de la part de l'empirisme ionien^ la seule doctrine philosophique jusqu'alors connue et accréditée à Athènes. Zenon , chargé par Parménide de soutenir la discussion^ au lieu de réciter sur les hauteurs de l'idéalisme^ descendit sur le terrain même de l'empirisme, et tournant contre* ses adversaires leurs propres objections et leurs plaisanteries , les força de reconnaître qu'il n'est pas plus aisé d'expliquer tout par la pluralité seule que par la seule unité. Cette polémique d'un genre tout nouveau déconcerta entièrement les partisans de la philosophie ionienne , excita une vive curiosité et un haut intérêt pour les doctrines italiques; et

(l)Olymp., in Plat. Alcib., éd. Crciizer, p. l40 él l4l.

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ainsi fut déposé dans la capitale de la civilisation grecque, avec un élément nouveau et une nouvelle donnée philosophique , le genne fécond d'un développement supérieur. Zenon, avec sa dialec* tique subtile et audacieuse, apparut aux Athéniens comme une sorte de Palamède en fait de discussion philoaofdtique (1).

De retour à Élée , et ici toute date précise nous abandonne, son patriotisme trouya l'occasion de se déployer sur un plus grand théâtre. Tous les historiens attestent qu'Élée étant tombée, il est impossible de savoir comment , sous le joug d'un tyran appelé Néarque, ou Diomédon, ou Démylos, Zenon entreprit de la délivrer, qu'il succomba, et

(1) Platon, Phèdr, (Vojez ma traduction, t. vï, p. 85. )r et Dîog., IX, 25, d'après Platon. C'est en effet Zéuon que Platon désigne sous le nom de Palamède d'Élée. Hermias (éd.*Ast. , p. 184) et le Scholiaste l'entendent ainsi : êtt ^$ wuftfFtTTtifiotf axî^ùv 91* «cvp, is fcttt Ha>Mft,n^nÇ' Quintilien, InsL Or,, m, I, voit un rhéteur dans le Palamède de Platon, le rhéteur Alcidamas. Il n'est pas besoin , avec Spalding, de rejeter la phrase de Quintilien comme l'addition d'un glossatenr ; il suffît de l'expliquer par les habitudes d'esprit de Quintilien. Il est étrange que Tiedemann,u4^r^r<in. in Plat,, p. 378, rapporte cette expression à Parménide, fondant cette conjeeturc sur une autre, véritablement au-dessous de la critique, savoir, que Platon aura ainsi parlé d'après un livre controuvé de Parménide qu'il aura pris pour authentique. Mais lui-même a plus tard abandonné cette opinion , et il est revenu à celle que nous avons adoptée. Geisl der spéculât. Philos,, t. 1", p. 298.

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périt dans un horrible supplice où il montra un caractère héroïque. Voilà le fond du récit des historiens ; maïs les variantes sont innombrables. Le fait est trop intéressant en lui-même et trop hono-rableàla philosophie éléatique^ pour qu'il nous^ soit permis de ne pas l'examiner en détail.

Cicéron (1 ) le rapporte d'une manière très-géné-^ rale^ Plutarque le développe davantage (2) : « Zé- « non y l'ami de Parménide^ ayant conspiré contre i< Démylos^ et ayant échoué dans son projet^ ren- « dit témoignage par ses actions de l'excellence ce de la doctrine de son maître , et prouva qu'une « âme forte ne craint que ce qui est déshonnéte , i< et que la douleur ne fait peur qu'à des enfants (c et à des femmes^ ou à des hommes qui ont un « cœur de femme. En effet, il se coupa la-Jangue (c avec les dents et la cracha à la figure du tyran. » Il rapporte la m^ne chose ailleurs (3) ; et dans les Contradictions des Sioïeiens (4) , en isMiA allu* . sion au malheur de Zenon, il rappelle le nom du tyran Pémylos. Le récit àà Diogéne est encore plus détaillé que celui de Plutarque, et repose -sur diverses autorités graves (5) : « Zenon ayam entrè- « pris de renverser le tyran Néarque, d'autres (f disent Diomédon , fut pris, comme le dit Héra- « clide dans l'abrégé de Satyrus. Interrogé sur ses

(1) Tuscy II. — De nat, deor,, i. — (2) Contr, ÇoloL, éd. Reîske, t. x, p. 630.

(3) De Garrulitate, t. viii, p. 13. — (4) T. x, p. 345. — (5)ix,26-î8.

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