‹ Fragments philosophiques (volume 2)Chapitre 25 sur 25 · OLYMPIOBORB · texte numérisé non relu

OLYMPIOBORB

sage de cette leçon où Olympiodore lui reproche d'avoir soutenu que chacun des aliments employés par Platon prouve directement l'immortalité de l'âme ^ tandis que, selon la remarque fort judicieuse d'Olympiodore, il y a certains arguments qui ont besoin d'être liés les uns aux autres et réunis pour avoir dé la force. Cette méprise d'Iamblique, dit Olympiodore, vient de la nature passionnée et enthousiaste de son esprit, « fiîof Uiipov êufiiç. » Dans un autre endroit de cette leçon , lamblique est encore placé parmi ceux qui^ exagérant et <^naturant la pensée de Platon, s'étaient imaginé que Platon régarde toute aine conune immortelle , l'âme des bêtes. et l'âme des végétaux tout aussi bien que l'âme raisonnable; et Olympiodore nous apprend qu'Ammonius avait rétabli le véritable sens de Platon.

i< Il y a sur l'âme trois opinions fausses :

w 1 ®. Que l'âme meurt avec le corps , ainsi que le pensent ceux qui la regardent comme une harmonie; c'était le sentiment de Simmias et de quelques pythagoriciens.

« 2"*. Que l'âme est comme un corps subtil , ei que, semblable à la fumée, elle se dissipe et s'anéantit après sa sortie du corps ; c'étïiit la croyance Vd'Homère (1) : '^vyçti S"' sk p69im nfra^iivn AîSiçS't ^êCnKti. Et ailleurs : 0;^«to nrpiyvlA katÀ ^iovofy nin KtfTfviç (2); c'est le sentiment de Cébès queSocrate combat.

(1) Iliade, XVI y v. 856.

(2) Ibid. XXIII, les vers 100 et 101 resserrés en un seul.

(( 3*. Querâime sans culture s'évanouit en sortant du corps y mais que l'âme cultivée et aâermie par la vertu (^ro/jM^u^ôLf) dure jusqu'à la conflagration de l'univers , i'jnyiéfuf rnv iKTvpao'iv tou ^*y- Tor Ki^[jLùv 5 c'était l'opinion d'Heraclite (1). »

Tout ce passage du Phédon est rempli d'allusions aux doctrines orphiques. Olympiodore cite les deux vers suivants, que, selon lui, Platon devait avoir en vue :

Oî /' AVToi ^ATJpic ty v\i%i h /uiy«poi0'iv

Et à cette occasion Olympiodore cite également deux vers d'Empédocle que tous nos manuscrits donnent très-altérés, comme l'indique à la marge le manuscrit 1 56 :

Hi'M y*f ^o<r* 17» T'ffTO/ANT K^vfùç ri xo^n ti 9a/uto( «r* oî»? oc To j^ th cU) fif;|^vTOc l( «Uoc S{utfvfc 'X^ôç,

Le second vers est manifestement vicieux, et nul de nos manuscrits n'oSre la moindre variante. Je ne sais ce que peut signifier Aixpvpof qui n'est pas dans les lexiques. Le manuscrit de Leyde que

Voyez Halbkart et les auteurs cités par Tennemann, Jtfahzte/^ tom. I, p. 77, et une thèse récente d'un élève de l'école normale, M. Hamel, de Psjrchologiâhomericâ; Pansus, 1832.

(1) Sur cette doctrine de la conflagration finale de l'univers et de la durée de l'âme vertueuse, comme appartenant à Heraclite ou aux stoïciens, voyez Schleiermacher , Muséum der

' Alterth.y TVissensch., tom. i, 3« cah. pag. 457 à 471.

(2) 5icHermann, Orphica, pag. 509.

$02 OLYMPiOBtHlB^

donne Wyttenbach pœrte ij^ë^ha. (sk) au lieu de i| ihif. Ce'^mot est donc oelui qui est le plus suspect d'être <x>rroœpu. Il n'est pas impossible que f ^«iAA« ou l| ikiç ifipvfùç soit unc addition de quelque copiste, quelque glose ^ comme par çxemple, 1^ iiikwJi^vfêf ou bien f(K«-upor ou l/bisrre«<9 glose qui sera passée dans les manuscrits postérieurs* Il resterait alors un excellent yers : ^tt^U r w^vif rt KAÎ iîv ÂAi vn^vTOf îx'ivf. Et je tiens cette leçon pour bien supérieure à celle des autres auteurs qui ont cité ces Tcrs d'fimpédocle* Sain^Clément (Strom.) iAAoTors saint Cyrille contre Julien y pêLUifi^fy Ménage (D. L* Tiii^ 77), ifAvvfêfi Athénée dans les plus anciens manuscrits i^ «Uor Ifc^ri^oor que préfère Casaubon. Schweighauser (^<^n. viii, à la fin), rétablit ifATVfOf. Ce manuscrit d'Olympiodore était connu de Gasaubon; mais ce grand critique, trompé par le rice manifeste du vers entier, s'est trop peu arrêté à la leçon ùv âm^ rnx^roçj qui est la plus naturelle et la plus antique. Sturz, dans son ouvrage sur Empédocle, s'en est tenu à la leçon f AAo7or.

Nous ne quitterons pas cet endroit de notre commentaire sans remarquer que c'est là que Bouitlaud a pour k première fois découvert le passage célèbre î^latif au grand astronome Ptolémée. Ce passage se trouve au milieu d'une explication assez peu raisonnable du mythe d'Endymion. « Le som- « meîl d'Endymion, dit Olympiodore, et ses amours « avec Diane sont le symbole d'un sage, qui dans

SUR JLB PHBlXKf. 503

« la solitude «'occupait d'astronomie ^ ce qui le u faisait passer pour cher à la lune » : txiyîr» <ri

TpiCf • /lo Ket^ pihof r} SiMiKii. ce On dit la même chose a de Ptolémée. U demeura quarante ans dans les fc ailes du Canobe^ occupé d'astronomie^ et il j a avait fiât tracer sur des colonnes les théorèmes <f d'astronomie dont il était l'auteur. » Z cPi» a«/ ^ê^i TlroKêfiMov ^AO-tr otfrsr yif in yi ïrn if rt!ïf As^/utroir

pofàtiiSv itoyfjLormv. Cette anecdote curieuse ne se trouTC que dans ce commentaire^ et c'est de là qu'elle a été tirée pour devenir l'objet d'une dis^ cussioq intéressante (1 ) •

11' Leçon* Ko) fiiv, ifv i Kiùif v^roKu/Cth.*., jus^ qu'à pâLfjUf TTév Ti îhdÈ i^f^*. feuillet 173 à verso; Bekk. pag. 37; traduction française^ pag* 222 : « Ne dirons-nous pas qu'il jr a de légalité.. •. »

Cette leçon roule sur Tai^ument de la réminiscence^ comme l'indique le manuscrit 1822^ lequel met en encre rouge à la tête de cette leçon le titre suivant : o U tSp ird/AKwViwr ao>o<^(2). Par l'argument des contraires^ Platon avait voulu prouver

(1) Journal dès Sapants, avril 1818, article de M. L^tronne sur la traduction de Ptolémée , de M. Halma. Le sujet de la discussion est de savoir s'il faut entendre réellement ici par ro» yUttfiCôv le Serapœum de Canope ou celui d'Alexandrie , ce qui déterminerait le parallèle sous lequel observait Ptolémée.

(d) Les manuscrits 1823 et 1824 donnent «y«Am«ry.

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que l'âme survit au corps; par l'ai^gument de la réminiscence , il prétend établir qu'elle lui préexiste , et que par conséquent elle peut lui survivre.

Ici encore^ Olympiodore réfute lamblique qui avait supposé que ce second argument, conmie le premier, prouve directement à lui tout seul l'immortalité de l'âme. D'autres commentateurs , plus sages qu'Iamblique , avaient pensé qu'il fallait les deux arguments réunis et pris ensemble pour établir cette conclusion. Ammonius, qu'Olympiodore appelle ô.p/xoVofo^, soutient que ce n'était point là l'esprit du texte , et que les deux arguments , soit séparément , soit pris ensemble , ne prouvent pas que l'âme est immortelle , mais seulement qu'elle peut préexister et survivre quelque temps au corps. Selon lui, ces deux arguments sont si peu décisifs par eux-mêmes, que Platon les fortifie par de. nouveaux arguments, et ce n'est guère que le cinquième, savoir celtii qui est fondé sur l'essence même de l'âme, qui en démontre directement l'immortalité.

Olympiodore^distingue de nouveau, d'après Piafton, deux sortes de mémoire, (^viifAnet àvttfAvtKrtry Tune qui n'est que la sensation continuée et qui nous est commune avec les animaux , tandis que l'autre implique l'intelligence, et n'appartient qu'à l'être raisonnable. « Uviif^n y^h i^ h roïç Àhiyotf ^mtf, i «Tè « àvAfJivtKFif f^éx^' '^^^ hoyiKoiv '\,ux^v. La réminis- (c cence est un rappel volontaire de la connaissance...

SUR LE PHBDON. 505

« une palingënëste de la connaissance.. .. elle nous (i appartient davantage » : oIkua i^v ilaki^tta »: « âvAfAfn^tf.,. oftit 'X'akiyyiViO'iA rîif yvtia'îtiç ia^rtv i

« fimvif lavnyLtif. » Olympiodore finit par remarquer que Socrate a déjà développé cette doctrine de la réminiscence dans le Ménon , où en effet elle est démontrée dialectiquement ^ tandis que ce mor-. ceaù du Phédon n'en» donne qu'un résumé trèsgénéral.

12^ Leçon* ^i^%f ttov rt uvAt Uov... jusqu'à la lacune manifeste qui se trouve- dans tous les manuscrits. Ce fragment ne contient que la fin du feuillet 1 73 à verso, et le recto du feuillet 1 74.

On y trouve le commencement de la démonstration de l'immortalité de l'âme par l'argument des idées.

Il s'agissaijt d'abord de prouver l'existence réelle des idées. Olympiodore commence à donner quelques preuves interrompues par la lacune visible indiquée dans tous nos manuscrits.

(( Si notre âme prononce que telle chose est plus « belle et telle autre moins belle , il est évident « qu'elle juge par rapport à quelque modèle y à « quelque idée. » Ka/ to iâ.h xiytt ( » ^^x^ ) M*^^^^

KttKùVy TO a tITTOVi <rÎAoV TtVA OpOV x) XpoV T/ ÉIcTof Tatfflt-

Cak^ovo-a^ Kpivei TfltVTflf où yÀ$ iSsiv ato iv fjLti ù^} ^oyovf TAUTet S'iAKfivuv. « L'écolc péripatéticienne répond (( que c'est là précisément la vertu de notre faculté (( de juger j mais notre âme ne juge pas naturelle-

506 OLTHPiOPORB y

a ment sans principes; elle n'agit pas comme Tarai*^ c( gnëe qui tire sa toile d'ellenoiéme. » Où m^rUt r^ Tiîft'srirt^ Ktyovrt irt Kftnx'i rtft J^fa^u taut^l fiAit^i*' w«* oO yif ^vâ'ixSf i¥$py$i éfjiérîpA ^^v^îti «««d-ct^cf 1 «f «;^rif f To ifkyyM. » S'il est Vrai que dans ses ju-^ (( gements l'Ame ajoute d'elle-même un terme > il « feut qu'elle possède en elle des idées ; sans cela «r elle ne passerait poipt d'une connaissance parti<cr culière à une yérité générale ; elle n'ajouterait (c pas au jugement le terme qui lui manque.» BiVpo^riBtivi ^^ |Ltfr«^etmi9 Sii\ov a^a on fl;^ti iv j«vtS %iH Tifi, è«ri? ovJ^i riiv ifx^^ (AtriCAin ngHt to kêï'X^v ^po^iri^eti fjii Ï^wo-a ilSii. ce En présence d'images sen- (c sibles imparfaites^ l'ftme conçoit des images par-ce faites. Nous allons de la connaissance sensible ^ tu par exemple de tel ou tel objet égal , à ce qui (c est égal en soi et absolument. Il faut bien que « nous ajoutions de nous-mêmes à l'objet égal ce ce qui lui manque , parce que ce qui est égal à ce nos yeux ne l'est pas exactement. » ce Àiro rnf AÎarOnrtKiif ypdo'îmf, ofoir «to rov rîjS't larov if^ifJit^A M TO ATrxff Ho'ov,., xgi ^po^ri^îiÀîf S'i ri KÛTor 9 J^ioti

OÛlt iKptCif TO Tf/f I^OK. »

Ici vient la lacune assez considérable que nous avons signalée, et le commentaire recommence au passage suivant de Platon : oûxouk roioV/f n» nJ"* ôV, S "StêxpATif, Hl ifiAç AVifî^o'Ai IrtUTouV, feuîUet 177, . Bekk. p. 46 ; traduction française, p. 233. ce Ce que nous devons d'abord nous demander à nous^mê^ mes y reprit Sourate... >y Cette leçon s'étend jus*-

SUR Ul PHBDON. 507

qu'au feuillet 479 Terao^ où nous avons prouvé que, sans aucun signe apparent, il y 21 réeUement solution de continuité, et qu'un nouveau commentaire, d'une forme tout4-fait différente, succède à celui que nous examinons.

Dans cette dernière leçon, le dernier passage de Platon qui est cité et commenté est : ôptt H ksu' t^/c... Bekk. p» 60 ; traduction française, p. 237 ; «Prenoris encore un autre chemin. » Cette leçon est un développem^it long et embarrassé de l'argument de la similitude : ô !« rsr ifAotirtirof xo^^or. En voici on extrait succinct : cr II faut d'abord distinguer ir l'essence, oùWa» du phénomène, yéveo'tf. Or, l'es* <c sence ce sont les idées, et les phénomènes, tous u les objets sensibles. A chacun de ces deux ordres <c distincts sont attachés six attributs : à l'essence , (c la divinité, l'immortalité, l'intelligibilité, l'indis- (c solubilité, la permanence et l'identité ; aux phé- H nomènes, les attributs contraires.

« L'essence, sans être Dieu, en dépend et est di« fr vine : la vraie immortalité est dans l'essence ; w cellensi n'étant en elle-même susceptible ni de (( passé, ni de présent, ni d'avenir. L'intelligibilité H de l'essence^ ro fonrift ne veut pas dire que l'es^^ , c( sence peut être conçue, vùoiifjiif^Vi mais qu'elle a tx en soi la propriété de concevoir ; en un mot (( qu'elle est l'intelligence elle-même. L'essence est <r indissoluble, n'étant point composée de parties. a Les astres mêmes, étant composés, sont dissolu*^ « Mes et périssables, considérés en eux-mémesj car

508 OLYMPIODORB^

(( ils ne se maintiennent pas par eux-mêmes ; mais « ib sont revêtus d'une immortalité empruntée, « selon le principe si bien établi par Aristote, que u tout corps fini n'a qu'une puissance finie. Étant i< simple, l'essence est uniforme. Par cette même u raison , elle est permanente et identique à elle- « même : eUi W i^-Avrmf W katà tÀ ûlvtÀ Î'X}! « iAvrf ; car le retour sur soi est le propre de l'in- « telligence : voS yif oÎkÛa n *9fiç iAvrh iTta-rpopn. i< Les choses sensibles ne sont jamais les mêmes : « elles sont toujours différentes, non-seulement les « unes des autres, mais d'elles-mêmes ; toujours « mobiles et entraînées par le cours du temps : tà (( /è Aio^dnrÀ ov/eVoTS i^ri «vrct* ov (jiifov yÀf dLKKnhMf

{< ivTA. Cette instabilité perpétuelle est opposée à la « peï^manence et à l'identité de l'intelligence, qui « revient toujours sur elle-même. C'est là le vrai (c caractère de l'identité, et le vrai sens de ces mots, (c identique à elle-même^ appliqués à l'essence.

(c Maintenant si l'on applique ces considérations (c à l'homme , on trouve dans l'homme l'âme et le « corps. Or, de l'âme et du corps , c'est évidemment « l'âme qui se rapporte le plus à l'essence, identi- « que à elle-même, pennanente, indissoluble, etc., « parce que l'âme est l*". invisible, 2^. douée de « pensée, 3'. qu'elle gouverne le corps. En effet, a l'invisibilité, la pensée et le commandement con- « viennent plus à l'indissoluble que leurs con- (( traires. L'âme, sous ce double rapport, se rap»-

T( proche donc plus que le corps de l'indissoluble; « elle est donc plus indissoluble que le corps ^ et « par conséquent plus durable. »

La dernière partie de cette leçon ajoute de nou» Telles lumières à celles que nous avait déjà fournies ce commentaire sur les commentateurs du Phédon antérieurs à Olympiodore. Olympiodore nous apprend que l'argument que nous venons de résumer, tiré de l'essence de l'âine, et fondé sur l'analogie de l'âme avec l'indissoluble, était considéré par tous les interprètes comme le seul argument vrai*ment démonstratif. Ici lamblique est encore cité , et même , à ce qu'il semble, textuellement. Voici quel était le raisonnement d'Iamblique; il s'appuyait sur ce principe de Plotin, que tout ce qui est détruit l'est d'une de ces deux manières, soit comme composé, soit comme accident et n'ayant d'existence que dans un sujet. Ainsi les corps périssent parce qu'ils sont composés , et les qualités intellectuelles périssent aussi parce qu'elles n'existent <jue dans un sujet. Or, l'âme n'étant point composée et n'existant pas non plus dans un sujet, puis-^ qu'elle gouverne le corps, lui donne la vie et a en elle-même son principe d'action, ne peut périr d'aucune manière , ni comme composée, ni comme dépendante d'un sujet pour son existence : E?>«

oZa-Aj KAT avHvA ApA Tpo^rôi^ çflfltpnVfTAi, ùiSi iç <ruV- Olympiodore cite encore un morceau assez étendu

540 OLYMPIODORE,

du commentaire de Proclus ^ où ce philosophe exa* minait de qudles idées Platon vent parler dam le Phédorij ou des idées considérées en Dieu lui-même, Ttif iirkSif riv %f T& JiffÂiov^y^y OU bien des idées considérées seulement dans Tàme humaine, S ^tpi rSf ^vx^itSf. On peut défendre l'une et l'autre interpré* tation; et Proclus, après avoir balancé les différents motifs, conclut qu'il s'agit des idées considérées som ce double point de vue ; en Dieu àrla-fois et dans Tàme humaine. Les idées en Dieu sont les exemplaires des idées dans l'âme, et celles-ci sont les images des premières* L'exemplaire et l'image, l'original et la copie sont relatifs ; les relatifs ne peu* vent se concevoir séparément; parler des uns c'est parler des autres : K^ti i'^nK^ivu ô upiKhof in Tipi ifA^oh i$-ri¥ air? i hiyof* i'^uH yif k^ ^TàLpAJiiyfittnt ri voipÀ uJ'n t5v 4'^y^ixxif x«i UKOVif rSv iKtivmfy T^if 71 Ji 70 TafntJ'iïyfAA ka) i iîitivi rÀ Ji crpo^ rt ^';^ct

Xi^fiiroy rt.êX 'JF%^\ fînorwir hAhiytïï^Au

Viennent ensuite diverses objections dont Olym* piodore ne nomme pas les auteurs, et qui ne sont pas d'une grande importance , non plus que les ré* ponses du philosophe alexandrin. A propos des choses invisibles qui échappent aux sens, mais que l'enthousiasme aperçoit, Olpapiodore dit que l'en-thousiasme remplace quelquefois la vue, IrSov^^m yôj^ wo7i Kdà o4/^> et il cite ce qu'on raconte d'Apollonius; savoir, qu'étant à Rome, il voyait ce qui se

SUR LE PHEDON. 51t

passait en Egypte : i^'wtp Tspi ÂToxX6>riov hiytTAt ori

Nous finirons par rapporter deux vers cités par Olympiodore dans cette leçon ; l'uti qui appartient à Orphée , et qui se trouve dans plusieurs autres commentaires alexandrins :

noifuc/fMf vfAff'i/ftf'rif «Sfé/u/UATOi, »itvf'£^»T«;

l'autre, que nous n*ayons point vu ailleurs, et qui est probablement un de ces oracles chaldaïques que les Alexandrins ont semés dans leurs ouvrages :

où yif Ml, où» f^»r«i ifAoy^Âiiy irr» /i /MocTtsy.

Tel est le premier commentaire d'Olympiodore sur le PhédoUy ou jdutôt sur une partie du Phé^ don. Le second commentaire, qui dans nos manu* scrits succède à celui Jà, est plus étendu, comme nous l'avons déjà dit, et il a aussi plus d'importance. Il confirme toutes les données historiques que nous devons au premier, et il y joint un bon nombre de données nouvelles» Nous allons essayer de le faire connaître.

OLYMPIODORE.

œMMENTÂIRE INÉDIT SUR LE PHËDON.

Je commencerai par une description extérieure de ce nouveau commentaire, toujours en prenant pour base le manuscrit 1822 et en le confrontant auliMesoin avec les manuscrits 1823, 1824, etayec celui de Saint-^Germain 1 56.

Ce second commentaire est acéphale comme le premier, et commence aussi à cette partie du Phé^ don où il est question du suicide (1). Il ne s'en distingue par aucun signe extérieur, et leur différence n'est démontrée que par l'absolue impossibilité de faire une seule et même phrase de celle qui est à la ligne 8 à fine du verso du feuillet 179 du manuscrit 1822, par l'éTidente solution de continuité que cet endroit présente dans tous les manuscrits , et le retour des matières déjà traitées au commencement du précédent commentaire.

L'un est divisé en 7p<t|si$- ou leçons ^ dont cha-

(1) Pag. 11 de l'édition de Bekker, el pag. 4 de la traduction française.

OLYMPIODORE, SUR LE PHEDON. 513 j

cuoe renferme une citation du texte de Platon avec des observations plus ou moins étendues ; dans l'autre, il n'y a plus de npo^uf, de leçons distinctes, plus de citations de Platon, mais seulement une suite de paragraphes dont chacun commence par oTi, forme qui est évidemment celle d'un extrait. Chacun de ces en , s'il est permis de s'exprimer ainsi , est un petit tout distinct , et leur suite parcourt les divei'ses parties du Phédon. Une première série de deux cent trois paragraphes comprend la question du suicide et ce qui suit jusqu'au célèbre passage sur les contraires. Là se présente une nouvelle série de quarante-trois paragraphes , sous ce titre : riîpî toS atJo t&v ivttvTKêv xiyav /ifltT*f /f Toy ifJLtripov KA^ti-^tuùvofy to tê ivS'î^i^ fjLtvov TO T« i^nà-if Tou Kiyov S'tet^a^ov^et' c'est-à-dire : Du passage sur les contraires; exposition de notre maître y qui fait voir ce quily a dam ce passage de possible et ce qu'il y a de vrai. Ce morceau est suivi d'un autre sur le passage de la réminiscence; son titre est : nepi roîf axo Tm AVcniviia^îeùV' xôyov ' il comprend cent six paragraphes avec un certain nombre de sections plus générales dont les titres sont : 1°. Kt^ûLKctiov, rov Ik tSv àvetfJLViia'etdY \iyov, c'est-à-dire, Résumé du passage de la ré-miniscence ; 2**. Èk rSv tov Xrtipwvgwr, extrait du Chéronéen (Plutarque). Vient ensuite un quatrième morceau sur l'endroit du Phédon où l'adversaire de l'immortalité de l'âme prétend que l'âme est un résultat de l'organisation qui se dis-

514 OLYMPIODOREy

sipe avec elle, et où il la compare à rhaimonie d'une lyre* Ce morceau est intitulé : 6 «rcp^ iffjLovUf \ûyofy il n'a pas de numérotage particulier, et reprend celui du morceau précédent sur la réminiscence; il commence an numéro ou paragraphe 107 et Ta jusqu'au numéro 212, avec des sections plus générales qu'il est inutile de mentionner. Enfin arrive une dernière série de quatrevingt-<lix-sept paragraphes sur le mythe qui termine le Phédon, giV riv fjLv^ov. Ici finit notre commentaire. En effet il a parcouru, sinon le Phédon tout entier, au moins ses plus grandes parties, à savoir le suicide, les contraires, la réminiscence , l'harmonie de la lyre et le mythe ; tandis que le premier commentaire s'arrêtait à la réminiscence, et ne comprenait ni l'harmonie, ni le mythe final. On peut donc considérer ce second commentaire comme véritablement complet en son genre.

Cependant nos manuscrits ne s'arrêtent point là , et tous contiennent en outre un long supplé-* ment qui s'étend jusqu'au commentaire sur le Philèbe. Ce supplément compi^end les jaections générales qui suivent : 1°. E/V toi^ ^(u^cûva^ Tg^i tov àttI tSv ivAVTicoy hoyov sur le Phédon, du passage sur les contraires. Cette section a son numérotage particulier et renferme vingtncfuatre paragraphes. 2". ETi^etpnf^àirciv hupi^m a-vvttyvyn S'eiKvvvrtûV ivalAViia-itf uvett TÀf (JiA^iiffîi f y iK rSv TOV XàLipcùvivç lîMvT^ Âfi^Qv • collection de différents argumenls qui dé-.

monlreni que les connaissances que l'on acquiert sont des réminiscences, tirée de Plutarque le Chéronéen; quarante paragraphes. S"". À7opi<ti 'Zr^i- Tttvor «por T«r ^pirov kiyor riv Airi riy hyAvritiv objections de S ira ton contre le premier passage sur les contraires; six paragraphes. Av<ruf, solutions; six paragraphes. 4". ÀropUi ^rpATûtviiç wpls rir «70 riv ivAiAvitrim Koyov * objections de Siraion contre le passage de la réminiscence; seulement trois paragraphes. S"*, rif p; roS rihtvrMu ^o>ou y du dernier passage, à savoir le mythe. Ce dernier morceau est très-étendu et commente , comme le titre l'indique y toute }a dernière partie du Phé-don. Ces cinq chapitres réunis forment eii quelque manière les débris d'un commentaire nouveau ou du moins d'une rédaction nouvelle du même commentaire f rédaction qui est aussi différente de la seconde que celle-ci est différente de la première. Voilà donc en réalité, au lieu d'un seul et mêm& commentaire, selon l'opinion commune, trois commentaires distincts. J'ai fait connaître le premier- Un jour peut-être j'aborderai le troisième; mais ici je ne m'occuperai que du second, lequel s'étend, dans le manuscrit 1822, depuis le feuillet 180 recto jusqu'au feuillet 220 verso, et forme par consé* quent 40 feuillets, c'est-À-dire 80 pages in*folio. Et encore, pour ne pas mettre à une é{»*ei4V€ trop forte la patience des Lecteurs, nous nous contenterons de donner une idée suffisante de ce commentaire en faisant connaître en détail les deu)c

516 OLYMPIODORE ,

cent trois paragraphes qui en font la première et la plus importante partie^ et qui remplissent 14 feuillets 9 28 pages in-folio, depuis le feuillet 180 recto jusqu'au feuillet 194 verso. Enfin, pour mettre un peu plus d'ordre dans notre analyse, au lieu de rendre compte successivement de chaque paragraphe, comme nous l'avons fait pour le premier commentaire, nous considérerons et reproduirons sôtnmairement ce qui, dans la totalité de ces deux cent trois paragraphes, regarde, 1°. la philosophie proprement dite; 2'. la mythologie; 3". l'histoire de la philosophie.

Philosophie. L'école d'Alexandrie, héritière des travaux accumulés pendant plus de six siècles, de Thaïes à Âmmonius, placée auprès du vaste dépôt des monuments écrits de tout genre, rassemblés par les Ptolémées, venue d'ailleurs à une époque de lassitude et de découragement universel, devait produire naturellement des érudits et des savants ingénieux plutôt que des penseurs originaux, et l'imitation est en général ce qui la caractérise. La seule idée profonde qui lui appartienne en philosophie est l'éclectisme, lequel par sa nature se rattache encoi^ au caractère général que nous venons de signaler. Mais dans la combinaison des systèmes antérieurs qu'entreprit l'école d'Alexandrie, l'esprit du temps y qui dans chaque époque n'influe pas moins sur la philosophie que sur tout le reste, repoussait d'abord les systèmes sceptiques, lesquels survenus les derniers, après avoir ruiné tous les

SUR LE PHEOON. 517

autres y avaient fini par se perdre eux-mêmes dans le dégoût philosophique qu'ils avaient produit et répandu. Le même esprit qui repoussait les systèmes sceptiques devait également proscrire le sensualisme qui y dans la généalogie des systèmes, est le père du scepticisme; et c'est là ce qui explique le silence presque absolu de cette savante mais exclusive école , et le défaut de renseignements qu'on y déplore sur des personnages aussi intéressants à tous égal ds que Démocrite et Êpicure dans l'école sen^ siialiste ^ et Énésidème dans Técole sceptique. Et même y en se renfermant dans les limites des systèmes idéalistes, l'éclectisme alexandrin n'emprunta guère à Aristote que la forme ; de sorte qu'en dernière analyse, pour le fond des idées , il se trouva àpeu-près réduit au platonisme; de là le surnom de néoplatonisme qui lui a été donné justement. Or, une fois engagé dans une route exclusive, oh ne s'y anrête plus. L'idéalisme de Platon inclinait déjà au mysticisme ; l'esprit du temps y précipita le néoplatonisme. £n effet le mysticisme est le second caractère de l'école d'Alexandrie; c'est là même spii trait le plus original , et ce qui lui donne une place à pai-t dans l'histoire de la philosophie comme dans celle de l'humanité. Ce mysticisme, sincère et grande parce qu'il était le fruit véritable et nécessaire de l'époque où il parut, se soutint assez longtemps par la puissance des mêmes causes qui l'avaient pro^ duit; il brille de tout l'éclat qu'il comporte et atteint son entier développement, du ii*' au iv' siècle,

518 OLYMPlODbRE,

de Plotin k Proclus. Mais peu à peu il s'affaiblit et s'épuise comme la ciTilisation antique^ et vers le temps d'Olympiodore ce n'est plus guère qu'une tradition sans force et sans ^ie. La pensée s'y traine dans les lieux communs d'un idéalisme impuissant et d'urie érudition empruntée. Le style , qui suit toujours la pensée^ a perdu tout coloris ; déjà même la correction l'abandonne. C'est l'antiquité à son lit de mort, flétrie et déjà décomposée. Ce n'est plus seulement la philosophie > c'est le commentaire luimême qlii expire; car après Olympiodôre il n'y a plus de commentateurs^ au moins de Platon. Il faut donc s'attendre à ne trouver ici qu'un monument d'une époque de décadence. Le lecteur ainsi pré- Tenu, nous allons tirer des deux cent trois paragraphes que nous examinons, sans y mélér presque aucune ôbsérration, les passages philosophiques les moins dépourvus d'intéi^t en eux-mêmes et les plus caractéristiques du système et du temps auxquels ils appartiennent.

Sur la question du suicide ^ Olympiodôre reproduit l'ai^ument de Platon, savoir, qu'il y a une divine providence , envers laquelle noas sommes responsables de toutes nos actions^ ce que Platon exprime en ces termes : « Que les dieux prennent ir soin de nous et que nous leur appartenons. » Or, si nous leur appartenons , ils peuvent punir toute infraction faite à leurs lois. Mais il est à craindre qu'ici on ne transporte à la divinité des idées et des sentiments empruntés à la natui'e humaine. « Il

SUR LE PttEDOBT. 51 9

f( Caïul oonceroir dans les dieux ^ dit Olympiodore, u la colère et la vengeance tout autrement que dans «c rbumanîtë. Leur colère signifie qu'ils retirent ic leur lumière; et leur vengeance est une seconde a providence qui s'exerce par le châtiment à l'égard « de Tàme qui a déserté leurs lois (1)- — S'il y a « punition du suicide, il faut que l'âme subsiste u quelque part séparée du corps (2)» <— Si le suicide « est une infraction à la volonté divine, il s'ensuit tf que l'âme est libre; car son acte lui ap^rtiént. (c Et encore, si les dieux nous punissent, nous (c sommes libres ; car l'être livré à une nécessité <c extérieure n'est pas responsable (3). »

Voici, ce nous semble, de nobles et profondes pensées sur la liberté et la nécessité, le bien et la providence, et les divers degrés de connaissance et d'intelligence : (c Plus notre liberté obéit aux dieux, « plus elle étend son empire j plus elle s'éloigne des (( dieux et s'isole en elle-même, plus elle fait de « pas vers l'asservissement à un principe étranger,

(1) Icî le grec d'Olympiodore n'est pas dépourvu d'élégance : *H ^f tiyttfttKTtio-tç i-K ttùrSv f^ i rtfiafiet déXAd7oy votto-ùa Tfo^rof'

(2) K«6i h» TovTù xeêfiTTtKfi i ^vx,n. .

(3) "Orf îi yrttfù yvatf/ttij êt£v tietyùfAiity etuTûKittiToç îa-rtv

Tox4¥tiToi -ir^it*' trt^Métit y«p ùvayK«t^c/Mtvft¥ ta-rn i tTFtrif/ctitnç , Avant cVr/y, îl faut évidemment rétablir ow», qui manquç dans nos quatre manuscrits.

520 OLYMPIODORE^

(( comme s'ëtant écartée de l'être essentiellement (c libre et se rapprochant de l'être essentiellement « dépendant (1). »

^ « La plus grande nécessité est celle du bien ; car « nul ne peut méconnaître l'obligation qu'il nous « impose. ».

tf La providence est inhérente à la divinité; car « le bien est l'essence divine , et la providence est « le bien en action (2). »

« Il ne faut pas se laisser troubler par cette ques» a tion : qui vaut mieux de la science ou de la vertu? (c car l'une sans l'autre est imparfaite.

« L'âme n'est pas corps ^ car elle méprise le (C corps; elle n'en vient pas^ car elle lui résiste.

« Le corps est de la même essence que l'igno^ (C rance (3); car la connaissance unit^ et le corps

(1) On To ttûrt^ourtov i^Siy oerof fitiXkùf i^cuMvit rolç êio7ç, Tôv^UTM |te«AA«y ivi^ovctu^tt TrXt/ortf' oa^y èi ix.ttfûff içirturt»* wf0ç ittvTo, TùvûvTù» ^ti^ofoç «.,,, (les quatre mantiscrits ont ici une petite lacune que l'on peut remplir par â7rif^tr»t ou un verbe semblable. ) «-pof rt/v ofras irtfoitiffiTCf ^ovAi/mv, irt

(2)*Oti vuvt» fAtf vfùt9u rm ^torifouf Kurtt ^trViv, «AA' ot

yrfofottt rîiç MyetêoTtiToç ia^n itipytiti,

(3) On ro fctf TMiut «yv«/« ovfùvn^nw ovfttyayiç ytt^ i ytSnç' T« ^i vttfTtj ftt/tttftrroiy c it yovç avriyitvnç^ 'in xttr

« n'est que division. L'intelligence est la connais- « sance par excellence, parce que l'intelligence est (c essentiellement indivisible. Entre ces deux extré^ u mités la sensibilité est le degré le plus obscur' de « la connaissance, puisqu'elle s'exerce seulement (c au moyen de ce qui est ignorant par «a nature. La « raison est plus lumineuse et elle se confiait elle- « m^e, parce qu'elle est plus indivisée. L'imagi- (c nation tient en quelque sorte le milieu; c'est Finie telligence soumise à la passion et à la division. La c< sensation , dit Âristote , ne pouvant atteindre les ce objets supérieurs, retombe et s'abaisse vers les i< inférieurs; il en est tout le contraire de la science;

Aoy<K9 ÇiÊtfûrtf» mm) tteutiîç yvmmKti^ ôti ft£?k?<$v âfiî^tTtùç ' i ^i ^mrrMfiti ftirti wâtç * ^o kms vùSç im wttéiiTOf ka\ ftifirrcç. On

KtviffrSf iitû rSr fut^ofuf fitruarfuÇs^rav y r«ir ^i t^trrfifitit r«Jy«vr/«y tutt r« f A«rr« ytyfvo'KHit âvo rm fctt^ovùfv * uht£Ta4 ê'i r«v (i€if To ^la râ^etroç ivtfyiîfy tôv i't tù ttft» cuf/tUToç. On ùt ftif TMç ulo-êijntç ùx.ptÇtlç theu Çetrt ^p«f tiXtiêiteufy ol ^t art-' ficm^ovTtf àç 0VK tiXti^tlf' ovrot fctv Uetffttnènçy 'Eftift^0K?i^Çy 'AfM^uyo^y îKUf9t i'V UftiTÊiyipuSy''E%iKù9f6ç* o ^î Tlxâra^ tifé^oTtftt ^«9tii xiyttv * «irioy ^i ùTt «roAAouf tiveu ri^ireù fiâiêfious rnf tc>itiêuaçy tKarifetç /^tf rnç rSv yvarrSf, k»\ rijs rSf yfâtTtéif , xMTtt riyir f y n«A<rs/« yfafê^ijv ^ttipfi^ifnv., n£ç irv^n rtif ettTètfTtf rijç ÀXtjèn'ctf Çt/auv ô nA«r«9; tf mç fitrtb vtthuç iftfyoSntfy ro yttf vti$«ç «J yvSo-tf tvfpyi<« 7«p 9 yv£nt. Et fin iLKptZtit i tti^nvtÇy wSç ifzn yinreu r^ç àigûtii\i»ç ; «iui(- ^tftvirKtt ^tf i ttiv^nsiÇy il 4^u;^9 ^t ^rptffieMcTtftf rttç «p;^«;.,.. Cod. reg. 1823, fol. 35 recto.

522 OLYMPIODORB,

« elle connaît {'inférieur par le «upérieur; et Aris- « tote en donne cette raison^ que l'une s'exerce par (c le corps et l'autre sans le corps. Les uns^ oomme « Protagoras et Ëpiçure, attribuent la certitude aux « sensations; les autres , Parménîde^ Ëmpédode, « Anaxagoras^ leur refusent, toute- mérité; Platon (c semble adopter les deux opinions^ parce qu'il « admet plusieurs degrés de vérité > et qu'il consi« (C dère la vérité et par rapport aux objets de la « connais^nce et par rapport à la connaissance elle** « même ^ selon la distinction établie dans la Répu^ « blique. Mais^ comment, dit-il , les sens n'attei-»^ « gnent-ils point la vérité? est-ce parce que la (( sensibilité est passive? car la passion n'est pas (C connaissance ; la connaissance est action. D'autre (f part si la sensation manque de certitude., com* « ment peut-elle devenir principe de connaissance ? a La sensation excite la réminiscence, et c'est l'âme « qui suggère les principes.

(C Le raisonnement (1) est l'intelligence déduc- « tive; or, sous ce rapport il est inférieur çi l'intel- (( ligence pure ; mais en tant qu'intelligence , il est « supérieur à la sensibilité et à l'imagination. Il est

(1)*'Ot/ Ô Xôytcftùç tàSç iûTt ^t%ùi^k,ùÇy rceorii /tir rcv ¥ôu

MMi irtt "^vxns ifi^yutt XoyiK^ç' i^f Xfoç /ttt^ rof vùov âvanivo/utuç fWtXetftT^vnrtu r» ^*ri r«f ¥ot^£f eiXnêtUç ^ lîç ê^t riyy ttXoyof yfSrtf MbTurtifcfctvoç rS ^««r« t%-i9ûXovra4 rov' rùfi^urùv tm

f< la raison- en action ; d'un coté il aspire à l'intelf< lîgenoe et réflëdiit la lumière de la Téritë intelliu gible; de l'autre il s'abaisse vers la connaissance « déraisonnable et s'obscurcit des ténèbres de l'er^ ce reur, inséparable de la sensibilité.

(f Le raisonnement (1) ne tient point du corps ^ c< dont la nature est de tout ignorer ; au oontraiire^ u la sensation tient au corps. Le raisonnement Vise fr à la connaissance des causes ; mais il n'appara tient pas même à la sensation de les chercher. c< L'un est à la suite de l'être, l'autre est la messa-^ « gère des passions; celui-ci est de l'ime à l'âme ce èlle*même; celle-là est de l'âme aux choses étranic gères* Aussi la connaissance y est^elle inferrom^ u pue par la division.

c( La connaissance (2) est la beauté de Tàme, à (c cause de son évidence et de son charme» Plus cf elle se dégage de la matière et par conséquent de cf l'ignorance , plus elle est belle , et sa beauté su* (c préme est de se confondre avec la lumière intel- « ligible. »

(1) On i fct¥ \*yta-fCùç KttéMfoç ionrt rou ÇvTtt vivra iyvùùvvroç

9W/HtlT0Çy i i'î alff^fiTtÇ T09TM OVflfliyif KUi Ù JLCtV tthUç t^tl^O^OÇy

i ê^t «ù vi^ozt Ttif atrtMf tyrt^ijrtïf, K«< i fitf oûo-iaç tort crovettfirtiÇy i ^f iTÊiêSv ùtyytTiùç* »«/ o ftu «tùrtfç vfdç tavrtjf rfç '^^Z'i^y i ^* «ww «"pdf «AA«* /lo^fp i yi£(nf r? Irtforfirt xttt rS httnctlTflS i'tetxûTTtTtU ,

(2) ^Ori KM?Jioç I w T^ç ^v^if i yvétTtç ha ro iitÇanç xat ifm^tùf i i^t xméafa fS at^x*^^ ^9$ vXnçxmt r^ff âytolaç trt fitt^iftûs KaXiy tcaX\trT9i ^t i t£ f^ifa Çttrt TvyKttcfafctvif.

524 OLYMtPIODORE y

« Sî rintelligehce (1) a plus de certitude que la « sensibilité^ les choses intelligibles sont plus cer- (c tainés que les choses sensibles ; et si la vérité doit w être ayant son image ^ il faut que rimmatériel (( soit avant le matériel. Si ce qui est parfait est (c avant ce qui ne l'est pas , comment l'intelligible « ne serait-il pas avant le sensible? »

A cette théorie des facultés où le plus haut degré de l'intelligence^est la confusion de l'intelligence avec l'objet intelligible dans la recherche de l'absohie unité , correspond une classification analogue des vertus^ qui donne une idée parfaitement exacte de la morale mystique de l'école d'Alexaitdrie, et' de la supériorité que l'esprit général de cette époque accordait aux facultés contemplatives et aux vertus, appelées depuis monacales, sur les facultés actives et les vertus pratiques.

« Première classe de vertus : vertus physiques « Çpv^tKài) , communes aux: hommes et aux ani- « maux (comme la force, la sobriété, la douceur, (c l'intelligence, etc.) , en tant que ces qualités sont (( naturelles et viennent du tempérament (2). »

{lyOrt il tvTt yvœo'ti âtcft^irrifct, t^ç etîç^fiTietç, tU if Km yvMOTU âXijête'Ttfti t£v ttu-Qt/rSt' xa) ti ^tl rté iXtfiii 9rp« rSr %î^ûi7i«y tivMy ^f7 ^fo rSv ivû?iv¥ thod r<i »vXm * xtit ti Têt TtMitt 7p« Tmv 0Tt?^9 vÇio'TtùTeUy vas ùotc eù9 nij rtt vùiiTtt 9rpù rm aMnraf ;

^ (tiviÇvf fil f M T«7ç Kùetrtrtv.... Cod, rcg. 1823, fol. 39 recto.

sua LE PHEDON. 525

w Seconde classe de vertus : vertus morales « (j>3/jf*^), fruit de Thabitude et d'une saine diu rection de l'opinion, vertus d'enfants bien élevés H dont certains animaux sont susceptibles, et qui (c naissent d'un accord facile de la partie raisonce nable et de la partie irraisonnable de notre na- « ture (1). »

/ « Troisième classe de vertus : vertus politiques ce (ToAiTiActi), qui ne dépendent que de la raison, ce puisqu'elles supposent la science ; mais de la « raison en tant qu'elle perfectionne les instru- H ments qui la mettent en rapport avec le monde, (c la faculté de connaître par la sagesse, l'irascibilité (c par le courage, la concupiscence par là tempé- « rance, et toutes en général par la justice (2). »

c( Quatrième classe de vertus : les vertus /?Mr//?c< ca/r£b^^(itA'9^ApT/Jccti); produites parla raison qui fi se sépare de tout le reste, et se retire en elle-même ce et suspend toute action extérieure; vertus qui c( dégagent l'âme des liens du monde visible (3). »

(c Cinquième classe : les i^erlus contemplatives

(1) *^Ori ait n^txat v^tf rairttÇf i6iTfcS xm) ôfèo^ô^iet rtù iyytytifétntu y ^al^êêf ovroi À^trgu étyofitttff tVy ««< tSv ûtipivv itiêtç^vvTMfX^vctUy.,,. fiVi ^f c fc^u ?i4y0v Ti x.ttt êiXoyiêiff.

(^)*^Ort TfiTeu J^ep murtLç «i yçoXirticeti ^onov •ùceu rod ?i9you* iirtffTtifi99t»tt) yÀf ' «AA« Xùy^o Kûo-f^ûuvToç rtiv tiXoyietf èç ofy»vo9 ctfcirotT, ^lét /teev (Pftf^rtttç ro yva9Ttx,o¥y i'm ^t ùf^^ttttç ro

i^y'Ort vvi^ TttoTtiç *l xtc6a^Tix.x) tov Xoy^v fioitov ovo-m ^ kxi

526 OLYMPIODQRE ,

u (^êe^^iir$K*i)f 4an8 lesquelles rame, au lieu de (c se retirer sur elle-même, renonce à soi et tend (c à se rapprocher de oe qui lui est supérieur, non « pas seulement par la connaissance, mais aussi « par la volonté. L'âme aspire alors en quelque (C sorte à devenir intelligence- Or, l'intelligence « suppose à-la-fois connaissance et volonté. Ces (f vertus sont opposées aux vertus politiques : (C celles-ci agissent selon la raison sur la nature in^ (C férieure; celles-là s'élèvent jusqu'au monde supé- « rieur (1). »

i( Sixième classe de vertus : les vertus exem^ « plaires (To.pétJ'îtyféLArtKAt). Ici l'Ame ne contem* (C pie plus l'intelligence ocmmie dans les vertus tf précédentes ; car la contemjdation suppose dis- (C tance, intervalle; mais l'ftme est alors l'intellicc gence elle-même, à laquelle elle participe. Or, (( l'intelligence est l'exemplaire de toutes choses ; (C et c'est pour cela que ces vertus sont appelées (C exemplaires (2). »

tl^ttiTnÇy fMiXh99 a Tuç wfo muTtif f«vr«v iFffayêimf^ 09 yvmmxmç,,, ttXKa tutt ôpf»ri»«f ' «i«v yif véôç tkrrt^^xSs twuy%Tm

w>itTt*ttisy mç iKtiftu ^ifi r« x^*^^ tcetra xiypv infyoucmy murm oripi r« Kftirra KMTtt tùtÎK

(2) Ort wtifti^uyfutrtttmt, tifinà ml féntcirt èimfi^Tis rit v«S rnç li^uxiç' ri yùf Ut» fin or 9 ûw^ç^tcnt yîuraty tc?C\ i^fi rrtin

(( Au-dessus de toutes ces vertus , dont le carac* (f tère commun est d'appartenir à l'intelligence^ « lamblique place les vertus qu'il appelle hiérau tiques ( U^^jutû ) , lesquelles naissent de la nature (c divine de l'âme. »

Olympiodore prétend que le, but de Platon est de distinguer absolument les vertus qui purifient l'âme de toutes les vertus inférieures^ non-seulement des fausses vertus^ mais des demi-vertus^ telles que celles de la première et de la deuxième classe et même de la troisième, à savoir les vertus politiques. Il est évident qu'ici le commentateur alexandrin détom^ne la morale de Platon vers un mysticisme outré, et qu'il l'expose alors à toutes les objections des péripatéticiens, qui demandaient comment le contemplatif pouvait avoir besoin de la force, de la justice, de la tempérance, vertus bonnes seulement à soutenir les ' combats de la sensibilité , au-dessus desquelles le contemplatif est placé comme les dieux. Au lieu de la réponse embarrassée qu'Olympiodore fait à ces objections, nous aimons mieux rapporter la définition suivante qu'il donne des quatre vertus morales : « Le « caractère propre de la force est de ne point se (c laisser entraîner aux séductions des choses inféa rieures; celui de la tempérance consiste à s'en « éloigner; celui de la justice est proprement l'é- « nergie en rapport de conformité avec ce qui est ;

avTeu xufuêîiyftetTixm, God. reg. t823, fol. 39 verso.

528 OLYMPIODORE j

H et à la prudence appartient le diseemement du (c bien et du mal» »

La division suivante des éléments de Tâme est à* peu-près la division moderne des facultés en sensibilité , volonté, raison. (cDieu a formé Tâme (c de trois éléments; par l'un elle tend vers les ob- «jets inférieurs, par l'autre elle est portée à se (( replier sur elle-même , par le troisième elle peut (c s'élever à son auteur. »

Les maximes suivantes sortent si naturellement du texte même de Platon , qu'elles se rencontrent déjà dans le premier commentaire : «Il y a de « prétendues vertus dénaturées par le mélange des «'vices contraires; celles-là Platon les appelle ser- « {files y comme étant sans valeur et pouvant se « trouver chez les esclaves. Aussi nous ne les ad- « mettrons pas dans le chœur des vertus.

« La vertu n'est point l'échange, mais la défaite « des passions ; et si c'est un échange, ce n'est pas « celui des passions entre elles, des plus grandes « pour les faibles; ni, comme le disent les Épice curiens , des passions immodérées pour les pas- « sions modérées ; ni, comme le veulent les Stoï- « ciens, des plaisirs contraires à la nature pour les « plaisirs conformes à la nature , mais bien un (( échange de toutes les passions pour la sagesse. « C'est à l'acquisition de la sagesse que nous devons « les immoler toutes; c'est elle qui est leur juge, et « qui, n'appartenant qu'à la raison, est naturelle- « ment faite pour commander.

Les passages que nous allons transcrire se rapportent plus directement à la question de l'im-» mortalité :

a Socrate comprend dans une seule et même u notion la yie pure et la vie immortelle; car ces « deux idées rentrent l'une dans l'autre. Pour pou^ cf Yoir se séparer de la sensibilité^ il faut bien que ce l'âme en soit originairement distincte : autre^ « ment cette séparation serait un mal et non im « bien. De plus^ lorsque l'âme se perfectionne (c quant à son action, elle se fortifie même quant <c k l'essence. En se repliant sur elle-même , elle se « substantifie en quelque manière (èTia-rpéiperaLs Tpof M ittvTfiv ovaiZa-et ietvrnv) : de sorte qu'étant mai^ (c tresse de son existence , elle ne saurait être dé- « truite que par elle-même; et naturellement il « n'est point d'espèces qui se détruisent elles- « mêmes ; seulement elles peuvent s'assimiler aux « espèces inférieures et se corrompre quant à leur « action. C'est ainsi que Socrate a réuni deux vé- (c rites ; Cébès les divise et demande qu'on lui (c démontre encore l'immortalité de l'âme, regar- « dant l'hypothèse de la vie pure comme une simple « préparation à cette démonstration. — D'aiilleurs « l'existence de la vie pure, c'e|st4i-dire dégagée (( de l'esclavage des sens , n'est pas une hypo- « thèse, comme le pense Cébès, mais une vérité « fondée sur l'essence même de l'âme; en effet si (( l'âme aspire à se séparer du corps et si elle s'en « sépare réellement, c'est qu'elle tend à une exl-

530 OLYMPIODORE,

« stence indépendante (uvat %«pir)j et c'est là « l'explication du désir; autrement le désir de « l'âme serait Tain, et rien ne peut l'être. Car « quelle est la fin du désir? le désirable, c'est-à-dire (( le bien. Or, si le désir de l'âme était vain, le i< bien serait donc impossible, partant inutile, u c'est-à-dire qu'il ne serait pas le bien. On a yu dans K le Gorgias que la puissance appartient au bien , (f et que la faiblesse est essentielle au mal; doni; c( tout bien est possible par sa nature ; donc tout (( désir a une fin possible/ puisqu'il tend au bien. « Or, si le bien même apparent est possible, que w faut-il penser du bien véritable? ne doit-on pas (t croire qu'il a le plus de réalité (1)? »

Quoique nous devions rencontrer plus bas une discussion spéciale sur les contraires, il y a déjà ici, sur ce passage important dii Phédon, plusieurs pages qui renferment des raisonnements d'une extrême subtilité , à-peu-près du même genre que ceux dont nous avons donné une idée dans notre analyse du premier commentaire. Nous ne les reproduirons point , et nous nous contenterons d'en tirer ce qui peut jeter quelque lumière sur cette thèse si controversée dans l'antiquité, que les contraires naissent des contraires. Au premier abord , elle parait absurde, le contraire excluant, ce semble, le contraire ; mais Olympiodore distingue deux

(1) 'Of ô rS rpfyU èii^uKraty semble indiquer qirOljmpiodore avait expliqué le Gorgias avant le Phédon,

SUR LB PHEÙON* ' 534

aortes de contraires : les contraires absolus ( AithS^ ng^ KVficÊf ifTixtifjLtfA ) et les contraires relatifs ( tà Vf if n ) ; et, selon lai, Platon parle de ces derniers. Il distingue encore les contraires en deuic classes, ri ifjtfno'et W tà i/ustf-ee» c'est-à-dire les con** traires qax admettent entre eux un état intermédiaire, et les contraires qui n'en admettent pas. Or, Platon déclare dans le Parménide qu'il n'y a point, en &it de grandeur , de contraires sans intermédiaire, oùje îffTi itetrÀ ThJir^f ifita-A kfAvriA, Il ne s'agit dans le Phédon que des contraires admettant un passage de l'un à l'autre, ainsi que des contraires relatifs» En outre , selon la distinction précise de Platon, les contraires qui ont une existence visible crissent seuls les uns des autres.

a Si l'âme survit à sa séparation d'avec le corps, a pourquoi le corps ne revit-il pas séparément f( aussi bien que l'âme? c'est que, le corps étant te composé d'éléments , ces éléments une fois disiK sous ne peuvent plus se rassembler pour compo*. <c ser un tout, identique à celui qu'ils ont formé, w L'âme étant plus forte que le corps, il lui appar^ te tient de poursuivre seule le cercle de l'existence, te Le même argument s'applique en sens contraire tf aux animaux ; leurs âmes subsistent, si elles peute vent se séparer du corps ; mais elles ne le peu- <i vent , parce qu'elles sont en lui comme en leur ce substance, et alors le corps, qui est supérieur en te force, peut seul subsister comme corps et être te animé de nouveau j et si le corps lui-même est

532 OLYMPIODORE ^

« détrtiity le cercle de l'existence s'accomplit alors (c au profit de l'espèce et non de l'individu.

« Tous les raisonnements de Platon dans le « Phédon s'appuient sur trois axiomes : I , Toute (c chose accomplit un cercle^ à l'imitation de Fin- « telligence ; II , l'âme est plus forte que le corps j fc III, tout être aspire au bien et veut durer toute jours, soit selon le nombre ( kùlt àLpiSfxov, exprès- (C sion pythagoricienne pour marquer l'individu), a soit selon l'espèce ( kat ùJ'of ) , soit de l'une et « de l'autre manière. Ainsi trois principes : l'intelw ligence , la force , le bien. — Enfin les résultats (( des raisonnements de Platon sont : 1**. toute âme (( existe toujours là-haut et ici-bas; elle descend « et elle remonte ; 2*. si à cette vérité , que l'âme (( peut se séparer du corps, on ajoute celle-ci, qu'elle rr est incorporelle , il s'ensuit qu'elle est immor- (C telle ; car elle ne peut périr comme corporelle , « puisqu'elle ne l'est pas , ni comme incoi'porellc, « puisque à ce titre elle a une existence indépen- <( dante (1). »

(1) On otffAfiTùu ù Xoyoç à^o r^tSv û^tt^ftaraf «rp^roy ftivrov ^UfT» x,vK?it^trêcu jtttfiouftiftc Tùf fovfy ^tirtfo}» ^t r^u laXuf^rifAf ihtu rj)f ^J^w^jiT, Tp/roF i't TiS 'jFcùfTtt iç/to^itt r«» tiyaécv j^

rpoflroy, itort ic«ei ttTFù riSv t^f^ittUf ùw^^tcrtttf , vov, ^vftifctmçy àyetM,,., Qrt tmreid rS Xoyu tf fttVy t# kaoui iù ^v^lf ^«rt

'^vZ'Jh «ô*»'*'"^» ufeu uf ùVTt yetf atg rafftttrtKi Çûetptîtj âvy UTrtp tinifttcTàÇy •un mç dTaft^rùty iJVep z^f^io^i. Fol. 46 reclo.

SUR U PHBDON. 533

Cependant on peut soutenir que le passage des contraires, même ainsi entendu et développe , ne prouve pas absolument Fimmortalité de Tâme ; en effet, pour qu'il eût cette force , il faudrait que la production et reproduction fût perpétuelle ( ovtrnç JUi rif ytwitÈf ) , ce qui n'a pas été prouvé. Mais si l'argument des contraires ne démontre pas que l'ftme soit immortelle, il prouve du moins qu'elle n'a point une existence accidentelle, c'ëst-^à-dire , comme Olympiodore l'a fait voir dans son premier commentaire, que l'âme a en elle une puissance qui peut résister à plusieurs naissances et à plusieurs morts. Son immortalité intrinsèque dérive d'autres arguments dont quelques-uns ont été donnés dans le premier commentaire et reparaîtront for-^ tifiés dans d'autres parties de celui-ci.

Mythologie.

Le principe avoué du système mythologique des Alexandrins est le symbolisme. Or, le symbolisme repose sur cette supposition , que dans toute croyance religieuse il y a deux sens, l'un matériel et apparent, l'autre supérieur et caché, qui est le vrai. Ce double sens de toute croyance religieuse est le fondement du système d'interprétation physique des Ioniens et des Stoïciens , qui fait des divinités populaires autant de symboles des phénomènes de la nature, et du système d'interprétation historique d'Évhémère , qui concevait ces mêmes divinités comme des symboles d'êtres humains di^

534 OLYMPIODORE,

viuisës» £t il est évident en effet que la plupart des divinités antiques sont explicables par la nature et par l'histoire. Maïs plus d'une divinité échappe à ces deux modes d'interprétation. On ne voit pas^ par exemple^ de quel phénomène naturel la Palla^ athénienne est la représentation, ou à quel fait his^ torique elle se rapporte. En supposant donc, que cette divinité né puisse être légitimeoient expliquée ni dans le système d'Ëvhémère, ni dans celui de l'interprétation physique, il reste ou à chercher une autre explication, ou à déclarer que c'est ici une fable sans aucun sens, ce qui est absolument inad-« missible, à moins d'admettre aussi que les Athéniens fussent des imbéciles. Or, l'explication cherchée se présente d'elle-même, si l'on s<Hige qu'il y a encore d'autres objets offerts à l'admiration et au culte des hommes, que les phénomènes de la nature et les héros. Il y a telle qualité, telle vertu de l'âme, qui, considérée abstractivement et en elle-même, parait si utile et si admirable qu'on la rapporte à une ori» gine divine, qu'on 1^ divinise; et la sagesse est de ce nombre. De là peut-être la Pallas athénienne* Gé symbolisme moral et métaphysique a sa vérité comme le symbolisme physique et historique, et, réuni aux deux autres , il forme avec eux un système complet d'interprétation mythologique. Les Alexandrins avaient fait, et avec raison, de la religion de leur temps ainsi interprétée, une partie essentielle de leur philosophie. Car, je vous prie , que peuvent faire les philosophes vis-à-vis des cultes

établis? Rien que trois choses : ou y croire comme le peuple et s'en tenir au sens apparent, c'est-à-dire abdiquer la philosophie ; ou mépriser les croyances populaires comme un amas de superstitions stupides et sans aucun sens, ce qui est peut-être moins philosophique encore ; ou bien, sans y ôroire naïyement comme le peuple et sans les mépriser, essayer de s'en rendre compte. Qu'est-ce en effet que la philosophie, sinon la tentative de se rendre compte de toutes choses, soit des phénomènes et des lois de la nature , soit des phénomènes et des lois de l'humanité? Au lieu donc de rejeter les croyances populaires, les Alexandrins essayèrent de les expliquer par les trois modes d'interprétation que nous ayons signalés et surtout par le dernier, le symbolisme moral et métaphysique. Par là ils idéalisaient en quelque sorte les cultes grossiers du paganisme, et donnaient un sens élevé et honnête à des croyances souvent en contradiction avec le sens commun et la morale naturelle. L'honneur, et en même temps le défaut de la haute philosophie avec ses généralisations et ses abstractions, est de ne s'adresser qu'à une très-petite élite. Veut-elle parler à la foule et influer sur les masses ? elle n'a qu'une seule ressource : c'est d'emprunter le langage de la religion, et de faire du culte établi, en l'interprétant et en l'épurant, un moyen de propagation pour la vérité. C'est ce qu'entreprirent les Alexandrins. Mais pour cela il fallait souvent sacrifier la lettre à l'esprit, et faire violence au paganisme pour en tirer ou pour

536 OLYMPIODORE ,

lui imposer une signification philosophique. De la tant d'interprétations arbitraires et d'un ridicule extrême^ comme nous l'avons dit ailleurs^ si on les considère sous le point de vue archéologique , mais qui ont une haute importance si on les considère par rapport au dessein général des Alexandrins et au but qu'ils se proposaient. Ce but était grand ; mais la route étiait périlleuse. Porphyre et Proclus y ont fait plus d'un faux pas. Qu'on juge ce qui a dû arriver à Olympiodore au vi* siècle J Cependant , dans les subtilités des interprétations forcées dont ce commentaire abonde , luit encore de temps en temps un rayon du génie de la grande école métaphysique et morale qui s'éteint dans Olympiodore. C'est à cette lumière que nous allons parcourir les passages mythologiques qui se rencontrent dans les deux cent trois paragraphes dont nous nous sommes proposé de rendre compte.

. Bacchusy fils de Jupiter , mis en pièces par les Titans et rassemblé par Apollon, est une des fables les plus célèbres de la mythologie grecque. Le premier commentaire en offre une explication trèsarbitraire, il est vrai, mais dont l'intention manifeste est de donner à cette fable un sens moral. Ce second commentaire reproduit cette même explication, avec des développements nouveaux assez importants. Ce passage est trop mutilé et trop corrompu dans le texte ( ms. 1 822, fol. 1 80 recto) pour que nous puissions le traduire ; il suffira d'un simple extrait, i — (( Jupiter, selon Olympiodore, repré-

« sente le monde dans sa plus haute unité et dans (c son principe. Bacchus, fils de Jupiter , est ce (c même monde considéré dans sa réalité actuelle a et vivante, et par conséquent dans sa diversité, ic En effet, le monde est un par rapport à son prinf< cipe, il est multiple et divers dans sa manifestace tion ; voilà pourquoi il est dit que Bacchus est « indivisible sur le trône de Jupiter (I). » Jupiter préside donc aux dieux supérieurs, appelés Olympiens, et Bacchus seulement aux Titans. « Bacchus « est à*la-fot» indivisible et divisé; indivisible dans ce son essence, divisé dans sa manifestation, comme (c le tout qui réfléchit encore Tunité et qui pourtant ce n'est (ju'un assemblage , une juxta-position de (c parties. » — « Pourquoi les Titans conspirentce ils contre Bacchus ? Parce que les Titans sont les ce puissances inférieures de ce monde, qui tendent (C à le faire passer sans cesse à la plus grande divi- « sibilité des parties. » Les Titans sont punis par la répression de cette même tendance à diviser. « En « effet, tout châtiment a pour but et pour effet de (C réprimer les habitudes et les actions vicieuses. » — ce Les Titans sont sujets a trois sortes de châti- « ment : 1*^. ils sont foudroyés ; 2*^. ils sont enchai- (c nés ; 3"*. ils sont refoulés plus avant dans la terre. (C Ce dernier châtiment détruit leur tendance à di- « viser , et fait servir leurs débris à la création des M hommes et des autres êtres. Les chaînes servent

« aussi à réprimer cette même puissance pertur- « batrice^ et la foudre les purifie en les rappelant « à l'unité (1). »

« La yie titanique est le symbole de la rie déraiu sonnable; les Titans sont en nous le désir aveuce gle d'indépendance et le goût insensé de n'ap- « partenir qu'à nous-mêmes et non pas aux êtres « supérieurs. Ainsi nous mettons en pièces Bacchus « qui est en nous-mêmes. Bacchus préside aussi à {< l'existence par la régénération. Cette régénéra- « tion est figurée symboliquement par la délivrance « des Titans enchaînés; Bacchus est l'auteur de (( cette délivrance, c'est pourquoi on l'appelle Bac- « chus libérateur (2). » Et à cette occasion Olympiodore cite cinq vers d'un hymne d'Orphée à Bacchus , vers qui nous sont connus seulement par ce passage de notre commentaire :

a Les hommes enverront de précieuses hécatombes

<( Dans toutes les saisons de l'année ; ils célébreront des orgies

il Pour obtenir la délivrance de leurs criminels ancêtres.

« Pour toi, qui règnes sur eux, tu délivreras ceux que tu voudras

« De la peine amère et des agitations sans fin (3). »

(1) KsiéitfTitti ôa/^0V9w aÙTùvç xtirà fi%Bî%i9, Les quatre manuscrits ont oX/^«v0ti> qui n'est pas grec. 'Oxi^ouau ne ferait aucun sens; je lis ixlZ^ùvouy réunissant^ rassemblant.

(2) Ktfi Aiivuv^ç ytfitrtaç trrtv t<pofç xttrù rjyyfr^AfyycFfaiM»

. » Ort ô Atùtoovç Xvotttç iavh u/rtûç • i'ii j^ Aturtûç,

Cod. Reg. 1823 , fol. 30 recto.

(3) Avôpavo» ^f TfXMto-o-fltç *KArô/Jt,Càiç

JlifA-^ùuo'n 9reC9-M0-iT iv if Ali À/Jiptir^a'ty ,

Pp>t« T* fXTtXftf-OVai, XV0-IV VSOyOVUf ÀSifAiC^tùy

Mâtioyu«yoi* eu ^i To7a-iv s;^»» xfctrof , oug »' «ôeXiio-âA

Dam la yariëté des rôles que la mythologie an-* cienne faisait jouer à Bacchus , elle n'avait pas oublié celui du soleil. Olympiodore s'explicpie ainsi à cet ^rd : u Le soleil, comme Jupiter, est le roi des fc dieux; comme Apollon, il secourt Jupiter dont u il est immédiatement voisin , et rassemble les paiv <f celles éparses de Bacchus; et on peut le considé- « rer comme Bacchus en tant que dispersé autour ic du monde(l). M

Olympiodore revient plusieurs fois à ce mythe de Bacchus et le développe par son rapport avec d'autres mythes, u Bacchus se répand dans toutes les <( parties de l'univers qu'il anime. Mais Apollon , « dieu qui purifie, véritable sauveur de Bacchus, (( réunissant les morceaux de ce dieu dispersé, u l'élève au'dessus de ce monde; et c'est pour cela « qu'il est célébré sous le nom de Dion^sodote « (Aioirua"oJ\)Tiff) (2). L'âme qui descend dans le a monde, c'est Proserpine. Dans Bacchus, elle se (c divise sous la loi du monde visible. Dans Promé- « thée et les Titans , elle revêt les liens du corps; a dans Hercule, elle croit en force et brise ses liens;

(1) KtfAAidv Jf Tùf $iXt«f àç fttf Aitt /S«rrAf« «-o/fîV,

çvmyûtTti f/tîf Ttjv Aipfvntiicfiv i't^tiptrtvy rS ^i Ait vetpia-Tti'

fitfùf

(2) 'O y«p Atoftfnç,,.,. tU ro ^£v Ifii^lc-^n* i ^t *A^o}iXm9 ^fetyuftt Tt mT0¥ t^ ttftiytiy KttBtt^rtKoç it étoçy 9^ tùu Atovirov ç-mr^f ms âXtjéSçy 9^ ha tûvt0 Aiûvua-ùHrns ivvf^tttreu, Cod. Reg. 1823, fol. 38 verso, v

« dans Apollon et dans Pallas libératrice , elle ras- « semble ses parties dispersées. Épurée par la vraie « philosophie^ elle s'élève à son principe avec le « secours de Cérès (4). — Ceux-là seuls qui culti- H vent véritablement la philosophie, c'est-à-dire « qui la cultivent avec persévérance et dans un es- « prit de purification , aspirent sans cesse à briser « leurs liens. C'est à Prométhée qu'ils doivent cette « pensée d'avenir, et à Hercule la force nécessaire « pour l'accomplir (2). — La férule est le symbole (( du monde matériel et divisible, parce que c'est (c une espèce bâtarde ; car cette plante est à-la-fois « ligneuse et non ligneuse ; ou plutôt à cause de « son peu de densité. Voilà pourquoi c'est elle que « les Titans présentent à Bacchus à la place du « sceptre de son père, et c'est par elle qu'ils l'atti- « rent à la divisibilité. Les Titans portent eux- « mêmes des férules, et Prométhée dérobe le feu (c dans une férule, c'est-à-dire qu'il fait descendre (f la lumière dans le monde, ou qu'il introduit

(1)*Ot< Ko^tK^ç jtttv tîç ytfta-tt Kecrttnv i -^u^tj , AtofvotetxSç i^i ftifll^trùu WTTO Ttis yifio-tatçy lïpôfttjQiiatç ^t xat TtretinKSf iyKetra^UTeu rS TUfietrr xiîi fttf 6Uf tavTfif'HpttKMtûtç ia^vaxtaxi, avvu(pt7 ^t ê't* ' A^oXXai¥6f 9^ rifç crartipetç Aêtjmç ' KccêufrtKSç i% tS onTt (ptXoTù^otiaUy dvuytt tîç ru ôUt7et uirtu ttfc/r^F ^tret tSjç

àtlfltiTfPÇ

(2) Or/ ftùfùt ù\ ^iX«0-ù^ôÛfTtç ôpéSçy ioTit tixXnaç rt 9Ù Ka^afTfKùiçy ovTOt /tcotXtrr» 9^ ds) Avf/y ^^«/ntjêtvvroé* ro fitv ^^ùft9iêtutvBec4 ^ufu Tou n^ôfiiiBiûiç tz^vTtÇy Tù i^î ètù f^ ftttXtrra Tret^et rùZ*H^»KXtôuç ' ro y«p âStaXnjrrov 9^ avfT990f lo^ufo^ûtil Ttjf Xuç-iv,

(c l'âme dans le corp^^ ou qu'il appelle daàs la na* (c ture la clarté divine^ laquelle est tout entière in-^ i< créée. Voilà encore pourquoi Socrate^ dans le i< Phédon, appelle les hommes yvX^ires porteurs a de férule, d'après Orphée^ c'est-à-dire assujettis ce à la vie des Titails (1 )• Bacchus est le symbole du a philosophe qui cherche à se dégager des liens du (( monde et qui ramène la diversité à l'unité (2)* a Platon honore le philosophe par le nom de Bacce chus , comme l'intelligence par celui de Dieu. » L'esprit de la mythologie alexandrine est visible dans tous les passages de ce conunentaire que nous venons de citer sur le mythe de Bacchus. Tantôt elle part de la philosophie spéculative pour éclai-^ rer les mythes consacrés, tantôt elle part de ces mythes pour en tirer une philosophie sublime. Ce. double procédé est expressément ihdiqué dans les lignes qui suivent. — ce II faut partit* de mythes di-^

ms ^to^titvftov tï^oç ' {oAtfv 7«p 9^ où %ûkùf > KuK>iiùv ê^t hu rtjf ïri ftiXirrti htoTF^ofttffjv ffvvijctictv* oBtf 9^ TtTUvtKcv rc Çurùit • 9^ yèbù rS Atôvvrai iF^OTîtvovfftf alrS *m t«w xeùTptKùu o-xtjVTfOVy 9^

Ço^4V0if «l TtrUviÇi 9^ « npùfénBtvç h vaf6t}K{ ftXtTFTit t« irv(t\

Td rmfut wfomyafy tïrt Ttjf Bttttf tXXufi^if «Ajyy «yevvvray ouaxcv i<V rif yivtrtf ^fOJutXcifttfùç^ Attc J'jy tooto 9^ J^af/cfurtiff rtvfi

(2) 'O J^i ^*F ùiùnvTttiKaiç ni^ti vi^avreu wiifaf f(SH ^éAut^* riSr

^t^tif « ^i TûtovTtç i Kdém^rtKoç fVr< ^tXôo'ûÇoç,' Cad*

Reg. 1823, fol. 42 verso.

542 OLYMPIODOREy

i< vins (&iieà9 ahty(jLAr»f) et développer la vérité (c qu'ils renferment, ou bien il faut y ramener la cr discussion philosophique comme dans un port K (ipiAM^ta-^Ai) et se reposer dans la himière qu'ils lui (c prêtent 9 ou encore il faut suivre cette double <r marche comme Socrate dans le Phédon. » — Je demande la permission de citer encore le morceau suivant, où (Nympiodore compare les divers degrés de vertu que nous avons fait connaître plus haut aux divers degrés d'initiation dans les mystères :

« Dans les cérémonies saintes on commençait par M les lustrations publiques (^Kd^^i^cru^ '^etf^JVfjuoi)^ Xi ensuite venaient des purifications plus secrètes Xi {^iW^}i/irirtftiLi)h à celles-ci succédaient les réuw nions {crvtrrMuf)y puis les initiationis elles-mêmes ce (^uiiViir); enfin les intuitions (I^-o-tti?*/). Or, les i< vertus morales et politiques correspondent aux H lustrations publiques; les vertus purificatrices « qui nous dégagent du monde extérieur^ aux pure rifications secrètes ; les vertus contemplatives , Xi aux réunions; les mêmes vertus dirigées vers a l'unité, aux initiations; enfin l'intuition pure des Xi idées à l'intuition mystique (3). »

(T Le but des mptères est de ramener les âmes à a leur principe , à leur état primitif et final, c'estrr à-dire la vie en Jupiter, dont elles sont descen- Xi dues avec Bacchus qui les y ramène; ainsi l'initié <( habite avec les dieux , selon la portée des divinités Xi qui président à l'initiation, n

SUR LB PHBMN. 543

a II y a deux sortes d'initiations ; les initiations « de ce monde, qui sont pour ainsi dire prëpa- « ratoiresy et celles de l'autre qui achèvent les pi^ff mières. »

(( La philosophie et la mythologie ont une entière fi analogie. Celui qui s'applique sans ardeur à la (c philosophie n'en recueille point les fruits ; comme « celui qui s'arrête au degré vulgaire de l'initiation^ i< nen obtient pas les avantages. » — « Quand So^ u crate dit que Fàme est ensevelie dans la fange, u cela signifie qu'elle s'abandonne et cède aux choses u extérieures, qu'elle se fait corps, pour ainsi dire. H Quand il dit qu'elle est reçue parmi les dieux , il (( entend qu'elle vit de la même manière et sous la « même loi que les dieux. » A cette occasion Olynh' piodore cite ce vers des oracles :

«c Us reposent au sein de DieU) portant des flambeaux resplen- « dissants. »

Ev Tf d-«f »f<?T«f, irufT^èc iXxovTfc àxfmiùvt.

Je termine par ce court mais important passage, sur la manière dont les différents philosophes alexan^ drins concevaient les rapports de la religion et de la philosophie : « Les uns donnent le premier w rang à la philosophie, comme Porphyre, Plotin (( et beaucoup d'autres; les autres à la religion, (C comme lamblique, Syrien, Proclus, et en géné- « rai tous les Hiératiques. Platon, qui a compris les « arguments des deux partis , les ramène tous à une « vérité unique. »

Si nous ne nous abusons, ces différents extraits

544 OLYMPIODORE,

nous font connaître intimement l'esprit de la mythologie alexandrine, et sous ce point de vue nous n'hésitons pas à y attacher une assez grande importance. — Recherchons maintenant les renseignements que les deux cents trois paragraphes sur lesquels porte ce mémoire , peuvent nous fournir pour l'histoire de la philosophie ancienne.

Histoire de la philosophie.

Le seul document nouveau qu'ils nous offrent sur les premiers temps de la philosophie grecque est le morceau orphique, authentique ou non, que nous avons cité* Nous répétons que les cinq vers dont ce morceau se compose ne se trouvent que dans notre commentaire (1 ). Il faut négliger quelques autres vers orphiques qui sont ailleurs, ainsi que plusieurs hiyiA de peu d'intérêt. Rien de fort curieux non plus sur les philosophes antérieurs à Platon. C'est sur ce dernier, et surtout sur ses interprètes , que ce commentaire pouvait renfermer quelque chose d'instructif. En effet, il contient çà et là. des renseignements précieux sur l'histoire de l'interprétation de Platon dans l'antiquité; et ce sujet est si intéressant qu'il communique son importance aux moindres détails épars dans ces deux cent trois paragraphes. Nous nous faisons donc un devoir de les recueillir. avec le plus grand soin.

La première chose que nous signalerons est l'ex*

(1) C'est de là qu'Hermann les a tirés pour la première fois^ Orphica, p. 309.

SUR L« PHBDOlf. 545

pression d^interprètes aitiques, 0/ Àtt/xo? i^nyntAt^ qui se rencontre ici plusieurs fois. Nous ne nous souvenons point d'avoir tu autre part cette expression, qui indique une classe entière d'interprètes de Platon, antérieurs aux Alexandrins, et appartenant à la patrie et au siècle même de Platon ; car, parmi ces interprètes attiques , Olympiodore compte Spensippe etXénocratCy l'un neveu, l'autre le compagnon fidèle de Platon , et tous deux ses successeurs immédiats à l'Académie. Il est possible, il est probable même que cette expression générale aies interprètes attiques, » cache d'autres interprètes que Speusippe et Xénocrate, par exemple Crantor, que Proclus sur le THmée , pag. 24, appelle ^pSTùf roS UXATav^f i^tiynrify le premier interprète de Platon y et qui parait avoir fait une école particulière d'interprètes, d'après le même Proclus sur le Tintée^ pag. 85 : oï Tgpi Kp«yTopfl6 Tou Tlhirtàvof i^itytiTttr bien que la première de ces deux assertions, si souvent répétée (1), soit formellement démentie par les citar tions que donne ici Olympiodore des commentaires de Xénocrate et de Speusippe, soit sur Platon en général, soit en particulier sur le Phédon. Il serait intéressant de rechercher quel était le caractère de ces anciens interprètes qui avaient entendu Platon lui-même, et en quoi ils difierent des commen-

(1) Par Schoell , entre autres, Littérature grecque ,tom, ni, p. 345 : »< Crantor fut le premier qui ait écrit un commentaire pour l'expliquer ( Platon ). »

tateurs postérieurs de l'école d'Alex^p^^ne. Pçvr ceJi9. il faudrait reciJieilUr dans tous leç cpmmei»taii^es çubslst^ts les moin^^es Tesjtigefl de |ces ÀtjfKot ,i^ny/tr<f.iy ,e,t, en raj^cocjtiaqt tous ceç p^i^a- ^s^ en tiire;r de légitimes ipductiops fur lecajractère .de I9 pr,emière Aca^démie, ^Qcojre moins coo«me« ^e \^ sepffpiie. Pour coj;^urir ^ ce ^r^ya^, n^s r^jjnoacterjoms ici le$ mpindres citations d'Oljm-

i p^odpre sur fes ji^nterprètes attiqi^a, $w^ Speus^ippe

I et Xép.ocra^e.

. On connaJtt Qet admirable passage d^ Phéctoriy où Socrate .établit que la yert^ n'est pas Técliange, n),ais la pu^iA^a^^^^ ^ passions : u Mon cher « Ç^juipia^ , songe que ce n'est pas un très-bon « échange pour la yertu que d'échapper des yolnp- /< Jtép povr des yoluptés, des t^ist/esses pour das triste tess^s, deç cr^jgQ;te^ pQi«r des crajbtes, et de (c mettre, pour ainsi dire^ ses passions en petite (( monnaie; que la seule bonne monnaie, Simmias, (c .Cjontre faqueiJe il faut /échanger jtQut le re^tie, « c'est la sagessie; qu'avec ceUe-j& pp achète to^t, « on a ,towt^ fprce, tempérai^ce, jus^tice ; qja'en un « mot, la yraije yerti^ e^ avec la sagesse, indé- « penc^mment des voluptés, ^e& tristesses, des « craintes et de toutes les aut^^es passions; tandis « que, sans la sagesse, la vertu qui résulte' d/es « |;ransactiQps de^ passions entrée ell^s, n'est .qu'une « vertu fantastique, servile, sans vérité; car la vête rite de la vertu consiste précisémenjt dans la « purification de toutes les passions, et la tempe-

SUR tB PBElMMf. 547

n rance, la justice , la force et la sagesse elk^méme H sont des purifications (1 )• » Or, bous ayons vu que^ dans la classification des vertus^ les Alexandrins relëguaient les vertus dont il est ici question, à savoir y la sagesse, la force, la tempérance et la justice, au rang de ces vertus ioiërieures qu'ils appelaient vefius politiques. Il parait quie les interprètes atUques étaient moins exigeants > et qu'ils trouvaient ces quatre vertus suffisantes à k perfection et à la purification del'ftme : (Tn (parag. p|a.) o< lùv ÀTTtKoi i^nyniTAt ntâattc rÀf lrT«tu^(sub« «f €T«tf) rtkuAf Kod jcA^ofTiJcÀf To^oUa-iff. £t Olympiodore scoute : Ktfj ri vm^n vùùuvéfy o^« avvufdu S'vfATOA r» KA^A^Ttiuf ^»rr (Hùjf nJ'ovnv (mv rny M t^ ^^tofufffA^ûùppo*a-ufiifypiCoy (Tè rnv n^UAV pvyiv rm iKriç' c'est-à«dire qu'ils admettent les pas^ns compatibles avec les vertusen question , par exemple les plaisirs de l'âme et de la vertu , le plaisir de se sentir affranchi de l'esclavage et la crainte de retomber sous cet esclava^; ce qui semblerait indiquer, si not^ interprétation est l^itime, qu'ils ne recherchaient point une morale aussi subtile que celle des Alexandrins, et qu'ils admettaient les passions en les épurant, théorie beaucoup plus conforme à celle de Platon dans le Philèbe^ et même dans le Phédon. Les interprètes attiques sont encore cités dans un autre passage de ce commentaire. Il s'agit de c^Jbe phrase du Phédon , « que toutes les guerres

(1) Voyez lom. i*'' de notre traduction , p. 210.

548 OLYM PIODORË ^

a viennent du désir d'amasser àes richesses (1). H) ijes <x>mnientatears alexandrins^ entre autres Longin , avaient un peu subtilisé sur le sens du mot TAoDrof, richesse, et sur le motif de la cupidité^ ^î se remarque en efiet dans la plupart des hommes de guerre. Selon les interprètes attiques, la vraie raison pour laquelle les gens de guerre aiment l'argent est bien naturelle; c'est qu'ils en ont besoin pour faire la guerre : 0/ «Ti Àrn/coi i^ttynreti, Wtt^n Ipydvùiç y^pSvTctt Totf ^ptffAaa't Trdvtîf ol ^oX€fioSfrrcV.

Diogène de Laërte ne dit pas que Speusippe ni Xénocrate eussent composé des commentaires sur les écrits de leur maître. Mais dans la liste qu'il donne de leurs ouvrages , il en est quelques-uns, par exemple le traité sur Vâmej nr^fï ^m^<^ où Speusippe et Xénocrate pouvaient avoir commenté certaines opinions avancées dans le Phédon, sans avoir consacré un commentaire spécial à ce dialogue. Le passage suivant d'Olympiodore ne lève point cette difficulté. Il est si important à tous ^ards que je crois devoir le donner tout entier :' ce Parmi les « philosophes y les uns font l'âme immortelle, en « comprenant dans cette immortalité le principe « vital (f<«XPi '^^^ €^4u;^ov f|e«r), comme Numéti nius; les autres, comme Plotin s'exprime quel- « que part, y comprennent notre nature physique « (i^«XP' '^^^ ^t;Vâ«f ) 5 ceux-ci y comprennent la par- Ci) Voyez tom. i" de notre traduction , p. 20.

SUR LB PHBDOH. 549

ff tie irraisonoable de notre élre (ritr i?\oyUf)y « comme Xénocrate et Speusippe parmi les anciens^ u lambliqae et Plutarque parmi les modernes ; « ceax-là y comprennent seulen^ent la partie rai-> u sonnable, comme Proclos et Porphyre; d'autres i< enfin immortalisent l'âme tout entière^ absor^ ic bant les parties dans le tout. » Paragr. foS"' : On oî (lif ÂTO rîif KoytKif 4*'JC?^ */CP' '^^^ ifJL'^tiy^^v i^t»f iTA^AVari^QV^tVi if Noi/fAifViof • 0/ fi fi%Xf* "^^^ pv^'ttèÇy Af TtKmrhot ht otov * oî J^i > fAi;^pi rSr «Ao^î«r $ if riv (JLff^ TAKAiiv SifOK^éirnf h«ù X'jrtv^i'XTOf 9 rSh Si natripoÊV iJifiCfisy^of KAi TlKovrApy^of oî J^i ^s;^pi (Jiivnf Titf \0fytKnf3 ifTl^ijchof Kttî ïlo^^ftof 0! J^i fÂt^fH fÀùvov roS foS* pd-H"

poy^l ^ip rnV fi^AVy if TOAAoÎ T»V niplT«6T»TI*5F* 0/ H

f^iXf '^^^ ^^*f^ •44/;:^i»r* ^'9'eipoy^/ ^ip rÀf fÂiptKÀf îlf rnv oMfF. A la rigueur^ Xénocrate et Spensippe pour* raient avoir^ dans le traité cité par Diogène 'npi -^v'x>if9 exprimé l'opinion que l'immortalité de l'âme comprend jusqu'à sa partie irrationnelle , par exemple la sensibilité^ l'imagination^ l'opinion^ etc.; mais le passage qui suit indique un peu plus un commentaire spécial sur le Phédon.

Platon avait dit : « Je n'ose alléguer ici cette maxime enseignée dans les mystères, que nous sommes ici-bas comme dans un poste, et qu'il nous est défendu de le quitter sans permission (1). » àç h nvt ppovpSi est une métaphore, sur le sens de laquelle les interprètes n'étaient pas d'accord. Olympiodore adopte l'opinion de Xénocrate; or, à ce qu'il paraijt, (1) Voyez tom. i*"^ de notre traduction , p. 20. .

Xénocrate interprëunt la {dirase àe ¥hum par l'eiEpoeîiioii de ce qui se passait dam tes mystères, e'esl*à*<lire du mythe de Bacehu» où les Titans , qui attaquent ce dieu, représénteM le monde et la yie passi<Minëe^ qui tendent à ientrainer Fâme dîtine dans la dirision et ks troubles inhérents à la matière, loi vie titdnique est donc l'image mystique de la situation où nous sommes en ce monde, c'est le poste où nous avons été mis, et qu'il ne nous faut pas déserter. Paragr. a : iï ^poupÀ.... if SevoKpdmf

c'esiràrdire que notre poste, notre situation, notre vie ordinaire, selon les mystères que Platon cite lui-même, a pour symbole les Titans dont le résumé et le dieu est Baocfaus. Et cette explication de Xénocrale ne devrait pas nous faire regarder )e commentaire dont elle peut être un fragment, comme étant d^ imbu du wystieisme alexandrin. Puisque Platon pairie lui^olêiiie de mystères dans la pbri^ç en que^ion y il était tout natui^l que Tinterprète» pour exjdiqner la pensée du maître, développât le sens vrai ou fonx des mystères indiqués. QuCH qu il eti soit, ces' citations oti pkitôt ee» allusions ne d^aontn^raîetit pohnt Fexistence de commentaires sur le Phédon, composés par SpeMippe et par Xénocrate > sans, cette es^pression générale de oî Attuoi fli^^i^Tflti» laqueUe dans son contraste avec celle de ai vienif^t^ appliquée aux commentateurs spéciaux venu9 pius tard,, semble bien indiquer, non des philosophes qui ont expliqué incidemment

SUA LB pnàùos. 551

tdies ou tdlles petièée^ de VlstMi, tam une classé de coimnentateurs i^égtrliers. Sans dôûte on peut éivéqàe ces données / faibles ei^' eltè^iâémeiy ont d'hâtant moins d'aut6rité qu'elle^ se ti^ttrent scfit^ lement dans un auteur du vi* siècle. Mais j« réfiblÉM drai que cet auteur âtait eertainemeht slètis'lefs yeux les cowmetitaii'eâ^ encoi^e subsistants à éette ép(p que> de Prochis^ d'Iamblique, de Pôrph^^ire e« d'autres philosophes antérieurs doïit itous |)ârleroi^ tout à l'heure, auxquels 01ym]^>î6doï*e aupà'«rè*vraisemblableàïent emprunté ses châtions des interjetés antiques. Parce qu'un ^h^ijgMttUëti» , très-admissible ed tui-itféme, se trouve seuteiiuefif dflfns ttti éerrvâi«i peu considëràbiey ce n'est pàSUfté ràïsôn suffisafnte pour le rejelîerj cw de reuseigoè-' ment peut veftir desr sources les pltas pwe» et» des éerivaitis tes plu^ sûrs, par uAe suite noii inten^om^ pue d^emp^nt^ légitii!ûes. Je suppose, par exJem^ pie,' (fae noUs ayons peiNlu l'exieeHehtcémmettWfere d'Alexandre d^Aphrodisée sût la mëiaphy&i^t d^Aristote, et que nous en fussions réduits âu eommentaire inédit d' Asclépius de Tralles , qui est du vi*^ siècle comme l'ouvrage d'Olympiodore : ce commentaire, d'une époque de décaden^ce, nous fournit plbs d'un document intéressanc que nous rejetterions peut-être s' il n'était qixe là', et <^ ^oùrtam se trouve aussi dans Alexandre d'Aphrodiaâey auquel Asclépiusr Ta visiblement emprunté. Dé même, je ne consens point à rejeter comme dépourvus de toute valeur les reni^ignements qu'Olym-

552 OLYMPIODmE,

piodore vient de nous donner sur l'école primitive des commentateurs attiques de Platon ; et je ne trouve a ces renseignements qu'un seul défaut , à savoir leur brièveté qui excite la curiosité au lieu de la satisfaire.

J'en dis autant de deux cominentateurs de Platon^ également cités par Olympiodore et dont les ouvrages et les noms mêmes ne sont pas une seule fois indiqués dans toute l'antiquité. le veux parler d'Onétor et de Patérius.

Platon avait dit : « Les véritables philosophes doivent penser et se dire entre eux : il n'y a qu'un sentier détourné qui puisse guider la raison dans ses recherches (1).... » Quels sont ces philosophes? dit Olympiodore : « Si ce sont de vrais philosophes |, (c comment sontr-ils sujets aux passions du corn- « mun des hommes? s'ils ne sont encore que no-< « vices, pourquoi les appeler véritables philo<i< sophes? La seconde question est d'Onétor et H d'Atticus; la première de Patérius et de Plu-i< tarque » : Eî /^èy yÀp oi y^vna-t^t ptKoffopot > r£^ vto/ac-^

VOVat TA T«F 'WOkkSv Tài^ip i ii Si 04 'Jr^OKO'TJOmfy Tcif

yv^a-iot KaXouvratti tooto (jLtv ovv Çetfft ( vitT^p «ai Àtt/xoiO fi&tiVet Ji lietrifioç KAi ïîKovTAp^of.^., Les quatre manuscrits donnent tous Onétor, qui, je le répète^ m'est entièrement inconnu, de sorte que je ne puis dire, d'après ce passage unique, quel était ce philosophe, ni même à quelle époque il a vécu.

(1) Pag, 204 de notre traductiou.

Je n'en sais pas davantage sur Patérius; mais comme il est cité plusieurs fois dans ce commentaire , j'en puis inférer au moins qu'il a fait un commentaire spécial sur le Phédon. Il en est <piestion au paragraphe «, sur le sens de la ^povp«. Il est cité deux fois au paragraphe fxé (135^. Platon y en montrant que toutes les passions Tiennent du corps, avait dit c<que celui qui aime son corps ^ aime aussi l'argent et le pouvoir (1). » Harpocration , d'après Olympiodore , dans ce second commentaire comme dans le premier , avait élevé làdessus cette difficulté : pourquoi Platon ne rapporte-t-il pas aussi à l'amour du corps l'amour du plaisir, et n'ajoute-t*-il pas aux mots ^^KinyiOf et uhoy^fniAATùf y le mot piKtiS'ovof? Olympiodore dans le premier commentaire nous fait connaître, sur cette petite et insignifiante question, la solution de Proclus et celle d'Ammonius. Ici il ne parle ni d'Ammonius ni de Proclus; il dit seulement que d'autres interprètes ont donné cette raison de l'omission du mot ^iAwcToirof , que déjà plus haut Platon a insisté sur le danger, du plaisir; mais il déclare adopter la solution de Patérius, qui échappe, dit-il, à cette difficulté, en prétendant que les mots 9i/^o^fnifjtaLTOf KàLi ^txii<hv9f fîc sc rapportent pas à ^êhoa-ei^ATOfi mais bien au faux philosophe, et que, si le faux philosophe peut faire des dupes en cher^ chant l'honneur et l'argent, il ne le peut plus

(1) Trad. lom. i«S p. 208.

554 OLtMPIODORE ,

qnsrrtfd \\ cherche tes plaisirs^ qn'eiclut ë^îdèmment b gravité philosophî^e. Cette itiferprëtation , aFjotite Olympiodorè , sâUVe encore uùe autre dHSoiiltë; côMmeriti celui iftA àiitte les boïitie^rs peut-il aimer aussi son ôorps^ qti'il est ptêl à sacarifier à soto ambïtidïl? On aTait inaï résolu' cette difficuhéy selott Olyitt^ibdore, parce qu'o* ne connaissait pas la solution dé Patértus. Parsr^ graphe fxi (♦Sô). Ô'/i ïle&ripfoç Upivyii rrii^ i^opiei^ , hiyt»f% rif ^Ko^o^erv Tp^ff'7^o^(ÂîV6v ri S'ià Ti(f.iiv n S^tÀ Kffi'of irpo^itùHÏ&^At' o'ùhi^ ^i <^î nJ^ovnvy «Tri Yo (rifAvi^ rnf (piKitropiAf..., àidi^iv^^if fi Avrii i i^iiyfitrt'ç )tzt) ikhviv Altofidév* nrSt yàf 0/Ao^^jM0tro^ h ^iK4rïfJi.6ç; iffoli- Tài ykf To ^al/u:«t //à rif£iivrïïyltikv'i^At Çiy fAethAKeinp'QVi' if iTiktt^ofiiivof T^ç ïletrtpiav i^tt^t^mf. Le mot plu>sietos fois répété à'i^iytitnç ne peù« feîsser aucun dOfitie sûr la Afeitur* de Fètivràge de' Patériîis; ce devaiff être An conïméhf^ii^e spéttial- Ai Pftédoh^ oli' totH au' moins une explicalïiôri sfur d^ queétions ptetonfciiénnes. Voilà* deili'c déui pertoiîmïiges àî s^otttei* au catalogue des Platoniciehé, dfess^é par Fabricius, et si fort enrichi par Haflès, diaprés Heumann (Biblioth. Grœc. éd. Baltes, lib. IIÏ, ckip; iv).

Hf a été question plusieurs fois d'Harpocratibn dan!s le premier conmientaire;^ et d^ns celui-ci il est cité si souvent avec les expt^essions è^iiynirt^ et

(1) 'E^txiiTctj (sic). Quel en est le sujet? Peut-être Harpocratîon, dont il va être question. En ce cas,, Patérius serait antérieur à Harpocration.

SUR LE FRBBOIV. 555

i^nynraii qu'il est à-pen-près impossible de se refuser à admettre que cet Harpocration ait été tin commentateur du Phédon • Il est nommé deux fois au paragraphe ^hi (135) ci^dessus mentionné^ au paragraphe f}ii (145)^ au paragraphe ^|a, et au paragraphe ni^ — ô (iiv ^mv AproK^Ari<»v u^Ai kaï irrdti^A , expression qui semble bien indiquer que Harpocration ayaît commenté toutes les parties de notre dialogue. Il est évident qu'il ne s'agit pas ici du rhéteuiç Harpocration y mais bien de l'Harpocration dont parle Suidas (V. ÀpToicpat/^r ) , pbî^ k»ophe platonicien d'ArgOs, contemporain et ami de Lucius Véms^ et qui avait écrit un* traité sut Plaion, en 24 livres ÇiTÔ^vnpLtt ùt UKonmàL iv ^iChcù kJ"'), et un ouvrage intilulé : Ltx^utions Platoniciermes ( ?U^uf riActr an^or ) .

Vjàtticus mentionné jinis haut^ page 49^ est FAtticus qui vivait sou» Mârc-Aurèle, au ténDtoignage du Syncelle , et qui avak composé vcii ourraçe en faveur de Platon contre Aristote, dont Eufièbe nous a conservé plusieurs morcieaux remorquablei» au liv. XV de la Préparation éirangé^ lique. Pcwrphyre en parle dans la' Vie de Plotirij chap. XIV, et il est cité bien des fois dans le corn:meptaire sur le Timée^ où Produis, page 93, l'appelle le maître d' Harpocration ^ krrtKlç i rovrov S'tJ'eiaKa^ùç, de sorte qu'il est hors de doute que ces deux Platoniciens appartiennent à l'époque des Ântonins.

C'est Numénius qui dans ce commentaire ouvre

556 OLYMPIODOREy'

la série des commentateurs néoplatoniciens. Nous savons par Porphyre, dans la J^ie de Plotiriy qu'il était le contemporain de Plotin et d' Amélius , et Ëusèbe, Préparation éifangélique, liv. XIV, nous a laissé des fragments de son ouvrage, ti/ji' rif -rm kjLttSiifAtKm Tîpi UhATéùVA S'ioLaTATitêf. Olympiodorc cite deux fois Numénius , au paragraphe a sur la epovpA et au paragraphe où il rapporte les différentes opinions des philosophes sur l'immortalité de l'âme. On y voit que Numénius étendait l'immortalité diyçfi rSf ifJL^-^x^^ t^iaf. Mais ces deux endroits ne nous donnent pas le, droit de conclure que Numénius eût fait un commentaire régulier sur le Phédon ; et nos deux citations auront été probablement empruntées au grand ouvrage qu'il avait consacré à la défense de Platon contre ses suc* cesseurs de la seconde académie.

Au paragraphe 1 , Olympiodore nous apprend que Porphyre distinguait deux sortes de création : « l'une qui est indivisible ( et intellectuelle ), l'autre a qui est ce monde matériel où règne la division. « A la première préside Bacchus, à l'autre Jupiter ; (c et chacun d'eux a sous lui un certain nombre de « dieux , une pluralité dont il est l'unité. Bacchus « à sous lui les Titans , et Jupiter les dieux olym- « piens. » OuT» jc^i nop»t!pior TpoxiTîvina'îv h t5 utofjLvnfJLztrr on ova-ifif hrrSf J^nfjnovpyiet^^ S â(jt,îfia-rov n fAifAipt^fjLiviify rctuTH( fjiiv 'Tf^oîa-rtivAt ^n^i rov ^tivvffovi «T/o fjLspi^eff^Ar ittûvinçH rlv Aictj k^jl ThU^af VToreTài^êAt

tKAriftàbi ngâ fjLOftiJ^AKff^rfiAi^AJ'nfAtùvpyiKnv.îiov^syons Yu aussi dans le paragraphe 1 74 que Porphyre n'admettait d'autre immortalité que celle de la partie raisonnable de notre être. Maintenant à quel ouvrage de Porphyre estril fait ici allusion ? iv r? v'jrofjLvnfJLATi semble supposer un commentaire sur le Phédon. Mais il serait fort possible que VvTo/jt,vn/jLec en question fût tout simplement le traité sur Vâme^ que Porphyre avait composé contre Boëthe et que mentionnent Suidas ( V. riop^Jp/of ) et Eusèbe ( Préparation éifangélique, lib. XIV, c. 10 et 28 ).

Le premier commentaire d'Olympiodore nous avait révélé l'existence d'un commentaire d'Iamblique sur le Phédon. Il n'en est.plus question ici ; mais en revanche nous trouverons tout un passage intéressant du traité d'Iamblique T€pi rZv ipîrSv^ où il est question des vertus hiératiques , c'est-àdire de celles qui prennent naissance dans la partie de l'âme qui se rapporte à la divinité , vertus qui sont différentes de toutes les autres, fondées seulement sur la nature de l'âme; leur caractère est d'être simples et absolues , probablement parce qu'elles sont parfaites et indépendantes de toutes circonstances passagères* lïpoirrid^tKnv i lAfx^Xi^of iv roif T€pi riv «lp«T»tf, on ùcr) jce" UpctriKeti ipercti Keirà

TO ^iOiiS'èf V^t^TeifJLiVAl Ttif 4^JC'^^> iVTtTctpî^d'OVa-Ai

TrÂTtttç Tttif ùpti(JLivAtf ùvtntûHviv 'iS^rûLtfy ivisUAt Si v'jreip^ovaAr ntfi ta^tas H ô ia^CKi^of ivSûUvvTAt. Le traité auquel appartient ce fragment est probable-

I OLYVHODORB,

pt le méiae d'où Stohée (1 ) aura tiré les divers arceaux d'Iamblic^e sur la vertu.

Dan$ le p^sjsage que mous avons cité sur les di-rs^ mai^iièresd'entendre l'imiinortalibé de l'àme^ mblique/et Plutarque sont mefidoniiés comme les 5U3C iiit^:*prè((es modernes i|ui admettent Topinion 3s deux iQterprèties anciens ^ Xéuocra&e et Speuppe, à savoir que l'iionortalité comprend jusqu'à I partie irraisoonable de notre être. Il est aaturd le supposer qu'il s'agit de Flutarque le Giiéronéesi lans les Qttestions Platoniciennes ou dans le traité iur la création de Vâme d'après le Timée. Mais je n'ai trouvé cette opinion ni dans l'un ni dans Tautre dje ces écrits. Ensuite il est douteux qu'un Alexandrin eût mis Plutarque parmi les commentateurs récents ( vicvrspoi ) de Platon; et comme dans la phrase d'Olympiodore ce Plutarque est placé api^s LambliquCy je serais tenté de ciXMre qu'il s'agit du Plutarque, fils de Nestor, le prédécesseur de Syrien à l'école d'AUiènes , et l'un des maîtres de Proclus. Au rapport de Marinus ( J^ie de Pro-dus ), ce Plutarque, après avoir lu avec Proclus le Phédon de Platon , l'avait engagé à rédiger dtô remarques qu'ils faisaient ensemble, en lui disant qu'on appellerait un jour ce commentaire, le commentaire de Proclus sur le Phédon : K<n«n usai npoxAou ô-profjLViifJLATct 9epôtd.tVùL tU 701^ ^AÎS'ùùVct» Cette prédiction s'est accomplie ; car il n'est plus guère

(1) Stob. 1, 58; xviï, 9; xlvi, 62, édît. de Gaisford.

question du maUi^^ et dans le premier commen* taire conuQe dans celui«-ci , Olympiodore cite trèsfiréquemmeat le commentaire spécial de Proclus Siur le Phédon dont il serait possible de restituer des parties considérables en recueillant les diverses citations /et allusions éparses dans Olympiodore.

PrOjclus termine la série des commentateurs néoplatoniciens du Phédon , cités dans nos deux cent trois para^apli^s. U n'y est pas &it mention de Damascius, qui est cité dans le premier cômmei^taire, m d'Âmmonius, dont Olympiodore ramenait à chaque pas le nom et les opinions avec toute la déférence et le respect d'un disciple.

En résumé, les documents nouveaux que nous fournissent les deux cent trois paragraphes dont nous venons de rendre compte sont : 1*^. un fragment orphique de cinq vers ; 2^. l'indication d'une école de commentateurs attiques de Platon, parmi lesquels Speusippe çt Xénocrate ; 3"*. celle d'un commentateur platonicien d'ailleurs inconnu, nommé ici Onétor; 4**. celle encore d'un autre commentateur platonicien également inconnu, et appelé ici Patérius ; 5**. un nouveau fragment d'un traité de Porphyre ^gp/ -^^x^^'^ 6**. un fragment d'iamblique Tgp/ Àpirav» Il pourrait y avoir sans doute des découvertes plus importantes ; mais ce ne sont pas là non plus des révélations à dédaigner. Maintenant si à ces renseignements historiques on ajoute Texplication détaillée du mythe de Bacchus , ainsi que la théorie des différents degrés de la connais-

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